1.132 milliards € de créances douteuses dans la zone euro

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Le Parlement Européen vient de rappeler que la zone euro croulait sous les créances douteuses (10% du PIB de la zone). Ce chiffre est apparu à l’occasion du débat sur l’Union bancaire, qui a donné lieu au vote de la résolution suivante (à lire absolument):

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
sur l’union bancaire – rapport annuel 2016

(2016/2247(INI))

Le Parlement européen,

–  vu le plan d’action de la Commission pour la mise en place d’une union des marchés des capitaux du 30 septembre 2015,

–  vu sa résolution du 19 janvier 2016 sur le bilan et les enjeux de la réglementation européenne sur les services financiers: incidence et progression vers un cadre de réglementation financière de l’Union plus efficace et efficient et vers une Union des marchés de capitaux(1),

–  vu la déclaration du sommet de la zone euro du 29 juin 2012 dans laquelle figure l’intention de «briser le cercle vicieux qui existe entre les banques et les États»(2),

–  vu le premier rapport «EU Shadow Banking Monitor» publié par le Comité européen du risque systémique en juillet 2016,

–  vu le rapport 2016 du FMI sur la stabilité financière dans le monde,

–  vu les résultats des tests de résistance menés par l’Autorité bancaire européenne (ABE) et publiés le 29 juillet 2016,

–  vu les résultats de l’exercice de surveillance CRD IV – CRR/Bâle III de l’ABE basé sur des données de décembre 2015 et publié en septembre 2016,

–  vu les conclusions du Conseil Ecofin du 17 juin 2016 sur une feuille de route pour achever l’Union bancaire,

–  vu la communication de la Commission du 24 novembre 2015 intitulée «Vers l’achèvement de l’union bancaire » (COM(2015)0587),

–  vu le règlement (UE) nº 1024/2013 du Conseil du 15 octobre 2013 confiant à la Banque centrale européenne des missions spécifiques ayant trait aux politiques en matière de surveillance prudentielle des établissements de crédit(3) (règlement MSU),

–  vu le règlement (UE) nº 468/2014 de la Banque centrale européenne du 16 avril 2014 établissant le cadre de la coopération au sein du mécanisme de surveillance unique entre la Banque centrale européenne, les autorités compétentes nationales et les autorités désignées nationales(4) (règlement-cadre MSU),

–  vu la déclaration du MSU sur ses priorités en matière de surveillance pour 2016,

–  vu le rapport annuel de la BCE publié en mars 2016 sur ses activités de surveillance prudentielle pour l’année 2015(5),

–  vu le rapport spécial nº 29/2016 de la Cour des comptes européenne sur le mécanisme de surveillance unique(6),

–  vu le rapport de l’ABE du mois de juillet 2016 relatif aux dynamiques et facteurs des expositions non productives du secteur bancaire de l’Union,

–  vu le rapport du Comité européen du risque systémique sur le traitement réglementaire des expositions souveraines, publié en mars 2015,

–  vu l’approbation par le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) le 4 octobre 2016 des principes renforçant la transparence de l’élaboration des règlements de la BCE relatifs aux statistiques européennes et considérant les pratiques de transparence du Parlement européen, du Conseil et de la Commission,

–  vu la consultation menée par la BCE sur son projet de lignes directrices pour les banques, de septembre 2016, en ce qui concerne les créances douteuses,

–  vu le guide de la BCE relatif aux options et pouvoirs discrétionnaires prévus par le droit de l’Union,

–  vu le règlement (UE) nº 2016/445 de la Banque centrale européenne du 14 mars 2016 relatif à l’exercice des options et pouvoirs discrétionnaires prévus par le droit de l’Union(7),

–  vu les discussions en cours au sein du comité de Bâle, et en particulier le document consultatif de mars 2016 intitulé «Reducing variation in credit risk-weighted assets – constraints on the use of internal model approaches» (la réduction des variations dans les actifs pondérés du risque de crédit – restrictions quant à l’utilisation des modèles internes),

–  vu le rapport de l’ABE du 3 août 2016 sur les exigences du ratio de levier aux termes de l’article 551 du règlement sur les exigences de fonds propres (CRR) (ABE-Op-2016-13),

–  vu les conclusions du Conseil Ecofin du 12 juillet 2016 sur le parachèvement des réformes du Comité de Bâle après la crise,

–  vu sa résolution du 12 avril 2016 sur le rôle de l’Union dans le cadre des institutions et organes internationaux dans le domaine financier, monétaire et réglementaire(8),

–  vu sa résolution du mercredi 23 novembre 2016 sur la finalisation de Bâle III(9),

–  vu les travaux menés actuellement par la Commission sur la révision du règlement (UE) nº 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement et modifiant le règlement (UE) nº 648/2012(10) (CRR), en particulier en ce qui concerne la révision du deuxième pilier et le traitement des options et pouvoirs discrétionnaires nationaux,

–  vu la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 établissant un cadre pour le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises d’investissement et modifiant la directive 82/891/CEE du Conseil ainsi que les directives du Parlement européen et du Conseil 2001/24/CE, 2002/47/CE, 2004/25/CE, 2005/56/CE, 2007/36/CE, 2011/35/UE, 2012/30/UE et 2013/36/UE et les règlements du Parlement européen et du Conseil (UE) nº 1093/2010 et (UE) nº 648/2012(11)(BRRD)

–  vu le règlement (UE) nº 806/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 juillet 2014 établissant des règles et une procédure uniformes pour la résolution des établissements de crédit et de certaines entreprises d’investissement dans le cadre d’un mécanisme de résolution unique et d’un Fonds de résolution bancaire unique, et modifiant le règlement (UE) nº 1093/2014(12) (règlement MRU),

–  vu le rapport annuel 2015 du Conseil de résolution unique (CRU) de juillet 2016,

–  vu la communication de la Commission concernant l’application, à partir du 1er août 2013, des règles en matière d’aides d’État aux aides accordées aux banques dans le contexte de la crise financière (“la communication concernant le secteur bancaire”)(13),

–  vu le règlement délégué de la Commission (UE) nº 2016/1450 du 23 mai 2016 complétant la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil par des normes techniques de réglementation précisant les critères de la méthode permettant d’établir l’exigence minimale de fonds propres et d’engagements éligibles(14),

–  vu le rapport de la Commission du 28 juillet 2016 sur une évaluation des règles de rémunération prévues par la directive n° 2013/36/UE et le règlement (UE) n° 575/2013,

–  vu la liste de conditions établie par le Conseil de stabilité financière (CSF) sur la capacité totale d’absorption des pertes (TLAC) de novembre 2015,

–  vu le document de travail n° 558 d’avril 2016 de la Banque des règlements internationaux (BRI) intitulé «Why bank capital matters for monetary policy»,

–  vu le rapport intermédiaire de l’ABE du 19 juillet 2016 sur la mise en œuvre et la conception du cadre d’exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles,

–  vu le rapport analytique supplémentaire du mois d’octobre 2016 de la Commission sur les incidences de la proposition relative à un système européen d’assurance des dépôts (SEAD),

–  vu le rapport final de l’ABE du 14 décembre 2016 sur la mise en œuvre et la conception du cadre d’exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles,

–  vu l’accord sur le transfert et la mutualisation des contributions du Fonds de résolution unique, et en particulier son article 16,

–  vu le Protocole d’accord du 22 décembre 2015 entre le Conseil de résolution unique et la Banque centrale européenne concernant la coopération et l’échange d’informations,

–  vu la directive 2014/49/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relative aux systèmes de garantie des dépôts(15) (DSGD),

–  vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) nº 806/2014 afin d’établir un système européen d’assurance des dépôts, présentée par la Commission le 24 novembre 2015 (COM(2015)0586),

–  vu les différentes lignes directrices de l’ABE publiées en application de la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts (DSGD), en particulier les rapports finaux sur les lignes directrices relatives aux accords de coopération entre les systèmes de garantie des dépôts de février 2016, et sur les lignes directrices relatives aux tests de résistance des systèmes de garantie des dépôts, de mai 2016,

–  vu la déclaration des ministres de l’Eurogroupe et du Conseil ECOFIN du 18 décembre 2013 sur le dispositif de soutien au MRU,

–  vu la déclaration du Conseil du 8 décembre 2015 sur l’Union bancaire et sur le financement-relais du Fonds de résolution unique,

–  vu le protocole nº 1 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) sur le rôle des parlements nationaux dans l’Union européenne,

–  vu le protocole nº 2 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité,

–  vu l’article 52 de son règlement,

–  vu le rapport de la commission des affaires économiques et monétaires (A8-0019/2017),

A.  considérant que l’établissement de l’union bancaire est une composante indispensable d’une union monétaire et l’un des principaux fondements d’une véritable union économique et monétaire (UEM); que des efforts supplémentaires sont nécessaires étant donné que l’union bancaire restera inachevée tant qu’un dispositif de soutien budgétaire et un troisième pilier n’auront pas été mis en place; il s’agit d’une approche européenne de l’assurance et de la réassurance des dépôts qui fait actuellement l’objet d’un débat en commission; considérant qu’une union bancaire achevée aidera de manière significative à mettre un terme à l’interdépendance entre risque bancaire et risque souverain;

B.  considérant que la Banque centrale européenne peut, en certaines occasions, être victime de conflits d’intérêts en raison de sa double responsabilité en qualité d’autorité de politique monétaire et d’autorité de contrôle des banques;

C.  considérant que les ratios de fonds propres et de liquidités des banques de l’Union se sont, en général, régulièrement améliorés au cours des dernières années; que, toutefois, des risques continuent à peser sur la stabilité financière; que la situation actuelle requiert de la prudence lors de l’introduction de profonds changements réglementaires, notamment en ce qui concerne l’environnement financier et l’économie réelle;

D.  considérant qu’un assainissement adéquat des bilans bancaires après la crise a été reporté et que cette situation continue d’entraver la croissance économique;

E.  considérant que les institutions européennes ne sont pas responsables de la rentabilité du secteur bancaire;

F.  considérant que l’objectif du nouveau régime de résolution qui est entré en vigueur en janvier 2016 est d’entraîner un changement de modèle du renflouement externe à la recapitalisation interne; considérant que les acteurs du marché doivent encore s’adapter au nouveau système;

G.  considérant que la participation à l’union bancaire est ouverte aux États membres qui n’ont pas encore adopté l’euro;

H.  considérant que tous les États membres qui ont adopté l’euro appartiennent à l’union bancaire; considérant que l’euro est la monnaie de l’Union européenne; considérant que tous les États membres, à l’exception de ceux d’entre eux bénéficiant d’une dérogation, se sont engagés à rejoindre l’euro et donc l’Union bancaire;

I.  considérant que la transparence et la responsabilité de la Commission vis-à-vis du Parlement européen sont des principes essentiels; considérant que cela implique un suivi approprié des recommandations du Parlement par la Commission, ainsi qu’une évaluation et un contrôle approprié par le Parlement;

J.  considérant que nos travaux sur l’union des marchés des capitaux (UMC) ne doivent en rien diminuer notre implication dans l’achèvement de nos travaux sur l’union bancaire, qui reste une condition sine qua non à la stabilité financière du système bancaire de l’Union;

K.  considérant que de récentes informations montrent que le volume des créances douteuses estimé dans la zone euro représente 1 132 milliards d’EUR(16);

Surveillance

1.  s’inquiète du niveau élevé des créances douteuses, étant donné que, selon les données délivrées par la BCE, en avril 2016, les banque de la zone euro détenaient 1 014 milliards d’EUR de créances douteuses; estime qu’il est primordial de réduire ce portefeuille et salue les efforts déjà entrepris dans ce sens par plusieurs États membres; observe toutefois que, jusqu’à présent, cette question a été principalement abordée au niveau national; estime que le problème doit être résolu dans les plus brefs délais, mais reconnaît qu’il faudra du temps pour parvenir à une solution définitive; considère que toute solution proposée devrait tenir compte de la source des créances douteuses, de l’incidence sur la capacité de prêt des banques à l’économie réelle et de la nécessité de créer un marché primaire et secondaire spécifique aux créances douteuses, si possible sous la forme d’une titrisation sûre et transparente avec une implication tant à l’échelle de l’Union qu’au niveau national; recommande que la Commission aide les États membres, notamment à mettre en place des sociétés de gestion dédiées (ou «structures de défaisance», ainsi qu’une surveillance renforcée; rappelle à cet égard l’importance de la capacité à vendre des créances douteuses afin de libérer des fonds, notamment pour les prêts des banques aux PME; salue les consultations menées par la BCE sur un projet de lignes directrices sur les créances douteuses à l’intention des banques, mais estime que des progrès plus significatifs doivent être réalisés; salue la proposition de la Commission relative à l’insolvabilité et la restructuration, y compris la restructuration précoce et la deuxième chance, faite dans le cadre de l’UMC; invite les États membres, dans l’attente de son adoption et afin de la compléter, à améliorer leur législation en la matière, en particulier en ce qui concerne la durée des procédures de recouvrement, le fonctionnement des systèmes judiciaires, et, de manière plus générale, leur cadre juridique concernant la restructuration de la dette, et à mettre en œuvre les réformes structurelles durables nécessaires destinées à consolider la reprise économique afin de remédier au problème des créances douteuses; constate que, selon la Banque des règlements internationaux, plusieurs banques de la zone euro ont réduit leurs fonds propres en versant des dividendes importants qui ont dans certains cas dépassé le niveau des bénéfices non distribués lors des années de crise; estime que la situation des fonds propres des banques peut être renforcée en versants des dividendes moins importants et en levant des fonds propres supplémentaires;

2.  encourage tous les États membres qui n’ont pas encore adopté l’euro à effectuer toutes les démarches nécessaires à cette fin, ou à rejoindre l’union bancaire afin d’harmoniser progressivement l’union bancaire et le marché interne dans son intégralité;

3.  s’inquiète de l’instabilité persistante du paysage bancaire en Europe mise en exergue, entre autres, par le rapport sur la stabilité financière dans le monde publié en 2016 par le FMI, qui indique que l’Europe conserverait un nombre important de banques fragilisées et en difficultés, et ce, même dans le cadre d’une reprise conjoncturelle; note la faible rentabilité de certains établissements de la zone euro; fait observer que cette situation s’explique, notamment, par les nombreuses créances douteuses, la faiblesse des taux d’intérêts et d’éventuels problèmes liés à la demande; soutient le FMI qui appelle à des changements fondamentaux dans les modèles économiques et la structure du système des banques afin de garantir la bonne santé du système bancaire européen;

4.  estime qu’il existe des risques liés à la dette souveraine; note également qu’au sein de certains États membres, les institutions financières ont surinvesti dans des obligations émises par leur propre gouvernement, ce qui a mené à un «tropisme national» excessif, alors qu’un des principaux objectifs de l’union bancaire est de mettre un terme à l’interdépendance entre risque bancaire et risque souverain; note qu’un traitement prudentiel adéquat de la dette souveraine pourrait encourager les banques à mieux gérer les expositions souveraines; relève toutefois que les obligations d’État jouent un rôle essentiel en tant que source de garantie liquide de qualité, ainsi que dans la conduite de la politique monétaire, et que des changements dans leur traitement prudentiel, notamment si aucune mesure transitoire n’est envisagée, pourraient affecter de manière significative le secteur financier et le secteur public, et que cela nécessite un examen attentif des avantages et des inconvénients d’une révision du cadre actuel avant l’introduction de toute proposition; prend note des différentes options présentées dans le rapport du groupe de haut niveau sur le traitement prudentiel des expositions souveraines, examiné lors de la réunion informelle du Conseil ECOFIN du 22 avril 2016; est d’avis que le cadre réglementaire de l’Union devrait être conforme aux normes internationales; attend dès lors, avec beaucoup d’intérêt, les résultats des travaux du Conseil de stabilité financière (CSF) sur la dette souveraine, afin d’orienter les décisions futures; estime que le cadre européen devrait garantir la discipline du marché en mettant en œuvre des mesures durables et en apportant des actifs liquides de grande qualité pour le secteur financier ainsi que des dettes sûres pour les gouvernements; souligne que, parallèlement à la réflexion sur la dette souveraine, un réflexion devrait être menée sur la convergence sur un large éventail de questions économiques, sur les règles en matière d’aides d’État et sur les risques tels que le manquement, y compris la criminalité financière;

5.  juge essentiel pour les déposants, les investisseurs et les autorités de surveillance de se pencher sur la variabilité excessive des pondérations de risque appliquées aux actifs pondérés en fonction du risque d’une même catégorie entre les institutions; rappelle que les règles actuelles régissant l’utilisation des modèles internes offrent une flexibilité importante aux banques et ajoute une couche de modélisation du risque du point de vue du contrôle; salue à cet égard les travaux menés par l’ABE en vue d’harmoniser les principales hypothèses et paramètres clés, dont les différences ont été identifiées comme l’un des principaux facteurs de variabilité, ainsi que la révision effectuée au niveau de la surveillance bancaire de la BCE dans le cadre du projet de la BCE d’examen ciblé des modèles internes (TRIM), afin d’évaluer et de confirmer l’adéquation et le caractère approprié des modèles internes; encourage la poursuite des travaux dans cette voix; attend les résultats des travaux menés au niveau international pour rationaliser le recours aux modèles internes pour les risques opérationnels et le crédit aux entreprises, aux autres institutions financières, aux banques spécialisées dans la finance et dans les actions, afin de restaurer la crédibilité des modèles internes et faire en sorte qu’ils se concentrent sur les domaines auxquels ils apportent une valeur ajoutée; se félicite également de l’introduction d’un ratio de levier en tant que dispositif de soutien solide, notamment pour les établissements d’importance systémique mondiale (EISm); souligne la nécessité d’une approche normalisée plus sensible au risque afin de garantir le respect du principe «mêmes risques, mêmes règles»; demande aux autorités de surveillance financière de ne permettre de nouveaux modèles internes que s’ils n’engendrent aucune pondération des risques largement inférieure non justifiée; rappelle les conclusions de sa résolution du mercredi 23 novembre 2016 sur la finalisation de Bâle III; rappelle notamment que les changements réglementaires prévus ne devraient pas engendrer d’augmentations générales des exigences de fonds propres, ni affecter la capacité des banques à financer l’économie réelle, en particulier les PME; souligne que les travaux menés à l’échelle internationale devraient respecter le principe de proportionnalité; souligne l’importance de ne pas pénaliser indûment le modèle bancaire de l’Union et d’éviter les discrimination entre les banques de l’Union européenne et les banques internationales; demande à la Commission de veiller à ce que les spécificités européennes soient prises en compte lors de l’élaboration de nouvelles normes internationales en la matière, et de tenir dûment compte du principe de proportionnalité et de l’existence de différents modèles bancaires lors de l’analyse d’impact de la future législation mettant en œuvre les normes convenues au niveau international;

6.  souligne que l’accès fiable au financement et l’allocation optimale de fonds propres dans le modèle de financement bancaire de l’Union dépendent fortement la solidité des bilans des banques et de leur capitalisation dont le rétablissement après la crise financière n’a pas été et n’est toujours pas assuré de façon uniforme dans l’Union, ce qui ralentit la croissance économique;

7.  souligne que le secteur bancaire européen joue un rôle primordial dans le financement de l’économie européenne, que vient renforcer un système de surveillance important; se félicite par conséquent de l’intention de la Commission de maintenir le facteur supplétif pour les PME dans la prochaine révision du CRR/CRD et d’étendre la portée de celui-ci;

8.  souligne que les lignes directrices fournies par les enceintes internationales devraient être suivies dans toute la mesure du possible afin d’éviter le risque d’une fragmentation réglementaire en ce qui concerne la régulation et la surveillance des grandes banques présentes à l’international, sans que cela n’empêche une approche critique si nécessaire, ou n’exclue des écarts ciblés par rapport aux normes internationales et lorsque les caractéristiques du système européen ne sont pas suffisamment prises en compte; rappelle les conclusions de sa résolution du 12 avril 2016 sur le rôle de l’Union dans le cadre des institutions et organes internationaux dans le domaine financier, monétaire et réglementaire; souligne, en particulier, le rôle important joué par la Commission, la Banque centrale européenne et l’Autorité bancaire européenne, dès lors qu’elles participent aux travaux du CBCB et fournissent des mises à jour transparentes et détaillées au Parlement européen et au Conseil sur l’évolution des discussions au sein du CBCB; estime que l’Union devrait mettre en place une représentation adaptée du CBCB, notamment pour la zone euro; demande qu’une plus grande visibilité soit donnée à ce rôle pendant les réunions du Conseil ECOFIN et que la responsabilité envers la commission des affaires économiques et monétaires soit renforcée; souligne que le CBCB et d’autres enceintes devraient contribuer à promouvoir des conditions de concurrence équitables à l’échelle mondiale en atténuant – plutôt qu’en exacerbant – les différences entre pays;

9.  attire l’attention sur les risques, y compris les risques systémiques, d’un développement rapide du secteur bancaire parallèle comme l’indique le rapport EU Shadow Banking Monitor de 2016; insiste sur le fait que toute mesure qui concerne la réglementation du secteur bancaire doit s’accompagner d’une réglementation adaptée du secteur bancaire parallèle; demande, par conséquent, une action coordonnée afin de garantir une concurrence loyale et une stabilité financière;

10.  souligne la nécessité d’une vision globale de l’effet cumulatif des différents changements de l’environnement réglementaire, qu’ils concernent la surveillance, l’absorption des pertes, les normes de résolution ou les normes comptables;

11.  souligne que les options et pouvoirs discrétionnaires nationaux peuvent entraver la création de conditions de concurrence égales entre les États membres ainsi que la comparabilité des informations financières communiquées au public par les banques; se félicite de l’occasion offerte par la nouvelle proposition de modification du CRR de supprimer ou de restreindre l’usage de certains d’entre eux au niveau de l’Union en vue de remédier aux obstacles existants et à la segmentation du marché, et de maintenir uniquement les prérogatives qui sont strictement nécessaires, en raison de la diversité des modèles bancaires; demande instamment d’exploiter pleinement cette possibilité; salue les lignes directrices et la réglementation de la BCE destinées à harmoniser l’exercice des options et pouvoirs discrétionnaires nationaux au sein de l’union bancaire; rappelle toutefois que durant ses travaux sur la réduction des options et des pouvoirs discrétionnaires, la BCE demeurera dans les limites de son mandat; souligne qu’il est essentiel de travailler en vue d’approfondir le règlement uniforme et souligne la nécessité de rationaliser la forme actuelle des lois existantes, modifiées et nouvelles qui se chevauchent et font double emploi; demande à la BCE de rendre entièrement accessible au public le manuel de surveillance, lequel définit des processus, procédures et méthodes communs pour mener à bien un processus de contrôle prudentiel dans toute la zone euro;

12.  met l’accent sur le phénomène d’apprentissage naturel parmi tous les membres du Conseil de surveillance depuis la création du MSU, confrontés à une série de modèles économiques différents et d’entités de tailles différentes, et que cela nécessite un soutien et doit être accéléré;

13.  prend note des clarifications en ce qui concerne les objectifs du deuxième pilier et la place de celui-ci dans l’ordonnancement des exigences de fonds propres proposées dans les amendements visant la directive sur les exigences de fonds propres (paquet CRD); note que le recours à des lignes directrices en matière de fonds propres est supposé établir un équilibre entre les problèmes de stabilité financière et le besoin de laisser le champ libre à l’appréciation des autorités de surveillance et aux analyses au cas par cas; encourage la BCE à préciser les critères des lignes directrices du deuxième pilier; rappelle que ces lignes directrices ne limitent pas le montant maximal distribuable (MMD) et ne devraient donc pas être publiées; estime que le recours à des lignes directrices ne devrait pas aboutir à une réduction des exigences du deuxième pilier qui soit démontrable; estime qu’une convergence accrue en matière de surveillance est nécessaire pour la constitution de fonds propres afin de répondre aux exigences et lignes directrices du deuxième pilier; note donc avec satisfaction que la question est abordée dans l’amendement proposé pour la directive sur les exigences de fonds propres (paquet CRD);

14.  souligne les risques qui découlent de la détention d’actifs de niveau 3, y compris les produits dérivés, et notamment de la difficulté de leur valorisation; fait observer que ces risques devraient être réduits et que cela demande une diminution progressive de ces portefeuilles; invite le MSU à faire de cette question l’une de ses priorités de surveillance et à organiser, conjointement avec l’ABE, un test de résistance d’ordre quantitatif à ce sujet;

15.  réaffirme la nécessité d’instaurer une plus grande transparence de l’ensemble des pratiques de contrôle, notamment dans le cycle du SREP; demande à la BCE de publier les indicateurs de performance et les systèmes de mesures afin d’attester de l’efficacité de la surveillance et de renforcer son obligation de rendre compte à l’égard de l’extérieur; invite une fois encore à renforcer la transparence concernant les décisions et justifications relatives au deuxième pilier; demande à la BCE de publier des méthodes de surveillance communes;

16.  met en garde contre les risques liés aux entités «trop grandes pour faire faillite», «trop interconnectées pour faire faillite» et «trop complexes pour être restructurées»; constate qu’un ensemble de mesures élaborées à l’échelle internationale destinées à réduire ces risques ont été approuvées (notamment la capacité totale d’absorption des pertes, la compensation centrale de produits dérivés, le ratio de capital et le ratio de levier complémentaire pour les banques d’importance systémique à l’échelle mondiale); s’engage à travailler rapidement sur les propositions législatives correspondantes en vue de leur mise en œuvre dans l’Union, ce qui réduira davantage les risques générés par le problème des entités «trop grandes pour faire faillite»; rappelle la déclaration de Marc Carney, président du Conseil de stabilité financière (CSF), selon laquelle l’accord relatif aux propositions pour une norme commune au niveau international sur la capacité totale d’absorption des pertes pour les banques d’importance systémique à l’échelle mondiale représente un tournant décisif dans le processus qui met un terme au problème des banques «trop grandes pour faire faillite»; note également qu’un mécanisme de renflouement efficace et l’application d’un niveau approprié d’exigences minimales concernant les fonds propres constituent un volet important des mesures réglementaires pour résoudre cette question et permettre de résoudre les défaillances des banques d’importance systémique mondiale sans avoir recours à l’aide publique et sans perturber le système financier au sens large;

17.  souligne la nécessité d’introduire une réforme structurelle bancaire incluant l’inversion du fardeau, afin de mettre un terme au problème des très grands établissements qui sont trop grands pour faire faillite;

18.  souligne les limites de la méthodologie actuelle des tests de résistance; salue par conséquent les efforts consentis par l’ABE et la BCE dans leur recherche d’amélioration du cadre des tests de résistance; estime toutefois que davantage d’efforts devraient être entrepris afin de mieux refléter la possibilité et la réalité des situations de crise réelle en incorporant dans la méthodologie, par exemple, davantage d’éléments dynamiques tels que les effets de contagion; estime que le manque de transparence caractérisant les tests de résistance de la BCE elle-même entraîne une incertitude des pratiques en matière de surveillance; demande à la BCE de publier les résultats de ses tests de résistance pour renforcer la confiance des marchés;

19.  considère que lorsqu’une autorité nationale compétente rejette la demande de prendre en compte les circonstances particulières dans lesquelles se déroule un test de résistance, ce rejet devrait être communiqué à l’ABE et au MSU afin de garantir des conditions de concurrence équitables;

20.  salue les progrès réalisés afin de préparer une délégation de la prise de décisions adaptées et éclairées dans ce domaine; souligne cependant qu’une modification des réglementations est nécessaire afin de permettre une délégation plus importante et simplifiée de la prise de décision, sur certaines questions de routine, en la confiant, non plus au Conseil de surveillance, mais à des fonctionnaires; se féliciterait d’une telle modification qui contribuerait à rendre la surveillance bancaire de la BCE plus efficace et efficiente; demande à la BCE d’apporter des précisions sur les missions et le cadre réglementaire pour la délégation de la prise de décision;

21.  prend note du rapport de la Cour des comptes européenne relatif au fonctionnement du MSU; prend note des conclusions concernant l’insuffisance de la dotation en personnel; demande aux autorités nationales compétentes et aux États membres d’accorder à la BCE les ressources humaines ainsi que les informations économiques nécessaires qui lui permettront de mener à bien ses tâches, eu égard, notamment, aux inspections sur place; demande à la BCE de modifier le règlement-cadre du MSU afin de formaliser les engagements pris par les autorités nationales compétentes participantes et de mettre en œuvre une méthode fondée sur les risques afin de déterminer l’objectif du nombre d’agents souhaitable et l’éventail des compétences pour les équipes de surveillance prudentielle conjointes; estime qu’un engagement accru du personnel de la BCE et une moindre dépendance à l’égard du personnel des autorités nationales compétentes permettrait de parvenir à un contrôle plus indépendant, associé à l’utilisation du personnel de l’autorité compétente d’un État membre pour contrôler une institution d’un autre État membre, ce qui contribue également à lutter efficacement contre le risque d’une attitude accommodante des autorités de surveillance; salue la coopération de la BCE et du Parlement européen sur les conditions de travail du personnel; demande à la BCE de promouvoir un bon environnement de travail qui favorise la cohésion professionnelle en son sein; rappelle le conflit d’intérêts potentiel entre les tâches de surveillance et la responsabilité de la politique monétaire, et la nécessité d’une séparation claire entre les deux; demande à la BCE de réaliser une analyse des risques des possibles conflits d’intérêts et d’envisager une structure hiérarchique distincte où des ressources de surveillance spécifiques entrent en jeu; considère que, même si la séparation de la politique monétaire et de la politique de surveillance est un principe clé, elle ne devrait pas empêcher les économies de coûts permises par le partage des services, étant donné que de tels services ne sont pas essentiels en termes d’élaboration de politiques et que des garanties adaptées sont instaurées; demande à la BCE d’organiser des consultations publiques lors de l’élaboration de mesures quasi-législatives afin de renforcer sa responsabilité;

22.  souligne que la création du MSU s’est vu accompagner d’une hausse d’influence de l’Union européenne sur la scène internationale par rapport à la situation antérieure;

23.  souligne que la séparation des missions de surveillance des fonctions de la politique monétaire devrait permettre au MSU de prendre des positions indépendantes sur les domaines clés, en ce compris sur les effets potentiels des objectifs de taux d’intérêt de la BCE sur la situation financière des banques sous surveillance;

24.  partage l’avis de la Cour des comptes européennes selon lequel les contrôles se sont amoindris depuis l’introduction du MSU; craint que les restrictions d’accès aux documents imposées par la BCE à la Cour des comptes n’entraînent l’absence de contrôle de certains secteurs importants; invite la BCE à collaborer pleinement avec la Cour des comptes afin de lui permettre d’exercer son mandat et de renforcer ainsi l’obligation de rendre compte;

25.  rappelle la nécessité de trouver, dans la réglementation ainsi que dans l’exercice de la surveillance, un équilibre entre le besoin de proportionnalité et le besoin de cohérence; mentionne, à cet égard, les modifications des obligations de déclaration et de rémunération suggérées dans la proposition de la Commission modifiant la directive n° 2013/36/UE; demande à la Commission de donner la priorité aux travaux portant sur un cadre réglementaire pour les petites banques («small banking box») et de l’étendre à une évaluation de la faisabilité d’un futur cadre réglementaire prévoyant des règles prudentielles moins complexes et plus appropriées et proportionnées spécifiquement adaptées aux différents types de modèle bancaire; déclare que chaque banque devrait être soumise à un niveau adapté de surveillance; rappelle qu’un contrôle adapté est la clé pour surveiller l’ensemble des risques, et ce, quelle que soit la taille des banques; respecte la répartition des rôles et des compétences entre le CRU, l’ABE et les autres autorités au sein du système européen de surveillance financière, tout en soulignant l’importance d’une collaboration efficace; estime qu’il convient de mettre un terme à la multiplication des exigences redondantes en matière de compte rendu et de surmonter les interprétations nationales des lois européennes sur le marché commun; se dit favorable à la rationalisation des efforts consentis, tels que l’idée à l’origine du European Reporting Framework (ERF) et encourage la poursuite des efforts dans ce sens, afin d’éviter les doubles notifications et les coûts supplémentaires inutiles de la réglementation; invite la Commission à aborder cette question en temps opportun, conformément à ses conclusions tirées de l’appel à contributions, notamment à travers une proposition portant sur une procédure d’information prudentielle commune, unitaire et consolidée; demande également l’annonce en temps utile des obligations d’information ad hoc permanentes afin d’assurer la qualité des données et une sécurité en matière de planification;

26.  souligne que la sécurité et la solidité d’une banque ne peuvent être uniquement mesurées par une évaluation à un moment donné de ses bilans, étant donné qu’elles sont garanties par des interactions dynamiques entre la banque et les marchés, et dépendent de nombreux éléments dans l’économie toute entière; souligne par conséquent qu’un cadre solide favorisant la stabilité financière et la croissance devrait être global et équilibré afin d’inclure des pratiques de surveillance dynamiques et qu’il ne devrait pas se concentrer uniquement sur une réglementation statique principalement dotée d’aspects quantitatifs;

27.  rappelle la répartition des tâches entre la Banque centrale européenne et l’Autorité bancaire européenne; souligne que la BCE ne doit pas devenir de facto le seul organisme de normalisation pour les banques ne relevant pas du mécanisme de surveillance unique (MSU);

28.  note que le conseil de la BCE a adopté le 18 mai 2016 le règlement relatif à la mise en œuvre de la base de données granulaires analytiques sur le crédit baptisée (AnaCredit); appelle la BCE à donner la plus grande marge de manœuvre possible aux banques centrales nationales pour la mise en application d’AnaCredit;

29.  appelle la BCE à ne développer des éventuelles étapes supplémentaires d’AnaCredit qu’après avoir lancé une consultation publique, avec la participation pleine et entière du Parlement européen et en tenant tout particulièrement compte du principe de proportionnalité;

30.  rappelle l’importance de systèmes d’information puissants et opérationnels en accord avec les besoins des fonctions de surveillance du MSU et les inquiétudes relatives à la sécurité; déplore les récents rapports relatifs aux faiblesses persistantes du système d’information;

31.  se félicite de l’instauration des conseils nationaux du risque systémique, mais souligne que l’établissement de l’Union bancaire renforce la nécessité d’intensifier la politique macroprudentielle au niveau européen afin de répondre efficacement aux possibles débordements transfrontaliers du risque systémique; encourage la Commission à proposer une surveillance macroprudentielle efficace et cohérente dans sa révision générale du cadre macroprudentiel en 2017; invite la Commission à se montrer particulièrement ambitieuse afin de renforcer la capacité institutionnelle et analytique du CERS pour évaluer les risques et les fragilités au sein et au-delà du secteur bancaire et intervenir en conséquence; estime que les instruments d’emprunt (tels que les quotités d’emprunt et les ratios d’endettement) devraient être intégrés à la législation européenne afin de garantir un recours harmonieux à ces autres genres d’instruments macroprudentiels; souligne la nécessité de réduire la complexité institutionnelle et le long processus qui caractérise l’interaction entre le CERS, la BCE/MSU et les autorités nationales, et entre les autorités nationales compétentes désignées, en ce qui concerne la surveillance macroprudentielle; salue à cet égard les progrès d’ores et déjà réalisés en matière de coordination transfrontalière prévue par la recommandation du CERS sur la réciprocité volontaire; réitère son appel en faveur de la clarification des liens existant entre le cadre macroprudentiel et les instruments microprudentiels existants, afin de garantir une interaction efficace des instruments de politique macro et microprudentielle; exprime ses inquiétudes quant aux fragilités du secteur immobilier décrites par le CERS; note que l’ABE doit encore élaborer des normes techniques de réglementation relatives aux exigences de fonds propres pour les expositions garanties par une hypothèque conformément aux articles 124, paragraphe 4, point b), et 164, paragraphe 6, du CRR; note que seul un nombre limité de membres du MSU ont appliqué ou ont prévu d’appliquer des coussins pour le risque systémique, alors que seuls deux membres du MSU ont jusqu’ici annoncé l’activation d’un coussin de fonds propres contracyclique; note que la BCE n’a jusqu’à présent pas encore pleinement exercé ses pouvoirs de surveillance macroéconomique en favorisant l’adoption d’instruments de surveillance macroprudentielle par les autorités nationales;

32.  souligne que le résultat du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union exige une évaluation de l’ensemble du système européen de surveillance financière, en ce compris des modalités de votes au sein des AES, notamment du mécanisme de double majorité prévu à l’article 44, paragraphe 1, du règlement de l’ABE; souligne que les éventuelles négociations à la suite du référendum ne devraient pas déboucher sur des conditions de concurrence inégales entre les institutions financières de l’Union et celles de pays tiers, et ne devraient pas être utilisées pour promouvoir une déréglementation du secteur financier;

33.  salue l’excellent travail des équipes de surveillance prudentielle conjointes (JST) qui sont un bon exemple de la coopération européenne et du développement de la connaissance; déclare que le futur recours proposé à un système de rotation dans l’organisation des JST devrait garantir l’objectivité des activités de surveillance tout en tenant compte de la durée du processus de développement des connaissances dans ce domaine d’expertise très complexe;

34.  se félicite du fait que l’union bancaire ait largement répondu à la question de la surveillance entre pays d’origine et pays d’accueil en établissant un contrôle unique et un échange fortement amélioré des informations pertinentes entre les autorités de surveillance, permettant une surveillance plus exhaustive des groupes bancaires transfrontaliers; souligne que, en raison du caractère inachevé de l’union bancaire, la révision du CRR sur les dérogations relatives aux liquidités et aux fonds propres doit dûment tenir compte des inquiétudes en matière de protection des consommateurs dans les pays hôtes;

35.  salue l’initiative de la BCE d’obliger les banques surveillées à rendre compte de toute attaque informatique importante par l’intermédiaire d’un service d’alerte en temps réel ainsi que les inspections sur le terrain du MSU afin de veiller à la sécurité informatique; demande l’instauration d’un cadre juridique qui facilite les échanges d’informations sensibles et importantes afin d’éviter les attaques informatiques entre les banques;

36.  souligne le rôle essentiel de la sécurité informatique pour les services bancaires et la nécessité d’inciter les établissements financiers à affirmer de grandes ambitions en matière de protection des données des consommateurs et de sécurité informatique;

37.  note que le MSU s’est vu attribuer une mission de surveillance des banques européennes aux fins d’assurer le respect des règles prudentielles de l’Union ainsi que la stabilité financière, alors que d’autres tâches de surveillance qui débordent clairement sur les attributions de l’Union restent entre les mains des autorités de surveillance nationales; souligne à cet égard que le MSU devrait bénéficier de pouvoirs de surveillance relatifs aux activités de lutte contre le blanchiment de capitaux des autorités de surveillance bancaire nationales; souligne que l’ABE devrait également bénéficier d’autres pouvoirs dans la lutte contre le blanchiment d’argent, en ce compris les pouvoirs de mener des évaluations des autorités compétentes nationales des États membres, de requérir la production de toute information importante afin de garantir le respect de la législation, de délivrer des recommandations pour des mesures correctrices, de publier ces recommandations et de prendre les mesures nécessaires afin d’assurer que ces recommandations soient efficacement mises en œuvre;

38.  demande à nouveau à l’ABE de faire appliquer et de renforcer le cadre de protection du consommateur pour les services bancaires conformément à son mandat, et qui complète la surveillance prudentielle du MSU;

Résolution

39.  rappelle la nécessité d’appliquer les règles en matière d’aides d’État lors de la résolution de futures crises bancaires et que le soutien exceptionnel des pouvoirs publics doit être de nature préventive et temporaire, et ne peut être utilisé pour compenser des pertes qu’une institution a subi ou risque de subir dans un avenir proche; préconise de définir des procédures efficaces entre le CRU et la Commission en ce qui concerne la prise de décision dans l’hypothèse d’une résolution, en particulier à l’égard du calendrier; est d’avis que la flexibilité du cadre actuel devrait être clarifiée et rappelle qu’elle doit être mieux exploitée afin de faire face à des situations spécifiques sans entraver une véritable résolution des banques non solvables, en particulier dans le cas de mesures préventives et de mesures de substitution faisant intervenir les fonds des systèmes de garantie des dépôts prévus dans l’article 11, paragraphes 3 et 6, de la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts; invite par conséquent la Commission européenne à revoir son interprétation des règles applicables en matière d’aides d’État afin de garantir que les mesures préventives et les mesures de substitution prévues par le législateur européen dans la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts puissent être effectivement mises en application; constate que des situations particulières ont été traitées différemment sans justification claire; rappelle à la Commission qu’un rapport devant déterminer s’il y avait encore lieu d’autoriser les recapitalisations préventives ainsi que les conditions afférentes à ces mesures devait être remis le 31 décembre 2015; invite la Commission à présenter un rapport dans les meilleurs délais;

40.  invite la Commission à évaluer, à la lumière de l’expérience et dans le cadre de la révision du règlement (UE) n° 806/2014, si le CRU et les autorités de résolution nationales sont dotées de compétences d’intervention précoce et de suffisamment d’instruments d’intervention précoce pour éviter une détérioration déstabilisante des fonds propres et de la capacité d’absorption des pertes des banques pendant une crise;

41.  souligne qu’il importe de clarifier les questions pratiques qui affectent directement la résolution, comme le recours à des prestataires de services qui fournissent des services primordiaux, en cas d’externalisation des services informatiques, par exemple;

42.  prend acte des propositions présentées par la Commission d’introduire dans le premier pilier une capacité totale d’absorption des pertes (TLAC) minimale pour les banques d’importance systémique mondiale, conformément aux normes internationales; prend acte des différences entre la norme TLAC et les exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles; souligne toutefois que les deux normes poursuivent le même objectif qui est de veiller à ce que les banques possèdent des fonds propres réglementaires et une capacité d’absorption des pertes suffisants afin de faire du renflouement interne un instrument de résolution efficace sans causer une instabilité financière et sans avoir recours à des fonds publics, ce qui évite une socialisation des risques des particuliers; conclut par conséquent qu’une approche globale de l’absorption des pertes peut être adoptée en combinant l’une et l’autre, en s’appuyant sur la norme TLAC telle que transposée dans la proposition actuelle de la Commission, en tant que norme minimale et qui sera fonction de l’accord trouvé entre les colégislateurs; souligne qu’il convient d’être particulièrement attentif à retenir les deux critères que sont la taille et les actifs pondérés en fonction des risques, et note l’interconnexion entre le critère des actifs pondérés en fonction des risques qui sous-tend la norme TLAC et les travaux actuellement en cours dans l’Union européenne et au CBCB sur les modèles internes et sur la finalisation de l’accord de Bâle III; souligne qu’il convient, dans le contexte du calibrage et de l’introduction progressive des critères MREL, d’accorder une attention particulière à la nécessité de créer un marché pour les engagements conformes à la MREL; souligne l’importance de maintenir la marge d’appréciation pour l’autorité de résolution lors de la détermination de la MREL, et de s’assurer que les banques possèdent une dette suffisamment subordonnée et pouvant faire l’objet d’un renflouement interne des titres de créance; souligne que l’information des marchés devrait être effectuée de manière adéquate afin d’éviter l’interprétation erronée des exigences de la MREL par les investisseurs;

43.  insiste sur l’importance de clarifier, dans la législation, l’ordre d’empilement des fonds propres de base de catégorie 1 éligibles au titre des exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles MREL et des coussins de fonds propres; souligne la nécessité d’adopter une législation visant à clarifier les responsabilités et les pouvoirs, respectivement des autorités de résolution et des autorités compétentes au regard des mesures d’intervention précoce en cas d’infraction aux exigences MREL; prend acte de la proposition de la Commission concernant l’introduction des orientations de la MREL; réaffirme que le calibrage de la MREL devrait, dans tous les cas, être étroitement lié à la stratégie de résolution de la banque et justifié par celle-ci;

44.  insiste sur l’importance de clarifier, dans la législation, que les fonds propres de base de catégorie 1 éligibles au titre de la MREL s’ajoutent aux coussins de fonds propres de manière à éviter la double comptabilisation des fonds propres;

45.  souligne qu’il est crucial d’harmoniser la hiérarchie des créances en matière d’insolvabilité des banques d’un État membre à l’autre afin de rendre la mise en œuvre de la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances plus cohérente et efficace et de garantir la sécurité des investisseurs transfrontaliers; salue, par conséquent, la proposition de la Commission d’aller plus loin dans l’harmonisation de la hiérarchie des créances; constate qu’une meilleure harmonisation du régime d’insolvabilité et de sa hiérarchie des créances sera également essentielle, à la fois, dans le cas des banques, pour éviter les divergences avec le régime de résolution des banques et, dans le cas des entreprises, pour fournir des éclaircissements supplémentaires et une sécurité pour les investisseurs transfrontaliers, mais aussi pour contribuer à résoudre le problème des prêts improductifs; se félicite du fait que la BRRD ait apporté un grand changement dans la hiérarchie de l’insolvabilité, en donnant la priorité aux dépôt assurés de façon à être classés au-dessus de tous les instruments de fonds propres, capacité d’absorption des pertes, autre dette privilégiée et dépôts non assurés; appelle le CRU à présenter les résultats des évaluations de résolvabilité pour les G-SIB et autres banques, y compris les mesures proposées pour surmonter les obstacles à la résolution;

46.  prend note de la gamme des options juridiques disponibles pour garantir la subordination de la dette éligibles à la TLAC; relève qu’aucune n’a la préférence du Conseil de stabilité financière; est d’avis que l’approche retenue devrait d’abord et avant tout établir un équilibre entre flexibilité, efficacité, sécurité juridique et la capacité du marché à absorber toute nouvelle catégorie de dette;

47.  invite à réfléchir aux possibles conséquences négatives sur l’économie réelle de la révision des règles de Bâle et de l’introduction de l’exigence minimale de fonds propres (MREL) ainsi que de la capacité totale d’absorption des pertes (TLAC) et de la norme IFRS 9; préconise de déterminer des solutions pour atténuer ces répercussions ;

48.  rappelle que certains instruments proposés aux investisseurs, et notamment aux investisseurs de détail, dans le cadre du régime de résolution récemment introduit comportent un risque de perte plus élevé par rapport au régime précédent; rappelle en outre que les instruments de renflouement interne doivent être vendus en premier lieu uniquement à des investisseurs appropriés qui peuvent absorber des pertes potentielles sans que leur situation financière saine ne soit menacée; invite dès lors la Commission à promouvoir la mise en œuvre de la législation pertinente existante, et invite les autorités européennes de surveillance à contribuer fortement à l’identification des pratiques de vente abusive;

49.  signale que l’exigence de reconnaissance contractuelle des pouvoirs de renflouement interne sur les engagements régis par la législation non européenne, ainsi que le prévoit la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances, s’avère fastidieuse à mettre en œuvre; considère cette question comme un risque immédiat; fait observer que les amendements proposés concernant la BRRD reconnaissent aux autorités compétentes le droit de renoncer à cette exigence; considère que cette approche est la bonne étant donné qu’elle autorise une certaine souplesse et une évaluation au cas par cas des engagements correspondants; demande à la Commission et aux autorités de résolution de veiller à ce que les conditions d’octroi des exemptions et les décisions concrètes prises ultérieurement ne compromettent pas la résolvabilité des banques;

50.  Attire l’attention sur le fait qu’un échange d’informations rapide et efficace entre les autorités de surveillance et de résolution est essentiel pour garantir la fluidité de la gestion de crise; salue la conclusion d’un protocole d’accord entre la BCE et le MRU concernant la coopération et l’échange d’informations; invite la BCE à préciser dans le protocole d’accord les procédures de communication entre les équipes de surveillance prudentielle conjointes et les équipes internes de résolution; propose que la présence de la BCE comme observateur permanent aux réunions plénières du FRU et aux séances à huis clos soit totalement réciproque, permettant ainsi à un représentant du FRU d’assister au conseil de surveillance de la Banque centrale européenne comme observateur permanent;

51.  prend note du double rôle des membres du CRU, qui sont en même temps membres d’un organe exécutif dotés de fonctions décisionnelles et cadres dirigeants responsables à ce titre devant le président, et considère qu’une évaluation de cette structure devrait être entreprise avant la fin du mandat actuel;

52.  rappelle que le contenu de l’accord intergouvernemental relatif au Fonds de résolution unique (FRU) doit être finalement incorporé dans le cadre juridique de l’Union européenne; appelle la Commission à réfléchir à des moyens d’assurer cette opération; souligne que l’intégration prochaine du pacte budgétaire dans la législation européenne pourrait fournir un modèle utile à cet égard;

53.  exige que les contributions ex ante au FRU soient calculées de manière tout à fait transparente avec des efforts pour harmoniser l’information relative aux résultats des calculs et améliorer la compréhension de la méthode de calcul; demande à la Commission de procéder, avec le plus grand soin, au réexamen du calcul des contributions au Fonds de résolution unique prévu au considérant 27 du règlement délégué (UE) 2015/63 et, en particulier, d’examiner l’adéquation du facteur de risque afin de garantir que le profil de risque des établissements moins complexes est correctement reflété;

54.  prend note de la déclaration des ministres des finances du 8 décembre 2015 relative au système de financement-relais pour le FRU; constate, dans ce contexte, que 15 des 19 États membres de la zone euro ont déjà signé une convention de prêt harmonisée avec le FRU; rappelle que ces lignes de crédit individuelles ne seront disponibles qu’en dernier recours; est d’avis que cette solution n’est pas suffisante pour mettre fin au cercle vicieux de l’interdépendance banques-dettes souveraines et aux renflouements internes financés par le contribuable; demande que des progrès soient réalisés rapidement dans les travaux menés par le Conseil et la Commission sur un dispositif de soutien budgétaire commun pour le FRU, dont la responsabilité ultime du financement devrait incomber au secteur bancaire, et qui devrait être neutre à moyen terme sur le plan budgétaire, comme cela a été convenu dans le cadre de l’accord sur le FRU et confirmé par le Conseil européen en juin 2016;

Garantie des dépôts

55.  réitère son appel en faveur d’un troisième pilier en vue d’achever l’union bancaire; rappelle que la protection des dépôts est un intérêt commun pour tous les citoyens européens; débat actuellement de la proposition relative au SEAD en commission;

56.  souligne que la création du SEAD et les discussions sur ce projet ne devraient pas conduire à un affaiblissement des efforts en direction de la mise en œuvre de la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts; salue le travail accompli récemment par l’ABE pour encourager la convergence dans ce domaine; se félicite de ce que tous les États membres ont transposé la BRRD; rappelle à tous les États membres l’obligation d’appliquer et de mettre en œuvre correctement la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances et la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts;

57.  rappelle que le rôle de la Commission est de garantir une égalité de traitement au sein de l’Union européenne et qu’il convient d’éviter toute fragmentation au sein du marché intérieur;

58.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la BCE, au CRU, aux parlements nationaux et aux autorités compétentes tel que défini au point 40) de l’article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n°575/2013.

(1) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0006.
(2) http://www.consilium.europa.eu/fr/european-council/pdf/20120629-euro-area-summit-statement-fr_pdf.
(3) JO L 287 du 29.10.2013, p. 63.
(4) JO L 141 du 14.5.2014, p. 1.
(5) https://www.bankingsupervision.europa.eu/ecb/pub/pdf/ssmar2015.fr.pdf
(6) Mécanisme de surveillance unique: les débuts sont réussis, mais des améliorations sont nécessaires, http://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR16_29/SR_SSM_FR.pdf
(7) JO L 78 du 24.3.2016, p. 60.
(8) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0108.
(9) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0439.
(10) JO L 176 du 27.6.2013, p. 1.
(11) JO L 173 du 12.6.2014, p. 190.
(12) JO L 225 du 30.7.2014, p. 1.
(13) JO C 216 du 30.7.2013, p. 1.
(14) JO L 237 du 3.9.2016, p. 1.
(15) JO L 173 du 12.6.2014, p. 149.
(16) rapport de l’examen annuel indépendant de la croissance pour 2017, publié le 23 novembre 2016.
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