1 milliard d’euros gâché avec le congé individuel de formation ? Stop ou encore ?

Le congé individuel de formation représente une somme de 1 milliard d’euros dépensé annuellement. Seulement, la Cour des comptes met en lumière dans son rapport, de trop nombreuses failles dans ce système de formation, qui nuisent à l’efficacité de celles-ci. Cycles inadaptés au marché du travail ou trop long pour les personnes en recherche d’emploi, ou encore manque de participants. Alors faut-il dire stop ?

Destiné à la réalisation d’un projet personnel de formation, le congé individuel de formation (CIF) est un dispositif qui est engagé par le salarié et qui permet de financer des formations qualifiantes longues. A l’issue de cette formation, le salarié peut envisager d’accéder à un autre métier. 

L’efficacité du CIF remise en question

Ce dispositif a fait son apparition en 1966 avant d’être législativement stabilisé en 1984. Autant dire qu’il aurait dû être largement intégré dans l’esprit français. Voilà donc la première faiblesse pointée du doigt par la Cour des comptes : un manque de visibilité criant. Seulement 62 000 demandes de formation ont été recensées en 2014, pour environ 40 000 bénéficiaires après sélection des dossiers. Ajoutez à cela le coût unitaire élevé (environ 25 000€ par formation), et vous obtenez un joyeux gouffre financier de plus d’1Md€ ! Mais ce n’est pas tout, actuellement il y a a 25 organismes (17 Fongecif au service des salariés et 8 OPCA plutôt orientés vers les entreprises) qui proposent ces formations, mais avec des conditions de gestion très inégalitaires entre elles. Et comme l’Etat limite son action à l’application de la réglementation et au contrôle des coûts de gestion, le pilotage et l’évaluation de ce dispositif sont très insuffisants. Enfin, La Cour des comptes vise directement le contenu des formations qui ne serait pas en adéquation avec la réalité du marché du travail, en se focalisant sur des métiers à faible qualification et en omettant les  » métiers de demain « . 

Les jeunes sont de plus en plus concernés par le CIF : les moins de 35 ans représentaient 48% entre juin 2012 et juin 2013. 

La proportion d’ouvriers et d’employés s’élève à 82% tous types de CIF confondus

Source : Opinionway

Tenter de sauver le dispositif ou arrêter les frais ?

Dans un contexte économique difficile où l’heure est à traquer la moindre petite économie, on pouvait logiquement penser que le dispositif pourrait vivre ses dernières heures. Or, cela ne semble pas être le cas. La Cour des comptes préconise de  » consolider le dispositif « . Concrètement, il s’agit de le recentrer vers des formations qualifiantes où les bras manquent, de l’ouvrir vers des professions supérieures tout en augmentant le nombre de bénéficiaires et en améliorant la qualité de la prise en charge et la gestion des CIF. 

Pour ça, le financement du CIF a reçu un léger coup de pouce avec la réforme de la formation professionnelle de 2015. Le budget de 1,2Md€ est passé à 2,3Md€ avec l’augmentation des fonds et la création d’un financement. Nous attendons avec impatience les conclusions de la Cour des comptes car nous pensons qu’il est tout même nécessaire de questionner la légitimité de ce renforcement. La Cour des comptes ne donne malheureusement pas l’objectif du nombre de bénéficiaires qu’il faudrait toucher pour que le dispositif soit rentable. Car si celui-ci n’augmente pas et reste aux alentours des 40 000 par an, une formation d’environ 800h ne coûterait plus 25 000€ mais 57 500€ !

La Cour a formulé cinq recommandations :
 
n° 1 : recentrer le dispositif du CIF sur les formations orientées
vers des activités professionnelles ;
 
n° 2 : développer dans le cadre du CIF les formations
répondant à des besoins de reconversion professionnelle ;
 
n° 3 : promouvoir les formations du CIF hors temps de travail ;
 
n° 4 : assurer un accompagnement renforcé vers le CIF dans
le cadre du conseil en évolution professionnelle ;
 
n° 5 : mettre en oeuvre les conditions d’une unification du
réseau de distribution du CIF.

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