Affaire Benalla : inutile d’attendre la réponse d’Emmanuel Macron, il la donnait déjà en 2017 !

Le ministre de l’Intérieur, le préfét de police de Paris et Alexandre Benalla ont tous déjà été auditionnés. Et celle d’Emmanuel Macron, Président de la République se fait attendre. Pour autant, en 2017 alors qu’il était candidat à la présidence, il affirmait être « pour une tolérance zéro concernant les violences policières ». 

Comme le hasard fait bien les choses, n’est-ce pas ? Nous sommes en mars 2017 et celui qui n’est pas encore Président de la République se présente sur l’émission Quotidien animée par Yann Barthès. A côté de lui, « Yanis, 18 ans étudiant en sciences politiques et Emmanuel, 16 ans lycéen » viennent débattre de la responsabilité des personnes politiques à Paris, sur l’absence de l’Etat dans les zones défavorisées et sur le rôle de la police.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les réponses d’Emmanuel Macron sont tout à propos alors qu’il est, aujourd’hui, englué dans la polémique Alexandre Benalla. Si Michel Delpuech, préfet de police de Paris, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, et Alexandre Benalla ont tous été entendus, le Président de la République est le seul à ne pas s’être exprimé sur celui qui est l’un de ses plus proches collaborateurs. 

« En cas de bavure, il est impossible qu’il n’y ait pas de sanction »

Pour cette fois, nous vous proposons de terminer par la fin de la vidéo. Yanis, bomber rouge, affirme que lorsque lui et ses amis avaient voulu prendre part au rassemblement pour l’annonce du lancement du mouvement En Marche dans une salle de Bobigny, ces derniers avait été « jetés par une entreprise de sécurité privée« . Allez savoir, Alexandre Benalla était peut-être déjà dans les rangs…

Dans cette vidéo, il est aussi question des violences en marge des rassemblements En Marche ou encore de l’affaire Adama Traoré. Et Emmanuel Macron revient très précisément sur le phénomène des violences policières. Il explique qu’il sera intraitable et que chaque violence devra s’accompagner de sanctions.

Pour expliquer les violences policières, il n’y a aucun bon argument […]. Dès qu’il y a une bavure, il doit y avoir une réponse et une sanction. Mais elle est hiérarchique [sic] : un, il faut tirer au clair la situation ; deux, il est impossible, en cas de bavure, qu’il n’y ait pas de sanction dans la hiérarchie policière. 

Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence

On peut déjà revenir sur ces premiers éléments de réponse. Y ‘a-t-il eu sanction ? Oui, Monsieur Benalla a reçu une suspension de salaire de … 15 jours. Le tout pour avoir « tabassé » des manifestants. On peut penser que cette sanction est plutôt légère.  

Pour rappel, se retrouver affublé d’un uniforme policier alors que l’on ne dispose pas de la carte professionnelle peut résulter d’une « usurpation de fonction » et d’une peine d’an de prison et 15 000€. Des peines alourdies à 3 ans d’emprisonnement et 45 000€ d’amende si ces faits sont commis dans le but de commettre un crime ou délit. 

Sachant que M. Benalla a profité de matériel policier, la justice a procédé à l’ouverture d’une enquête préliminaire pour usurpation. Mais aussi violence, ce qui classe cette affaire dans la deuxième catégorie. Nous sommes en juillet, les faits ont eu lieu en mai et Alexandre Benalla n’a donc écopé que de 15 jours de suspension de salaire…

« Je suis tolérance zéro pour les violences policières »

Alors, on pourra débattre pour savoir si oui ou non M. Benalla faisait partie des policiers le 1er mai. il est vrai qu’il agissait durant un jour de repos. Aussi, il était observateur dans une brigade de CRS. 

Toujours est-il qu’à 3:10, Emmanuel Macron surenchéri en annonçant ce qui sera sa ligne de conduite vis-à-vis des violences policières. Il affirme qu’il sera :

intraitable là-dessus [sur les violences policières]. Je l’ai dit, moi, je suis tolérance zéro pour la délinquance comme pour les violences policières. On ne laisse pas la hiérarchie en place quand il y a des violences policières. 

Emmanuel Macron, candidat à la présidence

Auditionné, le préfet de police de Paris a reçu les accusations de l’Elysée et de Gérard Collomb. Sa place serait actuellement dans la balance. Mais ce dernier a aussi lancé de fortes accusations envers le gouvernement. Ce sera à la justice de trancher.

Remettre du lien entre policiers et citoyens passe par une meilleure formation 

Enfin, il faut revenir aussi sur le passage où Emmanuel Macron admet que le lien entre forces de l’ordre et citoyens est rompu. Il explique entre autres que la formation des forces de l’ordre est défaillante, que ces dernières ne sont pas formées à la réalité du terrain et déficiente dans le contact.

Quand on voit les agissements de Monsieur Benalla, on ne peut qu’acquiescer. Le contact avec les deux manifestants était, en effet, compliqué. Mais on peut se poser la question de savoir s’il n’y a pas non plus, au-delà du problème de formation, un problème dans le recrutement.

L’Express explique d’ailleurs que du fait d’une « proximité rarement vue pour un civil », il a pu être chargé de « protéger le président de la République et sa femme sans avoir bénéficié de réelle formation. » Un patron de syndicat explique aussi qu’Alexandre Benalla, après avoir renouvelé sa carte du CNAPS, l’organisme régulateur des sociétés privées de sécurité, « pouvait recruter ou faire virer un officier de sécurité d’un simple claquement de doigts. »

Un détail parmi tant d’autres quand on connait le pédigrée de l’accusé. En 2016, il avait été jugé pour des violences volontaires sur une femme, « probablement un membre de sa famille. » Ces violences avaient entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de plus de 8 jours. Mais l’homme de 26 avait été relaxé sans que le motif ne soit précisé. 

Alors même qu’il a été reconnu comme étant un très proche de la présidence, le cabinet du Président de la République a affirmé ne jamais avoir eu connaissance des déboires du collaborateur.

Alors, Alexandre Benalla a-t-il été protégé tout ce temps ? Par qui ? Et pour quelle(s) raison(s) ? Surtout, cette affaire pose la question de savoir s’il n’y a pas des « barbouzes » au service du gouvernement…

Dans l’interview ci-dessus, Emmanuel Macron expliquait qu’il fallait retrouver confiance dans nos forces de l’ordre. Pas sûr que cette affaire soit le meilleur moyen.

2 commentaires sur Affaire Benalla : inutile d’attendre la réponse d’Emmanuel Macron, il la donnait déjà en 2017 !

  1. nauséabond comment un individu qui n’est rien vient de rien a t-il pu arrivé jusque dans les grandes spères de l’état et avoir une accréditation secrets défences j’ose espérer qu’il n’a pas le code nucléaire !!!i sans avoir et je pèse mes mots et mes écrits « donné au sens figuré » de sa personne envers ce couple infernal qui ne mérite meme pas le titre de président il est et sera le pire de tous et peu tenir la main de mittrand Le Général doit une fois de lus se retourner dans sa tombe

  2. nauséabond comment un individu qui n’est rien vient de rien a t-il pu arrivé jusque dans les grandes spères de l’état et avoir une accréditation secrets défences j’ose espérer qu’il n’a pas le code nucléaire !!!i sans avoir et je pèse mes mots et mes écrits « donné au sens figuré » de sa personne envers ce couple infernal qui ne mérite meme pas le titre de président il est et sera le pire de tous et peu tenir la main de mittrand Le Général doit une fois de lus se retourner dans sa tombe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire les articles précédents :
SIRHEN : le logiciel de gestion RH de l’Education Nationale, à 320 millions d’euros, mis au rencart

320 millions d'euros d'argent public dépensés en 11 ans pour un projet mis à la poubelle. C'est ce que vient...

Fermer