Androcur et génériques : les patients signeront un formulaire d’accord de soins avant les traitements

Utilisé pour traiter plusieurs maladies hormonales principalement chez les femmes, la prise de ce médicament et de ce générique multiplie par 7 le risque de développer des tumeurs au cerveau en seulement six mois.

La décision de l’Agence du médicament ANSM est sans appel : un formulaire d’accord de soins devra être signé par tous les patients qui devront prendre de l’Androcur ou ses génériques. Ce médicament utilisé principalement chez les femmes pour le traitement de maladies hormonales était aussi à l’origine de tumeurs du cerveau en cas de prise à haute dose et de traitement prolongé.

Mis en place avant fin 2018, il sera « indispensable à toute délivrance du médicament ». L’objectif étant de recueillir le consentement du patient au fil d’un échange avec son médecin ainsi que de mieux « sécuriser l’utilisation de l’acétate de cyprotérone. »

Cette contractualisation entre un patient et son praticien permettra chaque année de repenser la nécessité de poursuivre ce traitement. »

Jean-Michel Race, directeur des médicaments d’endocrinologie et de gynécologie à l’ANSM

D’autres recommandations pour un produit à risques

Cette décision a été prise lors de la réunion du 16 novembre. Mais plusieurs autres recommandations ont aussi pointé le bout de leur nez. Ainsi, un document d’information sera distribué aux utilisateurs lors du premier trimestre 2019, les personnes traitées dans les 24 derniers mois recevront toutes un courrier d’information, de même que les médecins qui prescrivent de l’acétate de cyprotérone.

L’Androcur ainsi que tous les médicaments à base d’acétate de cyprotérone sont indiqués dans le traitement de l’hirsutisme chez les femmes, et du cancer de la prostate chez les hommes. Seulement, ce produit était aussi utilisé pour le traitement de problèmes bénins comme l’acné, la peau grasse ou la pilosité modérée. 

En août dernier, l’ANSM publiait une enquête dans laquelle elle démontrait que l’utilisation prolongée de l’Androcur multipliait par 7 le risque de développer une tumeur cérébrale après seulement six mois de traitement. Cette probabilité grimpait à 20 lorsque le traitement durait cinq ans ou plus. 

Un numéro vert (0 805 04 01 10) a été mis en place en septembre suite à cette publication, pour « répondre aux interrogations » des patients.

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