Après le Venezuela, les Îles Marshall peinent aussi à développer une cryptomonnaie nationale

Alors que la position écologique d’Hilda Cathy Heine, présidente des Îles Marshall, était unanimement saluée, elle fait face à une défiance sans précédent. Alors qu’elle comptait adopter une cryptomonnaie comme monnaie nationale, une motion de censure vient d’être instruite contre elle. Une décision motivée par la position du FMI.

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Ce devait être une avancée facile à mettre en place. Mais finalement, il n’en est rien et c’est un vrai chemin de croix sur lequel s’engage Hilda Heine, présidente des Îles Marshall. 

Alors qu’elle souhaitait que son pays devienne précurseur dans l’utilisation des cryptomonnaies tout en accédant à l’indépendance monétaire, la présidente du pays fait face à un important vote de défiance qui retarde les projets.

« Ce n’est pas une activité illicite ! »

En février, la présidente souhaitait que les Îles Marshall voient arriver une cryptomonnaie nationale, le Sovereign ou Sov, qui deviendrait la deuxième monnaie nationale en plus du dollar américain. La cryptomonnaie devait d’ailleurs être émise par une start-up israélienne que le Fonds monétaire International considère comme « ayant une expérience limitée du secteur financier. »

Et quand bien-même Hilda Heine déclare que l’adoption d’une cryptomonnaie comme monnaie nationale permettrait d’accéder à l’autosuffisance financière tout en expliquant que les cryptomonnaie ne sont pas des « activités illicites, qui ne sont pas illégales et qui ne terniront pas les lois du pays », huit sénateurs ont introduit un vote de défiance contre elle. 

Heine a été élue en 2016 et est la première femme chef d’État des îles du Pacifique. Elle s’est forgé une réputation de militante passionnée des changements climatiques et s’est engagée à ce que son pays devienne neutre en carbone d’ici 2050.

Une position largement saluée à l’international. Mais on peut raisonnablement que cette motion de censure ait été introduite du fait de pressions émanent du FMI. En septembre dernier, l’institution exhortait fortement les Îles Marshall à « reconsidérer sérieusement» leur idée d’introduire une cryptomonnaie comme seconde monnaie nationale. La plus haute institution financière expliquait que cela « augmenterait les risques liés à l’intégrité macroéconomique et financière« , ternirait la réputation financière du gouvernement et rendrait le pays – qui dépend fortement de l’aide étrangère – vulnérable aux risques de cybersécurité.

Les avantages potentiels des gains de revenus en monnaie numérique] semblent considérablement plus faibles que les coûts potentiels découlant des risques économiques, de réputation, de gouvernance. En l’absence de mesures adéquates pour les atténuer, les autorités devraient sérieusement reconsidérer l’émission de la monnaie numérique comme moyen de paiement légal.

FMI

Par ailleurs, le FMI affirmait aussi que l’entreprise israélienne chargée d’émettre le Sov n’avait pas prévu de « surveiller les transactions, de déclarer les transactions suspectes, de surveiller leur conformité, ni de prévoir des sanctions en cas de non-respect. » Là encore, les cryptomonnaies sont encore largement considérées comme étant reliées à des activités illicites comme le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. 

Le vote de défiance aura lieu le 12 novembre prochain. Mais cet événement démontre que si les cryptomonnaies continuent de se développer et d’être de plus en plus acceptées dans la société, elles peinent à séduire des acteurs puissants et influents. Surtout, elles souffrent encore d’une image négative qui n’est pas forcément justifiée. 

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