Après les Gilets Jaunes, les Gyros Bleus : signe d’une division syndicale extrême dans la police ?

Face à la gronde qui gagne de plus en plus chez les forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a reçu les représentant des trois premièrs syndicats de policiers, tout fraîchement élus. Seulement, ces élections sont remises en question avec insistance par les organisations minoritaires.

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Après les « Gilets Jaunes », les « Gyros Bleus » ? En marge du mouvement pour la hausse du pouvoir d’achat des français, les forces de l’ordre souhaitent elles aussi se faire entendre et faire régulariser leur situation, entre équipement défaillant, réductions d’effectifs et heures supplémentaires impayées. Plusieurs syndicats ont d’ailleurs décidé de mener des actions coup de poing comme le blocage de commissariats ou des journées sans verbalisation. Face à ce phénomène que prend très au sérieux le gouvernement, Christophe Castaner a presque immédiatement les syndicats de policiers afin de désamorcer la bombe. 

Seulement, ces syndicats sont reçus une semaine après la fin des élections professionnelles dans le milieu. Elections qui ont vu Unité SGP Police FO devenir le premier syndicat de la police national avec 34,44% des voix. Alliance PN, anciennement majoritaire, puis l’UNSA Police complètent le podium. Ces organisations étaient donc les trois groupes reçus par Christophe Castaner. Sauf que plusieurs syndicats de police contestent le résultat des élections et demandent au ministre de l’Intérieur d’annuler les résultats. 

Soupçons de tricherie

La première alerte venait du syndicat FPIP, Fédération Professionnelle Indépendante de la Police. Le 5 décembre dernier, le syndicat annonçait sur Twitter avoir surpris plusieurs pratiques déloyales venant de leurs concurrents. Dans le document publié, l’organisation de salarié expliquait avoir, par exemple, surpris des représentants du syndicat Alliance PN CFE-CGC avoir distribué plusieurs cadeaux en échange de votes. On parle de boîtes de bonbons ou de chèques cadeaux d’une valeur de 50€. Le syndicat n’a cependant pas souhaité répondre à nos questions qui concernaient la légitimité et le bien-fondé de leurs affirmations. 

FPIP-Police assure aussi avoir surpris des « délégués UNITE SGP FO sillonner la DDSP 62 après l’ouverture du scrutin en sollicitant les personnels pour récupérer leurs codes » qui leurs permettaient de voter sur une plateforme en ligne. Nous avons tenté de joindre UNITE SGP par l’intermédiaire de son secrétaire général Yves Lefebvre, mais nous n’avons pas eu de réponse de sa part.  

A la suite des négociations entre Christophe Castaner et l’intersyndicale UNITE SGP, Alliance PN et UNSA Police, l’association MPC pour Mobilisation des Policiers en Colère, qui se revendique apolitique et asyndicale, a rejoint le mouvement impulsé par la FPIP. Elle dénonce un « Grand manège des syndicats : forcing lors des élections, et désormais ils se revendiquent de la grogne des vrais policiers en colère ?! »  

De son côté, le syndicat Police SCSI qui représente les Cadres de la Sécurité Intérieure, Officiers et Commissaires de Police (CFDT) s’est érigé contre les allégations faîtes par MPC. « Sauf qu’on sort des élections et que 90 % des policiers ont voté… donc surprenant de mettre en cause la légitimité des syndicats sauf à dire que des électeurs se sont fait subtiliser leurs codes … » lâche l’organisation de salariés sur Twitter.  

Comme le souligne ce dernier syndicat, à elle trois, les trois organisations que sont UNITE SGP, Alliance PN et UNSA Police ressortent majoritaires avec un taux de participation de près de 90%. Et la division manifeste ne concerne donc que les syndicats minoritaires, un peu moins de 20% des voix. Les chances de voir les résultats des dernières élections professionnelles être annulés sont minces, très minces. De même, le fait que Christophe Castaner choisisse de recevoir les trois groupes majoritaires les légitime.  

Pour autant, cette concertation ne semble pas avoir apaisé la gronde des policiers. Sans réussir à faire appliquer la convergence des luttes, tous les syndicats, les trois de tête mais aussi les plus petits groupes, appellent à plusieurs actions d’envergure entre décembre 2018 et février 2019. Auront-elles une chance de faire encore plus plier le gouvernement ? Rien n’est moins sûr sachant que chaque organisation compte faire son action, de son côté. 

Gilets Jaunes, Gyro Bleus, même combats ? Et à la fin, qui gagne ? 

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