Après #MeToo et #PayeTonUtérus, des gynécologues questionnent la place du masculin dans la profession

A Marseille, 160 gynécologues ont assisté à un colloque qui questionne la place des praticiens dans la profession mais aussi sur le renouveau dont souffre la relation médecin/patiente. Et force est de constater que la profession évolue largement. 

« Quelle évolution pour les femmes, les gynécologues et les hommes après 2017-2018 ? » C’est exactement la question que se sont posée 160 praticiens du collège de gynécologie médicale Marseille-Provence vendredi 9 novembre. Après les phénomènes #MeToo et #PayeTonUtérus qui ont surpris Julia Maruani, présidente du collège de gynécologie médicale Marseille-Provence, par leur ampleur, la question mérite d’être posée pour améliorer le rapport médecin/patientes.

La bataille des mots

Le colloque a soulevé plusieurs problématiques dont celle qui découle du choix des mots lors d’une consultation. Quel est celui qui relève de l’acte médical et celui qui attrait au sexe ?

Nous avons voulu faire passer le message aux médecins que parfois, à notre insu, on peut avoir une phrase déplacée, pour que les patientes aient ce vécu-là. On ne forme pas suffisamment les médecins à la communication, à l’écoute du choix des femmes. Ce que veulent les patientes, c’est une vraie écoute sur leurs choix, et que les décisions sur leur santé soient prises en accord avec elles.

Julia Maruani, présidente du collège de gynécologie médicale Marseille-Provence

Gynécologue, Julia Maruani refuse « l’utilisation du mot pénétration pour mettre en place un spéculum. » Un argumentaire qui ne convainc pas le sociologue Raphaël Liogier qui explique que la gynécologie « n’est pas un acte sexuel mais sur le sexe. C’est une relation au cœur de l’intimité. Elle a beau être scientifique, cela n’existe pas une relation neutre. »

Julia Maruani explique aussi que la pratique de la gynécologie et la relation patiente-médecin a largement évolué au fil des années. Pour Raphaël Liogier, c’est le rapport homme/femme qui est questionné à travers ces mouvements.

Avant de s’exercer du point de vue juridique et économique, la domination masculine s’est exercée sur le corps de la femme. La gynécologie va se construire comme un instrument de contrôle du corps des femmes. A l’origine, c’est ça : soigner l’utérus des femmes, au cœur de ce qui est supposé être pathologique, pour contrôler le sexe. La gynécologie, c’est le bras armé de cette soumission avec l’homme qui examine.

Raphaël Liogier, sociologue

Pour autant, l’année écoulée signe-t-elle la fin des gynécologues au masculin ? Non répond le sociologue. Mais les relations avec les patientes vont largement évoluer car sous la problématique du rapport homme/femme, il explique qu’il existe aussi et surtout un rapport dominant/dominée entre le sachant et la patiente.

 

Les praticiens voient ainsi de plus en plus de patientes venir en consultation en ayant « pris possession de leurs choix », qui n’hésitent plus à dire en consultation ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent pas. Et ça, pour les organisateurs du colloque, certains praticiens n’y sont pas préparés.

Si on a une bonne relation de soin, elles comprennent nos justifications. 

Julia Maruani, présidente du collège de gynécologie médicale Marseille-Provence

1 commentaire sur Après #MeToo et #PayeTonUtérus, des gynécologues questionnent la place du masculin dans la profession

  1. Je suis très étonné par ces propos. Le ou la gynécologue sont obligés d’examiner les sexes afin de soigner et sauver les patientes. Les chirurgiens et chirurgiennes, les dermatologues -vénéréologues , les urologues sont également obligés d’examiner et de toucher avec des gants stériles et des instruments stériles aussi avant de soigner. Tous ces examens permettent d’éviter des aggravations ou la mort. Je suis un homme qui a été examiné par les médecins généralistes ou spécialistes masculins ou féminins. C’est ainsi que l’on a découvert le cancer de ma prostate. J’ai été pénétré plusieurs fois car avant la détection du cancer , il y a eu des adénomes à enlever. Une spécialiste m’a fait plusieurs examens de l’intestin en passant par l’anus. Plusieurs urologues ont fait passer des sondes et des caméras dans mon systéme urinaire. Les médecins et les spécialistes ne sont ni des pervers ni des violeurs.Ma mère a eu un cancer de l’utérus et fut sauvée par un gynécologue et un chirurgien.Nous ne sommes plus au temps de l’hystérie créée par l’utérus. Nous savons depuis longtemps que l’hystérie est une maladie nerveuse qui a disparu. Les morceaux de textes que j’ai lus sont de vrais fantasmes dangereux pour les femmes. Soigner les utérus par des gynécologues masculin n’a rien à voir avec le machisme et le harcélement sexuel.

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