Assurance-chômage: la méthode du gouvernement contestée

L'assurance-chômage et sa réforme ne seront pas discutées en réunions bilatérales comme ce fut le cas pour les ordonnances. Les partenaires sociaux l'ont en tout cas expressément demandé au gouvernement: ils veulent une négociation multilatérale. 

Ils se sont fait avoir une fois mais pas deux. Alors que le gouvernement veut rapidement embrayer sur une réforme de l'assurance chômage, les partenaires sociaux se sont donnés le mot pour exiger une négociation multilatérale en bonne et due forme. 

Question de méthode pour les partenaires sociaux

Dans un communiqué publié vendredi, les partenaires sociaux ont plaidé en faveur d'un jeu multilatéral et "un débat collectif et approfondi sur les questions posées". L'allusion à la méthode retenue par le gouvernement pour les ordonnances est claire. 

Visiblement, la technique consistant à saucissonner les discussions et à éviter toute délibération collective a fait long feu. Les gestionnaires de l'UNEDIC ont bien l'intention de pouvoir faire front commun pour éviter une dépossession du paritarisme de gestion. 

Rappelons que le régime d'assurance chômage est entièrement géré par les partenaires sociaux, sans intervention de l'État. Emmanuel Macron a annoncé son intention de procéder à sa nationalisation prochaine. Les partenaires sociaux devraient à cette occasion perdre les contributions financières du régime à leur propre fonctionnement. 

Étatisation de l'assurance-chômage: un processus décennal

Le principe de l'étatisation de l'assurance-chômage n'est pas nouveau. Il a commencé dès 2017 avec la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC, décidée par Nicolas Sarkozy. La création de Pôle Emploi a alors marqué une étape essentielle dans la reprise en main du dispositif par l'État. Les mesures annoncées par Emmanuel Macron sont donc une continuité et non une rupture. 

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