Auto-entrepreneurs et ubérisation: Novelli ne regrette rien

Hervé Novelli nous a accordé une longue interview sur les auto-entrepreneurs et leur destin dans l'histoire économique française. L'inventeur de cette forme nouvelle de travail ne regrette rien et explique son point de vue. 

Il ne se passe pas un jour sans que l'actualité ne cite le cas de jeunes auto-entrepreneurs, en réalité étudiants qui travaillent pour payer leurs études, employés à la journée par des plate-formes collaboratives dans des conditions qui font polémique. C'est le cas de Deliveroo qui assure des livraisons de repas. 

L'actualité montre que l'invention de l'auto-entreprenariat, en 2009, par Hervé Novelli, alors ministre du gouvernement Fillon, dans des conditions qu'il nous détaille, est devenu un puissant ferment pour le développement de ces nouvelles formes de travail. Il était donc intéressant d'interviewer le père fondateur de ce système sur le devenir d'une mesure vilipendée. 

Initialement, une mesure de simplification

Le récit d'Hervé Novelli est intéressant dans la mesure où il illustre la façon dont une mesure de circonstance peut se transformer, sans que la volonté des décideurs ne puisse agir, en transition historique majeure. Initialement, Hervé Novelli voulait simplifier l'accession à l'entreprenariat. Chemin faisant, un engouement s'est manifesté, qui dépassait ce simple cadre.

Accompagner la fin du salariat

En réalité, la création du statut d'auto-entrepreneur a rencontré l'inclination française à la fin du salariat. Un nombre grandissant de salariés subordonnés à un employeur ont la tentation de s'émanciper en créant leur propre entreprise, sans pour autant disposer des moyens d'investir lourdement. Le statut d'auto-entrepreneur a répondu à leur attente grâce à sa simplicité.

Un statut combattu par les insiders

À juste titre, Novelli déplore le combat de fond mené par les insiders contre l'émergence de ce nouveau statut. Depuis 2008, les forces "installées" comme le mouvement des artisans ou les représentants du bâtiment luttent pied à pied pour marginaliser au maximum cette innovation qui bénéficie à plusieurs centaines de milliers de Français. 

La décision annoncée par le gouvernement de dissocier le seuil d'imposition des auto-entrepreneurs et la franchise de TVA participe de cette volonté de "briser" l'ouverture des Français vers l'esprit d'entreprise. 

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