Aux « gilets jaunes », les hiérarques syndicaux préfèrent le show-biz

Comme le savent nos lecteurs, les dirigeants des principales confédérations salariales ne se sont pas particulièrement illustrés par leur soutien aux Français qui ont pris part, et continuent pour certains de le faire, au mouvement des « gilets jaunes ». Il faut dire qu’ils préfèrent garder des forces pour défiler, samedi prochain, aux côtés de représentants de la société du spectacle. 

Gilets jaunes

Un combat, certes, syndical

Dans une tribune publiée hier dans le Monde, plusieurs responsables syndicaux, dont Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT et François Hommeril, le président de la CFE-CGC, dénoncent les « violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes au travail » et appellent à manifester samedi prochain afin de se faire entendre sur ce sujet. Formulé comme tel, l’enjeu relève, indiscutablement, du champ d’action syndical, puisqu’il concerne spécifiquement un problème en lien avec le travail. MM. Berger, Martinez et Hommeril, qui ont critiqué le mouvement des « gilets jaunes » parce qu’entre autres choses, il ne mettait pas en avant des revendications liées au monde du travail, donnent ainsi l’exemple en défendant une cause féministe en lien avec le monde du travail. Jusque-là, rien d’anormal. 

Un appel bien peu syndical

C’est en y regardant d’un peu plus près que les choses en viennent à se gâter. A l’origine, la manifestation de samedi prochain est en effet organisée à l’appel du collectif « NousToutes ». Son objectif ? « En finir avec les violences sexistes et sexuelles ». Aucune référence au marché du travail donc. Plus encore, outre le soutien de responsables syndicaux, cet appel du collectif « NousToutes » a surtout reçu le soutien de nombreux représentants de la société du spectacle, qui ont publié une tribune dans deux organes autorisés de l’Etablissement : Mediapart et France Inter. Là encore, aucune référence n’est faite au cas spécifique du marché du travail. Autrement dit : alors qu’ils ont dénigré le mouvement des « gilets jaunes » comme étant étranger au combat syndicat, nos trois hiérarques syndicaux se sont empressés d’appuyer une manifestation qui n’a pourtant elle non plus rien à voir, dans sa genèse, avec le syndicalisme. 

Deux poids, deux mesures

A vrai dire, il ne sera guère difficile de comprendre les raisons de ce curieux paradoxe. On conçoit aisément qu’il est plus agréable de défiler aux côtés d’individus subtils et sophistiqués afin de défendre des causes nobles et flatteuses que de tenir des barrages aux côtés du petit peuple, plus « brut de décoffrage » et porteur de mots d’ordre plus prosaïquement matériels. Aux premiers : faire la cour ; au second : afficher son mépris. Ainsi agissent aujourd’hui les hiérarchies syndicales françaises. Dans une telle configuration, qui s’étonnera vraiment du fait que les Français, dans leur grande majorité, n’accorde plus aucun crédit ou presque à ce que racontent les dirigeants syndicaux ? 

On conçoit aisément qu’il est plus agréable de défiler aux côtés d’individus subtiles et sophistiqués afin de défendre des causes nobles et flatteuses que de tenir des barrages aux côtés de petites gens plus « brutes de décoffrage » et porteurs de mots d’ordre plus prosaïquement matériels.

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