Avec sa mini-fronde anti-ENA, Emmanuel Macron montre qu’il est un président comme les autres

Le système de l’ENA permet que les quinze premiers élèves de chaque promotion puissent choisir librement leur affectation. Seulement, Emmanuel Macron, lui-même énarque, souhaite s’attaquer à ce dispositif en faisant en sorte que les nouveaux diplômés « tiennent compte des priorités gouvernementales. » Une inttention qui montre qu’Emmanuel Macron n’est absolument pas en rupture avec les anciens chefs d’Etat. 

Alors que l’emploi du temps du chef d’Etat était plus que serré ce lundi 22 janvier, Emmanuel Macron en a profité pour faire un passage à la Cour des comptes où il a affirmé vouloir s’attaquer au système de classement de l’ENA.

La fin du libre-choix d’affectation ?

Actuellement, les quinze premiers élèves peuvent choisir librement et sans restriction leur affectation. Une situation qui ne ravit pas du tout le président de la République (voir encadré ci-contre).

Le Monde rapporte un usage officieux dans l’ENA qui veut que les premiers élèves choisissent d’abord l’Inspection générale des finances, la Conseil d’Etat puis la Cour des comptes, devant laquelle Emmanuel Macron a fait son discours. Nul doute que ses représentants ont dû apprécier…

En somme, le chef d’Etat veut que des ministères moins huppés, comme celui de l’éducation nationale ou des affaires étrangères, puissent profiter des meilleurs éléments, sachant qu’ils accusent « des problèmes de ressources.« 

Emmanuel Macron, meilleure incarnation du système

Si le chef d’Etat veut se doter d’une image en rupture avec ses prédécesseurs en affirmant pouvoir réformer ce système, la réalité est toute autre. Il faut d’abord rappeler qu’Emmanuel Macron qui dit vouloir combattre le système, est sûrement celui qui l’incarne le mieux. Lui-même énarque, il sort 5e de la promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004) avant de choisir comme affection… l’Inspection des finances. Comme le hasard est bien fait.

Nicolas Sarkozy, qui n’était pas énarque, s’était essayé à réformer l’ENA. Mais le texte de loi proposé n’avait pas passé les obstacles du Parlement, du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel. François Hollande, qui lui est issu de la promotion Voltaire, s’y était aussi essayé avant de jeter l’éponge. 

Un président comme les autres

La composition du gouvernement montre bien le désamour notoire qu’il peut y avoir entre Emmanuel Macron et l’ENA puisque seuls deux de ses ministres sont passés par ses bancs. Cependant, du fait de la sur-représentation de ce parcours « plutôt classique » dans les autres administrations, on voit mal comment la refonte du système puisse prendre forme.

Emmanuel Macron a déjà dû préciser qu’il ne s’agissait pas de supprimer le classement mais « d’un appel à ce que les grands corps aillent servir là où il y a de vrais besoins pour la République dans les ministères moins bien dotés.« 

Manque d’ambition ou confirmation à demi-mots du système actuel ? Il est encore trop tôt pour le dire, néanmoins, face à un possible échec, Emmanuel Macron prend le chemin qu’a emprunté ceux avant lui. Au point que l’on se dit qu’Emmanuel Macron n’est qu’un président parmi d’autres.

Je souhaite très profondément que les fonctionnaires des grands corps se frottent au réel, choisissent des défis difficiles, relèvent les défis du terrain à chaque étape de leur carrière Je souhaite que la sortie de l’ENA, comme la carrière durant les premières années, puissent être modifiées pour tenir compte des priorités gouvernementales.

Emmanuel Macron

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