Le balancier, par François Baudillon

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Cet article provient du site Ambipolis.

On aurait mauvaise grâce à ne pas saluer l’optimisme béat de la France macronisée. On est passé en quelques semaines d’un pessimisme excessif, quasi dépressif, du désenchantement à l’enchantement,  à une confiance aveugle sur l’air de «Tout va très bien, madame la marquise.» Comme si tous les français étaient devenus bi-polaires. Pourvu que ça doure ! Il faut se méfier des effets de balancier.

Le pari d’Emmanuel Macron, c’est qu’il y a effet de balancier quand on va aux extrêmes, de l’extrême gauche à l’extrême droite ou inversement. Pas quand on a un président, un gouvernement et une majorité présidentielle de gauche et de droite, capables de faire tout et son contraire. En fait ce n’est pas aussi simple. L’ambiguïté ne peut éviter des déceptions.
Donc tout dépendra des résultats. Il va falloir vendre les résultats de la loi sur la moralisation dont le projet de loi sera présenté au conseil des ministres  par Marielle de Sarnez et Richard Ferrand (voir texte du mercredi 31 mai). Puis de la réforme du code du travail de la nouvelle politique économique qui devrait pouvoir bénéficier de la fin d’un cycle de conjoncture économique favorable jusqu’à la fin de l’année. Mais on sait qu’il y a toujours un décalage de 6 mois à un an entre les statistiques macroéconomiques de croissance et de chômage et l’amélioration ressentie individuellement.
En attendant, il y aura beaucoup d’autres dossiers qui pourraient entamer l’optimisme béat de ce second trimestre : la hausse de la fiscalité  (dont le 1,7 % de plus pour la CSG qui n’aura pas de contrepartie pour les retraités notamment) ; la hausse de la dette (texte de Jean-Loup Arnaud la semaine prochaine à l’occasion des rapports de la Cour des Comptes). Et puis les vagues migratoires et les prochains attentats.
Emmanuel Macron peut espérer masquer ces difficultés par son aura personnelle et surtout par son autorité, sa stature présidentielles sur le plan européen et international. Si ce n’est que pour le moment ce n’est qu’un magister de la parole et de l’image, de type Paris Match. Cause toujours. Il est vrai que paradoxalement il communique aussi bien que Donald Trump (qui n’était pas au départ le modèle d’En Marche !), mieux que Theresa May et Angela Merkel qui sont des femmes d’expérience. Face à Poutine, accueilli à Versailles l’échange aurait été «franc et direct». Dont acte. Le président Français n’a pas ménagé ses reproches à l’égard du président Poutine, tout en laissant selon les commentateurs «la porte ouverte». Un homme formé au KGB saura la refermer si c’est son intérêt et celui de son pays.
Il se peut que le balancier reste bloqué pendant plusieurs années et que le président soit réélu en 2022, quels que soient les résultats. Les paris sont ouverts. Charlie Hebdo a déjà répondu avec sa une montrant Macron très vieux avec l’urne de son épouse dans les bras et ce titre : «  Il ne faudrait pas faire un mandat de trop. »
Finalement la seule question pour nos enfants et petits enfants est la suivante : la macronmania survivra-t-elle à Emmanuel Macron ?

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