Baroin incarnera-t-il l’alternance? par François Baudillon

François Baudillon est l'un des animateurs du blog Ambipolis, où cet article a été publié.

François Baroin tenait meeting samedi dernier au parc Floral. Les sympathisants présents voteront tous pour le candidat LR-UDI qui se présentera dans leur circonscription. Mais quid des 60% de sympathisants de droite et du centre qui selon les sondages souhaiteraient le succès du mandat du président Emmanuel Valls (pardon Macron) et pourraient donc voter dans certains cas pour le candidat investi «République En Marche» ?

François Baroin n’a pas manqué d’insister sur un point essentiel : si selon certains commentateurs le programme LR-UDI amendé (¾ Fillon, ¼ Juppé) n’est pas très différent de celui de la majorité présidentielle, à part la fiscalité et la hausse de la CSG, pourquoi le président et son Premier ministre ne proposent-ils pas avant le 11 juin d’adopter le programme LR-UDI comme programme commun de cette grande alliance qui semble tant plaire aux français ?

On sait en fait qu’il y a autant, sinon plus, de points de désaccords que de points de convergence au-delà des pétitions de principe et des postures. Mais malheureusement les français ne votent plus pour des propositions, des mesures concrètes, correspondant à l’intérêt général, mais seulement à leur situation personnelle : certains considèrent que l’exonération de la taxe d’habitation compensera pour eux la hausse de la CSG.

Et puis il y a surtout cette illusion à laquelle ils sont accrochés : en sortant ceux qui ont échoué, en prenant des plus jeunes ou en recyclant des vieux qui n’ont pas tenu récemment la barre au plan national, en faisant appel à la société civile (en un seul mot, même pour des sympathisants et soutiens socialistes de longue date) et à toutes les bonnes volontés, on va y arriver, en restant optimistes, en ne critiquant pas. Méthode Coué rajeunie ? On verra.

Mais si le chômage ne baisse pas fortement et rapidement, si le pouvoir d’achat stagne, voire régresse, si l’immigration n’est pas maîtrisée, si l’éducation continue de se dégrader, s’il y a de nouveaux attentats, ce bel unanimisme se brisera. Et alors ce sont ceux qui auront participé à  cet espoir déçu, à cet optimisme à marche forcée qui seront accusés et vilipendés.
Alors tous les cocus de cette élection présidentielle et de ces élections législatives si elles ne sont qu’un premier référendum pro-président tout puissant dont les premiers marcheurs qui doivent être étonnés d’avoir marché pour voir Bruno Le Maire et Gérard Darmanin à Bercy et Marielle de Sarnez frétiller auprès d’un Jean-Yves Le Drian gêné seront dans le même bateau qui vacille. Vers qui pourront-ils se rassembler après ? Vers les prétendus patriotes comme Henri Guaino et Nicolas Dupont-Aignan, sous la houlette du FN ? Vers la gauche de la gauche sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon ? Ou vers une droite et un centre droit qui auront résisté avec l’appui des trois sages (Sarkozy, Fillon et Juppé) et avec la force des plus jeunes qui n’auront pas été compromis dans un nouveau naufrage.

François Baroin fera-il partie de ceux- là ? Il a beaucoup de qualités pour incarner une alternance. Maintenant ou plus tard ? Aux français de décider.

Il a eu des formules qui résonnent et résonneront pendant un certain temps telles que : «Les républicains ne marchent pas à genoux… La démocratie, ce n’est pas le mercato gouvernemental…  Nous ne serons pas des pions sur un jeu d’échecs… Être dans le vent, c’est avoir un destin de feuilles morte…» Et bien d’autres encore. D’aucuns rétorqueront : «Ce ne sont que des mots, des formules.» Certes. Comme les formules de Valérie Pécresse s’adressant à La République En Marche : «Vous n’avez pas le monopole du renouvellement … La tisane d’En Marche ne suffira pas.» Avec deux citations : «Un long avenir demande un long passé.» (Balzac) «Le caractère, c’est ce qui compte dans les temps difficiles (André Malraux).  Sans oublier la formule d’un des jeunes candidats en Île-de-France qui n’a jamais été député (comme 60% des candidats LR et UDI au total) : «Nous avons besoin d’un Parlement fort, et non d’un fan club.»

Le mot de la fin fut celui de l’animatrice de ce meeting, Florence Portelli, qui fut porte-parole de François Fillon et qui fait partie du conseil régional d’Île-de-France, imaginant dès le début de cette réunion l’article 1 de la nouvelle Constitution macronienne : «La pensée est unique et indivisible.» 

François Baroin fera-il partie de ceux- là ? Il a beaucoup de qualités pour incarner une alternance. Maintenant ou plus tard ? Aux français de décider.
Qu'est-ce qu'Ambipolis? Ce blog est destiné à celles et ceux qui ne sont pas hémiplégiques politiquement et culturellement, qui n'encensent ou ne critiquent pas une mesure uniquement en fonction du parti politique qui la défend ; qui ne sont pas pour uniquement parce qu'ils sont contre...

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