Bayrou, prochain sur la liste du renouvellement

François Bayrou a décidé de faire de la résistance dans la machinerie macronienne. Assez naturellement, il devrait faire les frais d'un remaniement ministériel la semaine prochaine. 

Il est bien marrant, François Bayrou, avec sa trinité. Selon lui, il y a les actes du président du Modem, ceux du garde des Sceaux et ceux du citoyen qu'il serait resté. Voilà qui fleure bon la messe du dimanche dans le Béarn. 

Ainsi, quand il plaide sur Twitter en faveur de Marielle de Sarnez, mise en difficulté dans une enquête judiciaire, il explique que les tweets du président du Modem n'engagent pas le garde des Sceaux. Quand il appelle un responsable de l'information sur RadioFrance, après une enquête sur son cas, il explique que les coups de téléphone du citoyen Bayrou n'engagent pas le garde des Sceaux. Génial!

C'est encore mieux que le père, le fils et le saint-esprit. 

Bayrou est-il capable de renouvellement?

Tout le pari est évidemment de savoir si François Bayrou, vieux routard de la politique, est "renouvelable" en tant que tel. Le bonhomme, qui ne manquait pas d'un mot acide contre Macron il y a encore six mois, n'est en effet ni né de la dernière pluie ni grand expert en pratiques renouvelées. Il serait même plutôt du genre à incarner l'ancien monde, avec ses billards à quinze bandes et son état d'esprit délétère. 

S'il ne tenait pas Macron avec les 6 points qu'il est convaincu de lui avoir apporté à la présidentielle, il aurait probablement disparu des écrans radar. Et, selon toute vraisemblance, Macron doit abondamment maudire les dieux aujourd'hui d'avoir placé Bayrou sur son chemin, dans le rôle du premier rallié de droite à En Marche. 

Le président doit donc arbitrer aujourd'hui entre garder Bayrou pour éviter la création d'un groupe Modem à l'Assemblée la semaine prochaine, qui jouera le rôle de frondeurs, ou bien le lâcher et se promettre à un quinquennat où son opposant le plus virulent sera l'un de ses premiers alliés. 

Pas facile, ce choix-là!

L'hypothèse de l'élimination

De deux choses l'une, donc. 

Soit Macron tolère l'exception Bayrou dans son gouvernement. Dans cette hypothèse, il évite facialement un groupe Modem à l'Assemblée, qui pourrait se comporter en frondeurs. Mais... le frondeur est dans son gouvernement, et il s'apprête à devoir gérer des couacs à répétition. 

Soit Macron ne veut pas gérer un gouvernement avec des couacs à répétition et il se sépare, la semaine prochaine, de François Bayrou. À de nombreux égards, cette hypothèse est même souhaitable, puisque Bayrou ne manquera pas de créer son groupe parlementaire dans la foulée... devenant ainsi le premier opposant au gouvernement qu'il aura quitté. 

L'avantage pour Emmanuel Macron est de recréer une cohésion dans le groupe parlementaire d'En Marche en réduisant sa voilure. L'inconvénient est de fissurer l'apparente image de rassemblement qui colle au président.

Le lent glissement de Bayrou vers la sortie

Souvenons-nous qu'à l'issue des présidentielles, Bayrou avait méchamment grogné sur les investitures d'En Marche. Le discours avait été violent. Désormais, face à une marginalisation politique probable s'il reste au gouvernement, il a sans doute intérêt à retrouver des marges de manoeuvre en prenant la tête de son groupe. 

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