Les bons éleveurs de France arrivent à peine à vivre

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Cet article est paru sur Paysan Breton.

L’élevage de Michel Sauvage fait partie des meilleurs français en génétique. Le système d’exploitation est performant, les charges sont maîtrisées. Mais la crise laitière laisse un goût d’amertume à l’éleveur, inquiet pour l’avenir de son secteur.

Michel Sauvage s’est installé en 1990 à Taillis, commune située au nord de Vitré, à l’est du département d’Ille-et-Vilaine. Au fil du temps, l’exploitation reprise après ses parents s’est agrandie, passant de 30 à 65 ha cultivés, de 200 000 à 550 000 L de lait produits, de 60 à 150 animaux élevés. Comme beaucoup d’autres éleveurs, Michel Sauvage est passionné par son métier, par les vaches, par la nature… Un chef d’entreprise libre, soucieux de faire lui-même ses propres choix.

Un homme qui réfléchit à la cohérence de son système pour en vivre le mieux possible. « Avec les quotas, on me figeait mon revenu. J’ai donc décidé dès mon installation d’améliorer la génétique de mes Holstein qui avait déjà été travaillée par mes parents. Et j’ai commencé à vendre des vaches en lait pour me diversifier. L’élevage de génisses est adapté à mon système. » Aujourd’hui, environ 6 veaux mâles issus de l’exploitation sont génotypés chaque année par le schéma de sélection. Deuxième taureau français confirmé en Isu, Felikan est né sur l’élevage. Un autre mâle, du nom de Laitier, est actuellement placé dans les meilleurs taureaux génomiques.

Génétique la plus complète d’Ille-et-Vilaine

Récemment, Michel Sauvage a reçu le nouveau prix mis en place par Holstiva (syndicat des éleveurs Prim’Holstein d’Ille-et-Vilaine), visant à récompenser l’élevage le plus complet. Cumulant les « bonnes notes », il fait partie des 10 % meilleurs du département pour l’Isu, l’Inel, l’index morphologie, l’index reproduction, le lait brut, le TP et la note globale. Au niveau national, l’éleveur s’est par ailleurs placé en 3e position sur le concours de la « vache de l’année », organisé par Prim’Holstein France. Il récompense la rentabilité, en faisant une synthèse des critères de production, fertilité, longévité et morphologie.

« J’aime aller chercher mes vaches, les observer, les traire… J’aime me balader dans la nature »Michel Sauvage

Ces trophées font plaisir à l’éleveur. Mais ils sont accompagnés d’amertume tant la crise qui touche le secteur laitier est sévère. « Les prix sont totalement déconnectés de la réalité. Par rapport à une année moyenne, je perds sur un an 40 000 € sur la production laitière. Sur la vente de vaches en lait, la baisse de chiffre d’affaires est de 15 000 €, avec 500 € en moins par vache au bas mot. Réformer davantage ne serait pas mieux vu les cours de la viande. Sur mes 15 ha de blé, je vais perdre 5 000 €, avec 20 q en moins/ha. La valeur de mon capital, de mes vaches chute aussi… »

« On n’a pas de revenu »

Difficile effectivement de rester optimiste, de continuer à y croire… « On n’a pas de revenu. Nos compétences ne sont pas valorisées. Les exigences diverses imposées aux agriculteurs et contrôlées doivent être rémunérées… », se fâche l’éleveur âgé de 52 ans. « Je dois pouvoir vivre de mon travail. Comme les autres parents, je veux donner les moyens à mes quatre enfants de s’épanouir. » Sur l’exploitation, les charges sont pourtant pensées et pesées. « Je continue à utiliser une stabulation laitière mise en place par mes parents en 1975. Les bâtiments sont optimisés et les investissements en matériel ont été limités ».

L’EBE par UTH est regardé

Plutôt que de se focaliser sur le coût alimentaire (élevé sur l’exploitation du fait de l’emploi de produits nobles), Michel Sauvage regarde l’EBE/UTH. Depuis une quinzaine d’années, il travaille avec l’entreprise TMCE (Technique minérale culture élevage). « Ils m’ont aidé à aborder le système dans son ensemble, de la performance du sol au lait. » Leurs produits à base de minéraux permettent de réguler la flore microbienne au niveau des animaux, du sol et du lisier.

Les vaches produisent 11 000 kg de lait brut tout en gardant la forme, sans ajout de vitamines ou de propylène glycol. Les engrais chimiques sont limités, les traitements phytosanitaires également. « En même temps que les binages sur maïs, je sème un couvert de RGI. » Depuis toujours, l’organisation du travail est une autre priorité.

Le goût de l’ouverture
L’ouverture est primordiale pour Michel Sauvage qui a le goût du débat, de la confrontation des points de vue. « Il ne faut pas se refermer sur nos exploitations », pense l’éleveur. Ses responsabilités à l’extérieur (1er adjoint de sa commune et administrateur à Eilyps) lui demandent l’équivalent d’un mi-temps. Depuis trois ans, il emploie un salarié à 70 % dans le cadre d’un groupement d’employeurs.
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3 commentaires sur Les bons éleveurs de France arrivent à peine à vivre

  1. 150 bêtes, trop gros à mon avis, et condamné.
    Même les vaches laitières finissent en steak : 13.500 litres d’eau pour 1 kg de viande de bœuf
    http://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/eau-faut-il-litres-eau-produire-932/

    Et, très mauvaise pour le climat :
    http://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/rechauffement-climatique-ecologie-consommation-viande-elle-mauvaise-climat-918/

    C’est curieux qu’il y est si peu de personnes qui parlent du lien entre réchauffement climatique et élevage. Le lobby de la viande est très puissant apparemment. Qui dit élevage, dit aussi terres pour l’agriculture. Et là, c’est le phosphore qui va poser problème d’ici peu.

    Vous nagez à contre-courant…..

  2. Ne perdez pas de vue que les végétariens, végans avancent leurs pions à chaque scandale. Comme ils bannissent tout produit animal, le lait en fait partie, le miel aussi pour certains.

    D’un autre côté, il y a aussi les anti-laits. Le lait provoquant de nombres maladies d’après-eux et n’étant pas indispensable : “le lait, c’est pour les veaux !”
    Il faudrait une étude sérieuse sur ce sujet, et non une étude des vendeurs de compléments alimentaires ou des végan. D’autant que beaucoup de personnes possèdent encore la protéine servant à la digestion du lait.

    Personnellement, j’en bois sans problème, mais je n’en bois plus de grands bols comme lorsque j’étais petite et que je vivais dans une famille qui élevait des vaches. Il est donc possible que si les éleveurs se rapprochaient des personnes ils vendraient plus de lait, mais ceci nécessite des élevages plus petits et variés (vaches, poulets, cochons, etc…).

    L’abattage à la ferme commence à se mettre en place, mais très peu le pratique encore.
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-28-juin-2016
    https://abattagealternatives.wordpress.com/
    https://www.facebook.com/Quand-labattoir-vient-%C3%A0-la-ferme-1684101585156112/
    http://blog.afaad.net/les-eleveurs-parlent-de-labattoir/
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-18-juin-2016
    http://www.bretagne-durable.info/eleveurs-refusent-denvoyer-leurs-betes-labattoir
    http://www.liberation.fr/debats/2016/03/30/une-mort-digne-des-animaux-d-elevage-c-est-possible_1442895
    http://www.rtsfm.com/actu/1456815420agriculture-face-aux-derives-des-abattoirs-un-collectif-demande-lautorisation-de
    http://www.huffingtonpost.fr/stanislas-kraland/videos-de-l214-il-est-urg_b_10740200.html?utm_hp_ref=france
    En Suisse aussi :
    http://www.fibl.org/fr/medias/archives-medias/archives-medias16/communique-medias16/article/weideschlachtung-gesetzlich-erlaubt.html
    https://agriculture-natpro.be/2016/07/11/abattage-en-prairie-quand-des-eleveurs-se-font-chasseurs-pour-eviter-a-leurs-animaux-le-stress-de-labattoir/
    http://www.tdg.ch/suisse/Les-vaches-bio-pourront-tre-abattues-dans-les-prs/story/20640948
    http://www.web-agri.fr/conduite-elevage/sante-animale/article/pour-eviter-le-stress-la-suisse-autorise-l-abattage-a-la-ferme-au-fusil-1184-120803.html
    https://www.youtube.com/watch?v=8o0kVCL0rck

    Donc, si cet éleveur veut vivre de son travail, il doit absolument changer ses façons de voir l’avenir et ce très rapidement. Quitte à faire livrer sa viande, son lait, par un organisme type “La ruche qui dit oui” ou même les AMAP. Pour les AMAP, ça risque d’être plus difficile puisqu’il y a contrat à l’année. Mais rien n’est impossible.

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