Brigitte Macron , toute la magie de l’Orient, once again, par Charlotte Dareau

Nous publions aujourd’hui le huitième chapitre de nos chroniques junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

Après la Chine, voici que nos Dieux ont déployé leurs fastes en Inde, autre pays des Dieux. Tous mes collègues chroniqueurs ont fait le rapprochement, un peu naïvement sans doute : la visite en Inde serait la suite logique de la visite de janvier dernier en Chine. Je dis « naïvement » parce qu’en réalité, tout est fait pour qu’ils fassent justement ce rapprochement et que les foules éblouies voient la splendide continuité de la ligne jupitérienne  : « Jupiter et Junon découvrent l’Orient et ses merveilles, et éblouissent la planète entière », voilà le pitch, le storytelling, comme on dit de nos jours. Nous ne sommes plus dans le domaine des relations internationales, ni même de la politique, à moins que l’on ne conserve que la partie politique-spectacle…

La machine olympienne est désormais bien rodée. Le prétexte officiel au déplacement est toujours économique bien sûr, des contrats, des échanges et des petits accords, car cela fait plus sérieux, mais les visites d’Etat de Jupiter sont en fait là pour nous  donner à voir une mythologie- « en marche » bien évidemment- et tous les chroniqueurs – sauf votre servante qui veut garder son insolence pour décrypter ces moments, et surtout s’amuser un peu – sont convoqués pour apporter leur contribution écrite et photographique à l’édifice mythologique qui se joue comme un spectacle permanent.

Il faut souligner l’habileté de notre couple divin : arrivant juste après la visite mémorable, – car ridicule – du Premier Ministre canadien, ils ont consciencieusement évité les écueils qui ont fait se fracasser celui que pourtant beaucoup comparaient encore il y a peu à notre Jupiter. Il n’y a pas photo, c’est le cas de le dire. D’un côté, une famille de bobos occidentaux déguisés, de l’autre, la classe, l’élégance, le rayonnement ; bref, Jupiter et Junon en majesté.

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

Avec notre couple divin, tout est finalement communication, technique et théâtre, et gare aux insolentes – j’ai peur, je tremble – comme cette journaliste de Quotidien qui, lors de la conférence de presse, a osé interroger Jupiter sur le caractère « privé » de la visite du couple au Taj Mahal, à laquelle n’avaient accès « que » les journalistes. La photo qui illustre le début de cette chronique nous laisse effectivement rêveurs sur le caractère spontané et « privé » du moment « intime » qu’elle est sensée illustrer. Bon, c’est vrai, Jupiter y fait un peu petit garçon que sa Maman-a-emmené-faire-une visite-très ennuyeuse-mais-il-doit-être-sage car ce n’est pas fini. Par contre, je trouve notre Junon très touchante dans ce geste maternel du réajustage de cravate : François Hollande a manqué d’une telle attention pendant cinq longues années. Je pense pour ma part que Junon, qui a des lettres, s’est laissée à rêver à son Moghol Blanc, et que cette photo lui servira de marque-pages de retour sur l’Olympe.

A propos de vêtements, c’est justement là que les plumitifs au service de la geste jupitérienne atteignent le pinacle : une visite d’Etat devient, avec eux –sont-ils tous en service commandé pour Mimi Marchand ?- le prétexte à une revue de mode et cela n’est pas réservé aux journaux les plus insignifiants. Ils avaient commencé ce travail en Chine et l’on constate avec l’Inde, que cela devient un élément essentiel du compte-rendu des voyages officiels. Le Figaro va même jusqu’à élaborer la notion de « diplomatie des couleurs » pour donner du sens aux choix vestimentaires de Junon.  On croit rêver…

On apprend aussi, au détour d’un article de fond du journal sérieux par excellence, que notre Jupiter, las sans doute de la pensée platonicienne qui règne sur l’Olympe, fait ses délices du Dharma et de Ghandi, ainsi que de pleins d’inconnus qui inspirent la pensée interstellaire de notre dieu. On notera la remarque sur « l’étalage de livres sur le bureau » : j’espère en effet que ce n’est pas que de la déco placée là par Junon, déguisée en Superprof, et on se demande si ce vilain journaliste indien, le perfide, ne se risque pas jusqu’à semer le doute sur la question. En tous cas, on relève que les mots sacrés – telles les vaches du même métal – figurent dans la pensée jupitérienne : responsables,  le changement , le pluralisme, la démocratie…

Tout cela est beau comme l’antique mais j’en retire le sentiment que cela fait un peu toc, à force d’être rabâché et médiatisé. L’Orient peut être trompeur mais Junon et Jupiter en jouent très bien.

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