Brügger & Thomet, fabricant du LBD, qui vendait illégalement des armes au Kazaksthan

L’armurier suisse qui fabrique le tristement célèbre LBD 40, en dotation chez les agents qui assurent le maintien de l’ordre en France, traîne plusieurs casseroles. A plusieurs reprises, Brügger & Thomet s’est retrouvé impliqué dans du trafic d’armes et de l’importation illégale d’armement. 

Dernièrement, nous mettions en lumière le conflit qu’il existait entre le gouvernement et le fabricant suisse Brügger & Thomet, qui fournit en l’occurrence, le tristement célèbre LBD 40, arme sub-léthale rendu coupable de causer de nombreuses blessures graves aux manifestants présents dans les mouvements Gilets Jaunes.

Seulement, l’entreprise basée à Thoune, reste un célèbre fabricant d’armes, bien létales cette fois-ci. Ainsi, l’armée de l’air allemande dispose par exemple du pistolet mitrailleur MP9. Le 4e régiment de parachutistes italien utilisent, quant à eux, des silencieux produits par l’entreprise suisse. 

Bien implantée, l’entreprise a aussi été plusieurs épinglées pour diverses controverses qui n’ont pas empêchées le gouvernement français de choisir cet armurier.

Trafic d’armes, zones de conflits et contrebande

En 2014, le Ministère public fédéral Suisse rendait une ordonnance pénale contre Karl Brügger, président de l’entreprise par avoir vendu illégalement des armes au Kazakhstan. La technique était, semblait-il, bien rodée. L’armurier qui avait reçu un refus d’importation en 2008, avait finalement conclu un accord de vente en Nouvelle-Zélande tout en sachant que les armes finiraient leur course en Asie centrale. En 2018, l’entreprise est condamnée à une amende de 3 000 francs suisses soit 2 641€.

Les armes suisses sont aussi connues du côté de l’Afrique. D’abord en République Démocratique du Congo où, en janvier 2018, alors que la répression des marches laïcs chrétiens est très forte, de nombreuses munitions SIR sont utilisées contre les manifestants. Pour rappel, les munitions SIR sont les cartouches en caoutchouc du LBD 40 fournies par Brügger & Thomet. 

Plus récemment, lance-grenades, dont sont dérivés les LBD 40, étaient vendus en Syrie, du côté de Tripoli. Une information confirmée par le centre australien de recherches sur les armes ARES. La société publique suisse de défense RUAG et le fournisseur Brügger & Thomet ont tous les deux confirmé qu’ils s’agissaient bien de leurs armes. Pour autant, ils ne fournissaient aucune explication sur la façon dont ces armes étaient arrivées en Syrie.

Le fabricant avait aussi été mêlé à une affaire d’importation d’armes de contrebande. En août 2016, la garde civile met la main sur une cargaison de 737 fusils d’assaut et 72 armes anti-émeutes en provenance du Ghana. « La cargaison était déclarée comme des « armes démontées », mais tout était encore dans l’emballage d’origine et prêt à l’emploi » explique la RTS. 

Le contrat conclut entre le fabricant et le Ghana était de 1,5 millions de francs suisses. Les armes ne sont jamais arrivées. Mieux, elles devaient partir aux Etats-Unis. Pour quelle raison ? Là encore, Brügger & Thomet avait assuré que la transaction avait été approuvée par le département Fédérale des Affaires Étrangères et le Secrétariat d’État à l’économie.

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