Bruno Roger-Petit, ou la presse subventionnée jusqu’à l’écoeurement

Bruno Roger-Petit, éditorialiste de Challenges, vient d'être nommé porte-parole de l'Élysée. Cette nomination constitue un aboutissement logique pour un journaliste épinglé par sa propre rédaction pour son soutien excessif à Emmanuel Macron durant la campagne électorale. Dans la France de Macron, la subordination de la presse au pouvoir atteint des sommets. 

Durant la campagne électorale, tous ceux qui ont osé interroger ouvertement les relations de subordination malsaine entre Emmanuel Macron et la presse subventionnée ont fait l'expérience du bannissement. Pourtant, l'entourage de celui qui est devenu Président n'a pas ménagé les pressions outrancières vis-à-vis de tout ce qui ne se montrait pas complaisant à l'égard de leur candidat. 

Il n'aura pas fallu trois mois pour que les pots aux roses apparaissent. L'un des éditorialistes les plus courtisans envers le candidat Macron vient d'être nommé porte-parole de l'Élysée. 

Cette collusion était bien connue avant même l'élection du Président. Mais il était de fait impossible de l'aborder publiquement sauf à passer pour complotiste, ou fasciste, ou je ne sais quoi de peu enviable.

Étrange destin d'un pays où le déni des évidences atteint parfois des paroxysmes de fièvre paranoïaque. 

Challenges, l'un des titres les plus subventionnés au numéro

On notera avec amusement que Bruno Roger-Petit est un habitué de la subvention publique. Dès aujourd'hui, il vit avec l'argent du contribuable pour défendre chaleureusement un Président qu'il avait qualifié, dans l'un de ses éditoriaux, d'intellectuel. Mais hier déjà, il était rémunéré par le contribuable... partiellement en tout cas. 

Challenges est en effet l'un des titres les plus subventionnés de France. Au numéro en tout cas. On nous permettra de souligner que cette façon de subventionner la presse constitue quand même une vilaine manie qui instaure, qu'on le veuille ou non, un rapport de subordination de la presse envers les pouvoirs publics au sens large. 

On vient d'en avoir une nouvelle preuve avec ce nouveau porte-parole de l'Élysée. 

Des subventions pour faire taire la vraie presse?

La subvention à la presse est un cercle vicieux. 

La presse subventionnée est ennuyeuse, convenue, courtisane, consensuelle. Elle se croit sérieuse. Mais elle est si rasoir que personne ne l'achète. Sans subvention, elle est condamnée à mourir. 

Plus elle est subventionnée, moins elle fait d'efforts pour répondre aux attentes de ses lecteurs, et plus elle est rasoir. 

Par un étrange retournement des valeurs, ceux qui ennuient leurs lecteurs et survivent grâce aux subventions du pouvoir se présentent volontiers comme les garants de l'indépendance et de l'objectivité face aux mécréants du Net qui seraient partisans et peu crédibles. Cette inversion des valeurs vient d'être mise en lumière avec férocité par la nomination de Bruno Roger-Petit.

En réalité, la prétendue impartialité de la presse subventionnée est désormais bien expliquée aux Français. Répétons-le: la presse "institutionnelle" est à la solde de ses financeurs, même si elle cherche à la faire oublier par des leçons quotidiennes de bien-pensance. 

La collusion systémique entre la presse et le pouvoir

Sur le fond, Chomsky a parfaitement analysé le phénomène à l'un des avatars duquel nous assistons aujourd'hui.

Pour obtenir des "scoops", il faut être proche du pouvoir. C'est l'intérêt du secret en politique: il donne de la valeur à ceux qui détiennent l'information. Pour obtenir un scoop auprès d'une personne bien informée, il faut être complaisante avec elle, lui servir la soupe. François Hollande l'avait bien compris. 

Donc, le journaliste qui veut des scoops cirent les pompes des puissants. Devenir leur porte-parole, en quelques sorte. On appellera ce phénomène, désormais, la loi Roger-Petit. 

Bruno Roger-Petit et la fabrique du consentement

Bruno Roger-Petit donne un bel exemple de fabrique du consentement en démocratie libérale, telle que Noam Chomsky l'a astucieusement démontée. La campagne pour les présidentielles a permis de vérifier le rôle des médias dans la mise en place progressive d'un consensus autour d'une candidature jugée comme seule "démocratique" face à celle de Marine Le Pen parée de tous les oripeaux de l'extrême droite.

Le blog d'Olivier Berruyer donne une bonne analyse des théories de Chomsky sur le sujet.  

2 commentaires sur Bruno Roger-Petit, ou la presse subventionnée jusqu’à l’écoeurement

  1. Brigitte et Laurence ,deux blondes recyclables
    Certains médias et particulièrement ceux du service public nourri au lait de vache, les vaches c’est nous, ont vocation à recycler .Le recyclage est à la mode.Le micro-onde hors d’usage trouvera certainement une seconde vie dès lors qu’il tombe entre les mains d’un bricoleur. Il en va de même des stars de la télé.Beaucoup ,tombées en disgrâce médiatique ont été recyclées.Comme aucune chaîne privée ne se risquerait à “retraiter” du déchet médiatique, le seul espoir pour ces haillons déchus, la seule planche de salut pour ces vieilles peaux est une chaîne du service public.Une chaîne qui recycle beaucoup est la CINQ.Poivre et Claire ont trouvé refuge sur la chaîne dédiée aux vieux retraités qui eux ne seront jamais recyclés et feront du compost au cimetière du village.La chaîne des maisons de retraite a su leur donner le gîte médiatique afin qu’ils puissent distiller du quarante ans d’âge jusqu’à leur dernier souffle.Le cas de Claire est typique de l’intolérance de notre société à l’égard des vieux.
    Claire Chazal a été débarquée de manière un peu manu militari du journal de 20h qu’elle présentait depuis presque un quart de siècle.Un exploit me direz vous.Une longévité semblable il n’y a que Michel Drucker qui peut prouver que l’on peut blanchir sous le harnais sans pour autant enrichir les fabricants de teintures pour cheveux sales .Claire Chazal a pleuré et a fait pleurer dans les chaumières .Ses rides,malgré leur nombre,ont n’ont pu canaliser le flot de larmes qui ont inondé son visage.Même les rides de Liliane Bête en cours n’ont pu lui venir en aide et absorber le trop plein de liquide lacrymal.Le prompteur ,désormais au chômage,se lamente encore de se retrouver sur la liste des demandeurs d’emploi et ce par la grâce d’un Nonce pas au lini que ça.Ce qui me laisse chagrin,ce n’est pas l’éviction de la blonde.Elle est partie avec des millions.Et pas des dinars irakiens.On ne risquait pas de la retrouver sous le pont neuf,avec PPDA, et Jaqueleine Joubert,non.Ce qui m’ennuie c’est la solitude du prompteur qui désormais vit orphelin des cuisses de la présentatrice.Car ,figurez vous qu’il se rinçait l’œil le saligot.Claire ne portait pas de culotte.C’était donnant donnant.Il y avait un deal entre notre Maryline Monroe des foirefouilles et le prompteur dont elle ne se séparait jamais .Il palliait sa mémoire de poisson rouge et en contrepartie ,…elle les écartait.Bel échange de bons procédés.
    Adrien de saint-Alban, militant FN ,chômeur SDF

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