Bruno Le Roux interdit d’entrée en Azerbaïdjan

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On savait déjà Bruno Le Roux sanctionné par la Russie. Membre de la promotion des Young Leaders en 1998, le ministre de l’Intérieur est aussi interdit de séjour en Azerbaïdjan.

On retiendra en particulier cet article de la presse arménienne le concernant:

Le nouveau ministre français de l’intérieur, Bruno Le Roux, qui vient d’être nommé place Beauvau en remplacement de Bernard Cazenave, qui a pris la place de Manuel Valls, démissionnaire le 5 décembre pour cause de primaire à gauche, est interdit d’entrée en Azerbaïdjan en raison du voyage « illégal » qu’il avait effectué au Haut-Karabagh en 2015. Le ministère azerbaïdjanais des affaires étrangères a eu la délicatesse de rappeler le 7 décembre que le ministre français était donc inscrit sur la « liste noire » de Bakou, aux côtés de toutes les personnalités de tous pays qui ont eu l’audace de se rendre dans le Karabagh sans demander l’aval des autorités azéries.

Le porte-parole du ministère azéri, Hikmet Hajiyev, a rappelé que quiconque visite “les territoires occupés de l’Azerbaïdjan” sans l’autorisation de Bakou, viole les “lois, l’intégrité territoriale et la souveraineté” du pays. « La loi est la même pour tous et tous sont égaux devant la loi”, a ajouté H. Hajiyev, cité par les agences de presse azéries. Encore heureux que B. Le Roux ait été nommé à l’intérieur, qui plus est dans un gouvernement remanié qui n’a vocation qu’à accompagner F. Hollande durant les 5 derniers mois de son quinquennat… Cette mise à l’index du ministre français de l’intérieur en exercice par Bakou n’en reste pas moins scandaleuse, dans un contexte sécuritaire tendu, qui exige la coopération contre le terrorisme islamiste entre les Etats, même si Bakou ne se montre guère coopératif dans la lutte internationale contre le jihadisme de Daech.

Au cours des dernières années, le gouvernement azéri a inscrit sur sa liste noire des centaines de personnalités étrangères, députés et autres figures, des media notamment, pour les mêmes motifs. Nombre de ces personnalités avaient il est vrai assumé leur geste et savaient à quoi elles s’exposaient en se rendant au Karabagh, et en exprimant ainsi leur soutien au territoire arménien qui a arraché son indépendance à l’Azerbaïdjan. C’est le cas de B.Le Roux, qui dirigeait le groupe socialiste à l’Assemblée nationale française avant d’être nommé ministre de l’intérieur par F. Hollande le 6 décembre. C’est à ce titre qu’il avait conduit une délégation parlementaire française qui s’était rendue au Karabagh depuis l’Arménie en septembre 2015, dans le cadre d’un voyage présenté alors comme une mission d’enquête. Les 5 membres de la délégation française avaient en effet inspecté une section de la “ligne de contact” séparant les forces, arméniennes du Haut Karabagh et les troupes azéries, avaient visité les tranchées de l’armée du Karabagh et fait l‘expérience du régime de cessez-le-feu observé dans la région depuis 21 ans. Durant leur voyage, les législateurs français avaient rencontré le president arménien Serzh Sarkissian à Erevan, avant de se rendre au Karabagh.

S’exprimant à l’époque dans la capitale arménienne, B. Le Roux avait indiqué qu’avec ses collègues socialistes, il voulait avoir des informations directes concernant le conflit du Karabagh et qu’il souhaitait aussi “nouer des liens étroits et amicaux avec ce territoire”. Plusieurs parlementaires français figurent sur la liste noire de Bakou, pour avoir régulièrement visité le Haut Karabagh, en passant outre les protestations véhémentes de Bakou. Certains d’entre eux, comme ceux membres du Cercle d’amitié France-Karabagh, créé en 2013, défient d’ailleurs ouvertement Bakou, en revendiquant leurs liens avec le Karabagh, dont ils plaident la cause en France. B. Le Roux en est membre.

Gari ©armenews.com

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