Quand une campagne de prévention du sida devient un prétexte idéologique

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Cet article sur la prévention du sida est initialement paru sur La Lettre de Galilée.

Au grand dam de François Baroin, ex-futur résident de Matignon et président de l’association des maires de France, il se peut qu’en 2017, les édiles locaux soient bien obligés d’accrocher des têtes de Fillon dans leur mairie. En sortant vainqueur du premier tour des primaires de droite, François Fillon fait frémir les lobbyistes des complémentaires santé qui piaffent d’impatience…

En attendant, le Ministère de la Santé occupe le terrain médiatique en nous pondant une belle campagne de propagande idéologique aux frais du contribuable. La controverse vient d’une campagne de sensibilisation et de prévention du SIDA à destination des homosexuels. Initialement, le Ministère l’avait retoquée le 18 octobre dernier en exigeant de cibler un public plus large, incluant les hétérosexuels. Mais sous la pression des lobbies LGBT, le Ministère avait reculé. François Bourbillon, fraîchement promu en juin dernier à la tête de la nouvelle agence “Santé Publique France” issue de la fusion de l’Inpes, de l’InVS et de l’EPRUS, avait timidement promu cette campagne pour lutter contre une épidémie qui ne cesse d’enfler au sein de la communauté gay.

Selon Santé Publique France, justement, “les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) représentent la population la plus touchée correspondant à 48 % des nouvelles contaminations. Sur la période d’étude 2003-2008, l’incidence globale de l’infection par le VIH baisse, notamment les contaminations par rapports hétérosexuels. En revanche, l’incidence ne diminue pas parmi les HSH et les usagers de drogues par voie intraveineuse.” De plus, les différentes enquêtes comportementales menées auprès de la population gay (voir le baromètre 2009) revèlent l’augmentation des pratiques à risques pour ces populations. En moyenne, “17 partenaires sont déclarés pour la dernière année“. Peut-être que le “mariage pour tous” aura une incidence sur ce chiffre… Par ailleurs, 38,7 % des répondants au baromètre ont eu au moins “une relation anale non protégée avec un partenaire occasionnel” au cours de l’année et 20 % déclarent des prises de risque régulières. Particulièrement au sein de la population séropositive : “près des trois quarts des répondants séropositifs ont déclaré au moins une relation anale non protégée“. Notamment le barebacking, c’est-à-dire la pratique de relations anales intentionnellement non protégées quelque soit le statut relationnel ou sérologique du partenaire : “si près de 30 % de l’échantillon déclarent avoir pratiqué le barebacking au court des 12 derniers mois, le phénomène est plus marqué pour les répondants séropositifs qui sont plus de la moitié (55.3 %) à le rapporter.” Une réalité inquiétante, bien loin du matraque idéologique ministériel.

Dès lors, bien que la majorité des études incite à renforcer auprès de cette population à risque une prévention ciblée (sauna, boîtes de nuit, sites de rencontre en ligne), quel est l’intérêt de déclencher une campagne de prévention grand public (près de 100 000 affiches, parfois proches d’écoles comme le déplorent les associations catholiques) ? Si ce n’est par idéologie ou pour énerver une partie d’un électorat plus facile à conspuer ?

Lorsque la bienpensance totalitaire se déchaîne, les voix qui s’élèvent sont forcément populistes et nauséabondes.

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