Certains pays européens envisagent « différentes qualités » dans le bio

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Article publié sur Agra-presse.
Lors du 12e Séminaire international de l’agriculture bio organisé par l’Agence bio, certains États membres de l’Union européenne ont livré leur vision du développement de l’agriculture bio. Ainsi, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne n’excluent pas une spécialisation des zones de production et une différenciation de qualité au sein des filières bio.

« Pourquoi serait-on obligé de produire des pâtes bio ? Il ne faut pas exagérer. Les importations ne sont pas toujours mauvaises ! », s’est exclamée Kirsten Arp, représentante de la Bundesverband Naturkost Naturwaren, l’interprofession des filières bio en Allemagne (BNN), lors du 12e Séminaire international sur l’agriculture bio organisé par l’Agence bio à Paris, le 28 février. Selon elle, la stratégie de spécialisation est tenable pour l’agriculture bio en Europe. Elle est d’ailleurs aussi soutenue par l’Espagne dont les exportations de produits bio explosent. « Elles ont davantage augmenté que celles de produits conventionnels », témoigne Francisco Javier Maté Caballero, sous-directeur général de l’agriculture bio au ministère espagnol de l’Agriculture.

Spécialisation des zones de production

L’argument-clé des partisans d’une spécialisation des zones de production est que toutes les denrées ne peuvent pas être produites dans un même pays. M. Caballero explique qu’en Espagne, le sud est spécialisé dans la production de fruits et légumes, mais qu’il est difficile de faire de l’élevage répondant aux critères du cahier des charges bio. Kirsten Arp insiste : « L’Allemagne peut compter sur l’huile d’olives d’Espagne et sur les pâtes d’Italie. »

Différenciation des qualités

Outre la spécialisation de zones de production, les Pays-Bas et l’Allemagne n’ont que peu de doutes sur la façon dont l’alimentation bio devrait se démocratiser. Bavo van den Idsert, directeur de Bionext (établissement néerlandais de promotion de l’agriculture bio), livre sa position : « Il y aura différentes qualités de produits bio, c’est sûr. » Pour Kirsten Arp, c’est déjà le cas : « Il y a déjà de la différenciation. D’un côté, les produits bio suivant les réglementations européennes et des pays. De l’autre, les normes privées qui ajoutent des lignes aux cahiers des charges. En ce moment, il y a beaucoup de discussions au sein de l’interprofession. Les discussions sont passionnées. » Cette différenciation devrait aussi passer par une différence de prix pour le consommateur. M. van den Idsert témoigne : « Nous travaillons sur un programme privé qui s’adressera aux exploitants qui veulent passer à l’étape d’après en qualité. Les produits pourraient être vendus dans les magasins spécialisés à des prix plus élevés pour le consommateur, mais justifiés par la qualité et par un prix équitable pour le producteur. »

Toutes les denrées bio ne peuvent pas être produites dans un même pays

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