Le chômage accable le sud de l’Europe

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Alors que le taux de chômage recule légèrement en Europe (Eurostat), la fracture entre les marchés du travail des pays du nord et ceux du sud de l’UE persiste, encore et toujours. Les pays nordiques ont pu rapidement oublier la crise, mais les autres, 8 ans après, n’ont pu qu’instaurer des réformes. Une situation décidément accablante pour eux.

La barre des 10% de chômage s’éternise

10% des Européens sont actuellement sans emploi, le plus faible taux enregistré depuis au moins juin 2011 d’après Eurostat :

taux-de-chomage-en-europe-en-septembre-2016

Le premier constat qui émerge de ce graphique est l’abyssal écart du chômage entre les pays en plein emploi et ceux victimes d’une forte concentration de candidats à l’emploi.

Regardons-le de plus près : les marchés du travail les moins accessibles se trouvent encore une fois au sud de l’Europe avec la Grèce (23,2%), l’Espagne (19,3%) ou encore l’Italie (11,7%). Avec 10,2%, la France ne fait pas mieux que la moyenne européenne (10%), mais elle compte plus de 50 000 chômeurs de moins qu’en 2015. Une baisse qu’il faudra pourtant relativiser

Comment l’expliquer ?

Si l’on compare, les taux de chômage sont quasiment faibles au nord de l’Europe, notamment en République Thèque (4%), Allemagne (4,1%), Grande-Bretagne (4,9%) ou au Danemark (6,3%). D’après le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), ces pays ont « dès avant la crise, corrigé des déséquilibres structurels sur le marché du travail et activé leurs politiques de l’emploi ». Ils ont du coup pu échapper à une forte répercussion de la crise et se rétablir plus rapidement.

Les pays d’Europe du sud, décidément de mauvais élèves

La Grèce, l’Espagne, l’Italie, ou le Portugal, eux, n’ont préféré appliquer des réformes qu’avec la crise, d’où leur situation actuelle. Pour le Conseil, il s’agit là de réformes de grande ampleur sous une forte pression extérieure, notamment celle de l’Europe, qui en a conditionné l’attribution d’une aide financière. Pas étonnant donc que ces pays restent décidément de mauvais élèves : essoufflement de la croissance, dérives budgétaires (déficit budgétaire et dette publique), recul du PIB, insécurité… Aucune leçon n’a été retenue, de quoi effectivement accabler.

Les solutions communes pour sortir de cette période difficile ont bien évidemment été nombreuses pour ne citer que l’assouplissement des règles budgétaires. Néanmoins, ne serait-il pas réellement temps de mettre en place des mesures choc comme… le Parlement des chômeurs en France?…

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