Chômage: les professions libérales bientôt soumises à cotisations…

Les professions libérales devraient suivre de près la réforme de l’assurance chômage actuellement négociée par les partenaires sociaux. Les travailleurs indépendants risquent en effet d’être les dindons d’une farce qui pourrait leur coûter très cher…

Le gros million de travailleurs indépendants relevant des professions libérales (soit un bon tiers des travailleurs indépendants totaux) a du souci à se faire. Selon toute vraisemblance, la réforme de l’assurance chômage que les partenaires sociaux négocient devrait déboucher sur leur assujettissement à un régime spécifique, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.

Les professions libérales au coeur de la tourmente chômage

Dans l’idée émise par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale d’étendre l’assurance chômage aux entrepreneurs et indépendants, les professions libérales tiennent une place toute particulière. En effet, si certaines d’entre elles ne peuvent se revendiquer d’une appartenance au monde de l’entreprise (notamment dans les professions médicales), la plupart des autres devraient être concernées par la mesure.

On pense ici tout particulièrement aux experts-comptables, aux architectes, aux agents d’assurance. Tout ce petit monde est régulièrement employeur d’au moins un salarié et ressort bien de ce qu’on appelle couramment une entreprise. On voit mal comment ces personnes échapperaient à la réforme.

Une discussion déjà actée?

Même si personne ne s’est exprimé clairement en ce sens (compte tenu des consultations en tous genres qui ont lieu et qui suspendent les décisions), des esprits perfides soutiennent déjà que l’ex-UNAPL, fusionnée depuis un an avec l’ex-UPA (qui participe aux négociations) dans la mystérieuse U2P a vendu la peau de ses ours en disant oui à Emmanuel Macron. Oui! à un monde où les professions libérales seront assujetties à une assurance chômage universelle. 

En plus des taux délirants du RSI (devenu SSI), les professions libérales devraient donc écoper de 2 ou 3 points de cotisations supplémentaires pour financer le régime chômage profondément déficitaire. Comme l’avait juré Macron, il n’y aura pas d’impôt nouveau sous son quinquennat!

Les vieilles lunes ressortent

Selon nos informations, le régime qui devrait se mettre en place suivrait des contours déjà bien connus des spécialistes. Compte tenu de l’extrême disparité des revenus des professions libérales, l’État proposerait un régime de solidarité obligatoire, avec une indemnité plafonnée assez bas. 

Chacun resterait libre de s’assurer sur le marché pour le surplus. 

La question du marché

Si, en échange des abondants subsides qu’elle reçoit des entreprises avec le consentement du gouvernement, l’U2P est prête à signer un accord liberticide de ce genre, il n’en reste pas moins que le gouvernement nationaliserait ce faisant une activité à laquelle le marché répond aujourd’hui. Le MEDEF pilote en effet un système appelé AGS auprès duquel chaque entrepreneur peut aujourd’hui s’assurer contre le risque chômage. Ce système deviendrait donc caduc…

Les amateurs de droit communautaire pourront du coup s’interroger sur la compatibilité du nouveau régime monopolistique avec l’usage européen. Il n’est pas sûr que le gouvernement en sorte gagnant. 

Les professions libérales soumises à l’impôt révolutionnaire?

Sur le fond, on comprend bien l’intention du gouvernement: dans la perspective d’une nationalisation du régime chômage, il faut trouver de nouvelles recettes pour équilibrer les comptes. Assujettir entre 1 et 3 millions de personnes nouvelles laisse espérer une croissance des recettes entre 12 et 35%. 

Reste à savoir quelle contrepartie les professions libérales trouveront dans ce système. On imagine mal un médecin de ville se déclarer au chômage. Sauf à pousser nos praticiens à prendre des vacances aux frais des salariés, dans une désertification médicale grandissante. 

On attend avec impatience la mise au jour de ce projet pour pousser un grand rire homérique. 

1 commentaire sur Chômage: les professions libérales bientôt soumises à cotisations…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Hey, salut toi le lecteur de Décider et Entreprendre.


Ça fait maintenant deux ans que D&E existe et continue de se développer. Et le tout, sans jamais avoir reçu de subvention. Alors depuis maintenant un mois, D&E a décidé et entrepris d'intégrer quelques publicités sur sa homepage, mais aussi au cœur de ses articles. Car D&E rémunère ses équipes.


Derrière D&E se cachent des journalistes, des développeurs informatiques, des responsables communications, mais aussi des éditorialistes de passage. Tout ce petit monde travaille d'arrache-pied pour ramener de l'information fraîche, des points de vues tranchés, mais argumentés et autres gaudrioles à l'un des seuls médias en ligne complètement indépendant, à la ligne éditoriale libre, mais aussi en plein développement.


Alors, voilà, aujourd'hui, cher lecteur, on te demande un petit geste de pas grand-chose. Non, range ton portefeuille (bien que l'on accepte aussi les dons). Non, on te demande juste de désactiver ton bloqueur de pub (Ad-Block, AdThwart, Webmail Ad blocker, etc) le temps de ta navigation sur notre site ou de mettre une exception de blocage qui concerne D&E.


Le simple fait d'afficher les pubs sur notre site nous permet de rémunérer nos « incroyables » équipes. Promis, les publicités ne sont pas invasives ni agressives. On peut même les cacher si on veut (avec la petite croix dessus).


Ça nous ferait vraiment plaisir et ça permettrait qu'on s’achète notre table de ping-pong continue à écrire librement, à titiller les puissances en place, mais aussi à proposer d'autres pistes de réflexion sur des sujets habituellement traités par les médias subventionnés.


Un petit geste pour toi, mais un grand pas pour Décider & Entreprendre.


Merci à toi, ô lecteur de D&E. Et bonne lecture.

Lire les articles précédents :
Soins dentaires en France : vers un système à l’allemande ?

La Drees vient de publier un document d'analyse de l'organisation des soins dentaires dans trois pays européens. Cette publication produite...

Fermer