Chronique junonienne IV, par Charlotte Dareau

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Nous publions aujourd’hui le quatrième chapitre de nos critiques junoniennes, exercice pastiche traitant avec humour du rôle de la première dame.

Nous ne sommes pas encore en mars, début officiel de l’année olympienne, mais on s’adaptera vaille que vaille au calendrier chrétien, bien que ce soit une hérésie pour notre Olympe préféré. Toujours est-il qu’une nouvelle année s’annonce, faste forcément, grandiose évidemment avec le couple de rêve qui nous gouverne avec hauteur et bienveillance. Notez qu’ils ont commencé par jeter leurs yeux sur nous depuis la Mongie dans les Pyrénées, un genre d’Olympe, un peu franchouille certes, mais on prend ce qu’on a sous la main. Je vous épargne quand même la photo qui rappellera aux inconditionnels des Bronzés font du ski, l’inoubliable « Etoile des Neiges » clamé par Michel Blanc, mais je vous assure que la photo existe…Elle casse seulement un peu le mythe de notre petit Olympe,  c’est pourquoi j’ai préféré la photo doudoune qui fait plus glamour, à moins qu’ils n’aient profité de la promo Uniqlo de Noël…

 

Avant de goûter les prémices de cette nouvelle année, il est d’usage chez les plumitifs officiels qui veulent rester bien en cour, de dresser un bilan, si possible élogieux des actions passées. Tous titres confondus, ils s’en sont donné à cœur joie avec notre Jupiter et sa Junon, après seulement sept mois de règne (le nombre sept a ses vertus, et pas seulement dans la Bible). Je m’excuse par avance auprès de mes lecteurs, sans doute régulièrement atterrés par mes références journalistiques puisées dans les bas-fonds, mais, de la gangue, il arrive parfois de sortir des pépites : si, si, c’est promis.

« Une Première Dame sollicité et engagée qui assure » ( Pure People) : assurer quoi, on se le demande, il faudrait demander à la défunte Compagnie du Soleil. Mais ce qui retient mon attention, c’est le choix des mots : la séduction d’abord- forcément- il faut quand même le répéter, des fois que les Français auraient du mal à concilier le mot avec l’âge de Junon ; ensuite – que du sublime que Bossuet ne pourrait renier – « efficacité, pudeur et douceur »… Là, les Français ont comme envie d’un gros Bisounours rose à câliner très fort, mais il n’y en a pas sur l’Olympe…Frustration.

Ensuite on  passe à « Sa technique pour rester proche des Français » (Gala), ce qui prouve, a contrario, qu’elle n’en n’est plus vraiment une – de Française -, aspirée qu’elle a été dans les nuées olympiennes. Figurez-vous qu’elle travaille, oh mais alors, très, très dur : « J’ai besoin de temps, j’ai besoin de voir un peu mon périmètre, comment je vais faire. Je n’ai qu’une envie, c’est de ne pas être vaine » Elle voudrait ressembler à une héroïne de Racine qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. « Je veux être utile et je veux voir comment l’être au mieux. L’usine n’est plus très loin, et les ouvrières de Gad qui gardent de tendres pensées pour son petit Jupiter sont certainement très émues de tant d’efforts. A défaut de dépecer des poulets, Junon fait dans le paon, c’est moins goûteux mais tellement plus noble…

Charlotte Dareau est contributrice sous pseudonyme.

Il faut dire que notre Junon, elle au moins, n’est pas illettrée- voilà toute la différence avec les malheureuses ouvrières de Gad snobées par Jupiter– Professeur de lettres, elle profite de son séjour sur l’Olympe pour potasser ses classiques : « Pêle-mêle, on apprend aussi que la première dame dévore les dernières oeuvres littéraires à la mode, des romans, lorsqu’elle ne se replonge pas dans ses favoris, comme Flaubert ou Maupassant. (…) elle préfère transmettre à son mari les « signaux faibles de la société« . Signaux faibles, cela rappelle un peu une « gueule d’atmosphère », toujours un gentil rappel pour nos amies de Gad…

(…) « Je fais beaucoup de terrain, j’aime le terrain« . De là à sortir les Pataugas, elle pousse le bouchon un peu loin, mais qu’on se rassure, on reste – en stilettos- sur les trottoirs du Faubourg St Honoré en compagnie de ses deux conseillers, vous savez ceux qui ne coûtent rien mais qui nous reviennent quand même à « 440 000 euros par an – une somme qui n’est pas définitive du tout -, C’est, selon Bercy, le tout petit budget » dont disposerait notre Junon, à la différence bien évidemment des dispendieuses Carla et Valérie ( un petit oubli à propos de Julie ?). On reste toujours dans la problématique de l’Autrichienne dont l’histoire a mal fini comme chacun sait…

 

Je ne pouvais terminer ma chronique junonienne de rentrée, sans parler de mon ami Nemo qui, avec son nom prédestiné, n’est pas encore aller à bord d’un sous-marin ( il faudrait suggérer le gag à nos petits gars de la Marine) mais qui vide quand même régulièrement ses ballasts aux endroits incongrus, au point que le Canard Enchaîné l’a menacé de finir sur « le Bon Coin avec les cadeaux pourris ». Vilaine pensée pour cet orphelin abandonné que Jupiter et Junon ont eu la bonté de recueillir en leur Elysée : le voilà posant avec eux pour la photo officielle de fin d’année. Il faut bien que cette chronique ressemble de temps en temps à un conte de Perrault, sinon je serai lynchée…

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