Comment l’explosion des charges sociales pénalise la France du sport

Si l’on considère les clubs de football comme étant aussi des entreprises, si l’on omet le volet sportif, on observe qu’ils doivent aussi se soumettre au versement de charges sociales réparties entre charges patronales et charges salariales. Une récente publication vient mettre en lumière que le PSG paie à lui-seul plus de charges que tous les clubs espagnols de première division réunis.

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A quel point les charges sociales étouffent les entreprises françaises ? A quel point les prennent-elles à la gorge ? Ces questions sont, dernièrement, régulièrement revenues sur le devant de la scène, avec notamment des interrogations sur la compétitivité des entreprises françaises face à celles de pays voisins. Mieux, il est de bon ton de montrer que les start-up ont aussi énormément de mal à se développer alors qu’elles sont prises à la gorge. 

Seulement, ces freins ne sont pas seulement l’attrait des entreprises stricto-sensu. Ils pénalisent largement les acteurs du sport en France. Dans sa dernière publication, le syndicat Première Ligue, qui représente les clubs de football de la Ligue 1, montre que les clubs français paient des charges sociales largement plus élevées que leurs voisins européens. 

Angers paie plus de charges sociales que le FC Barcelone

A titre de comparaison, pour un salaire brut de 600 000€ annuel, un club français doit encore allonger 204 000€ de charges patronales. Sur la première place du podium, et de loin, la France est suivie par le Royaume-Uni qui, pour le même salaire, oblige les clubs à sortir 81 000€ « seulement », 2,5 fois moins. Les clubs allemands sont ceux qui sont les moins soumis aux charges patronales puisque les clubs doivent s’acquitter de seulement 13 000€ pour un salaire de 600 000€. 

Là où le bât blesse, c’est lorsque le salaire passe à plus d’un million d’euros annuels. Pour un salaire d’1,8 millions bruts, un club français doit encore verser 556 000€, seulement 247 000€ en Angleterre. En Allemagne, la note ne change du fait du plafonnement et les clubs doivent toujours s’acquitter de seulement 13 000€. 

Ces écarts créent des conséquences directes, parfois, plus que surprenantes. D’après la publication, le SCO Angers, actuel 12e de Ligue 1, dépense plus en charges sociales que le FC Barcelone, 1er du championnat espagnol et multiple vainqueur de la Ligue des Champions, la plus prestigieuses des compétitions européennes. 

Plus surprenant encore, le Paris Saint Germain paie à lui seul plus de charges sociales que toutes les équipes du championnat allemand réunies. Autre comparaison, pour un salaire de 8,4 millions annuels, le brésilien Dani Alvès qui joue au club de la capitale, oblige son institution à verser en sus 2,5 millions d’euros. A l’inverse, son compatriote Marcelo, qui évolue au Réal de Madrid avec un salaire de 10,3 millions d’euros n’oblige son employeur qu’à verser 16 000€ ! 

Mieux, avec des salaires respectivement estimés à 39 et 50 millions d’euros, les stars Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ne coûte que 15 000€ en charge sociales à leurs clubs. S’ils étaient amenés à évoluer en France, les notes gonfleraient à 11,7 et 15 millions d’euros. 

Le sport, un autre milieu qui souffre largement de l’absence de plafonnement des cotisations sociales salariales et patronales, phénomène dont les conséquences sont amplifiées par la hausse des taxes sur les hauts salaires ou encore l’augmentation des cotisations retraites AGIRC-ARCO. Si effectivement le taux d’imposition semble plus avantageux en France qu’ailleurs, l’écart est largement comblé par le poids des charges sociales. 

2 commentaires sur Comment l’explosion des charges sociales pénalise la France du sport

  1. j’y ajouterais à l’instar des jeux un prélèvement basé sur les barèmes des courses, casinos et loteries diverses, le foutebol-spectacle n’intéresse pas forcément les autres 3/4 de la population

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