Crise de la dette grecque: le Parlement européen fait de l’esbrouffe

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Le Parlement européen a consacré un débat à la crise de la dette grecque. Celui-ci a donné lieu à de nombreuses interventions qui laissent à penser à un retour imminent des difficultés politiques au sein de l’Union.

Crise de la dette grecque : il est temps d’agir, estiment les députés

La question de la dette grecque a fait une nouvelle fois l’objet d’un débat en session plénière à Strasbourg ce mardi 14 février. Une délégation de l’Union européenne ainsi que des représentants du Fonds monétaire international (FMI) devraient se rendre à Athènes au cours des prochains jours pour évaluer si le pays met correctement en œuvre les réformes prévues par le dernier plan de sauvetage, une condition nécessaire au maintien d’un soutien international au pays.

 

Le Fonds monétaire international et les États membres sont actuellement en désaccord sur l’orientation des politiques économiques du gouvernement grec. La question de savoir si le pays a besoin d’un allégement de la dette, un argument soutenu par le FMI, fait également l’objet de débats.

 

La Grèce dispose d’assez de fonds pour se financer jusqu’au mois de juillet. Ensuite, le pays devra rembourser 7 milliards d’euros à ses créanciers. Un compromis doit donc être trouvé au plus vite.

 

Selon Eurostat, la dette publique brute aurait atteint 179,7 % du PIB en 2014 avant de retomber à 177,4 % en 2015. Le taux de chômage dans le pays a également sensiblement augmenté ces dernières années, passant de 8 % en 2008 à 27,5 % en 2013, puis redescendant à 24,9 % en 2015.

 

Débat en session plénière

 

Le vice-Président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a salué les changements structurels significatifs que la Grèce a réalisés ces dernières années dans tous les domaines de l’économie ainsi que les efforts majeurs accomplis en matière de politique fiscale. « Il faut cependant se garder d’un excès d’optimisme », a-t-il averti en soulignant qu’un accord technocratique entre la Grèce et ses créanciers devrait rester faisable.

 

« Il est essentiel que notre pays se relève enfin de la crise et s’oriente vers l’Europe. Nous avons notamment besoin d’attirer de nouveaux investisseurs », a expliqué Manolis Kefalogiannis, député démocrate-chrétien grec. « Le gouvernement actuel est responsable de la plupart des problèmes auxquels le pays fait face aujourd’hui », a-t-il conclu.

 

« Si nous sommes sur la bonne voie, pourquoi continuons-nous d’entendre des voix s’élever des États membres craignant que la Grèce s’en aille ? », s’est interrogé le député démocrate socialiste allemand Udo Bullmann.

 

« De nombreux jeunes sont au chômage, les petites et moyennes entreprises ferment, les retraites sont brutalement réduites. La mise en œuvre de ces mesures a transformé la Grèce en immense cimetière », a dénoncé le député conservateur grec Notis Marias avant d’accuser le Président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem de « ne pas oser se rendre au Parlement européen ».

 

Sylvie Goulard, députée libérale française, a questionné le rôle du FMI et la nécessité de son implication au sein de la zone euro. « Après des années de débat, nous en sommes encore au mode de gestion de crise (…) un épais nuage gris plane toujours au-dessus de nos têtes ».

 

« Les chiffres d’Eurostat montrent que la Grèce renoue avec la croissance et a rempli ses objectifs. Nous avons un excédent primaire quatre fois plus élevé que celui convenu, et en 2016, malgré les prévisions du FMI, la Grèce a enregistré une croissance », a pourtant noté Dimitris Papadimoulis, député grec du groupe de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique.

 

« Le pays peut surmonter les difficultés », a estimé Sven Giegold. Pourtant, « les politiques menées en Grèce sont directement liées aux politiques des autres États membres » et aux dépens des grecs, a estimé le député vert allemand.

 

Accusant la Troïka de « jouer la comédie avec le gouvernement et le peuple grecs », William Legge, député britannique du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe, a déclaré : « La vérité est que la Grèce est totalement incapable de payer ses dettes (…) Vous ne pouvez pas faire porter au peuple grec cette couronne d’épines, vous ne pouvez pas le crucifier sur la croix de l’euro ».

 

« Je pense que l’opinion du ministre des finances allemand selon laquelle le FMI doit rester impliqué dans ce processus est une bonne évaluation », a estimé Barbara Kappel, députée autrichienne du groupe Europe des Nations et des Libertés.

 

« Comment l’Union européenne peut-elle prétendre à un futur si ses dirigeants collaborent avec les requins du FMI pour imposer aux grecs de nouvelles mesures intolérables équivalant à un génocide ? », a conclu Georgios Epitideios, député grec non-inscrit.

 

Prochaines étapes

 

Des représentants de l’Union européenne et du FMI doivent se rendre à Athènes cette semaine afin de finaliser l’examen du plan de sauvetage de la Grèce.

 

Le 20 février prochain se tiendra à Bruxelles un sommet des ministres des finances de la zone euro.

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