Crise des hôpitaux : vers une grève des médecins remplaçants ?

Les hôpitaux traversent une crise sans précédente, et ce, même au sein des praticiens. Après avoir publié la liste des hôpitaux où les médecins remplaçants et intérimaires refusent d’aller car leur rémunération y sont encadrées, ils annoncent qu’ils tiendront prochainement une assemblée générale le 30 juin prochain avant de, peut-être, faire valoir leur droit de grève.

Hôpitaux surchargés, effectifs réduits et rémunérations qui ne sont pas en accord avec les responsabilités des praticiens. L’hôpital public traverse actuellement une crise sans précédent. Outre la fracture entre les médecins et le gouvernement, il existe aussi un front de contestation entre praticiens. Plus précisément entre les médecins titulaires et les remplaçants / intérimaires.

Ces derniers sont accusés d’avoir des émoluments très largement supérieurs aux titulaires sans toutefois assumer les problèmes du quotidien auxquels sont confrontés les titulaires. Refusant d’être les boucs-émissaires de la crise, les remplaçants ont formé un syndicat : le SNMRH pour Syndicat National des Médecins Remplaçants en Hôpitaux.

La menace d’une grève dans les hôpitaux pointe le bout de son nez !

Depuis le 1er janvier 2018, la rémunération des médecins remplaçants est encadrée par un arrêté publié au Journal Officiel le 26 novembre 2017. Ce dernier fixe les émoluments perçus à 1 404,05€ bruts par jour pour l’année 2018 puis 1 287,05€ pour l’année 2019.

En 2013, le député PS Olivier Véran, qui officie d’ailleurs au CHU de Grenoble, rendait un rapport au vitriol dans lequel il fustigeait les « rémunérations outrancières des praticiens intérimaires« . Il estimait leur rémunération à « plus du triple du coût normal d’une journée de travail pour un praticien hospitalier (médecin titulaire) » soit un surcoût annuel « de l’ordre de 500 millions d’euros« .

Face à ces allégations que le SNMRH juge fausse, ou du moins incomplète sans leur contexte, il annonce qu’une assemblée générale aura lieu le 30 juin 2018. Doit aboutir de cette dernière la décision d’une grève généralisée dans les hôpitaux ou non.

Pour rappel, le syndicat avait déjà dressé une liste d’une vingtaine d’hôpitaux que les intérimaires doivent boycotter car y est appliqué le décret contesté. De même, le collectif expliquait, en février dernier, « inviter les médecins remplaçants qui le peuvent à refuser les offres appliquant la nouvelle tarification. »

A partir du mois de mars, nous demandons à tous nos collègues remplaçants de refuser tout remplacement dans vingt hôpitaux choisis par le collectif. Cette liste sera amenée à s’élargir à d’autres structures avec une grève totale des remplacements en juillet, août et les jours fériés.« 

Si l’annonce est forte, difficile de savoir si elle sera suivie. Pour l’instant, la liste d’inscrits à l’assemblée générale n’a recueilli qu’une vingtaine de signatures. 

Certains services ne se maintiendraient ouverts qu’en recrutant 100% de remplaçants.

Olivier Véran, député PS

 

On n’a pas le choix, il faut faire tourner la boutique !

Nicolas Longeaux, président de la Commission médicale d’établissement de l’hôpital de Saint-Gaudens (Haute-Garonne)

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