Cryptomonnaie : la Lituanie fait trembler les banques centrales européennes

Alors que les gouvernements du monde se posent la question de l’encadrement des cryptomonnaies, la Lituanie va à contre courant en soutenant ouvertement leur développement. Une décision intéressante économiquement mais à laquelle les banques centrales européennes ne gouttent guère. 

Et si la Lituanie devenait l’un des premiers pays européen a devenir ouvertement et officiellement crypto-friendly ? C’est une théorie qui pourrait rapidement s’avérer tant le pays va à l’encontre de toute idée de réglementation et de régulation qui se développe à l’Ouest. Et les résultats ne se sont pas fait attendre : l’économie lituanienne accuse une sérieuse augmentation. 

500 millions d’euros levés grâce aux cryptomonnaies

Sentant venir le bon coup, la Lituanie s’est positionnée en faveur du développement des cryptomonnaies depuis plusieurs années. Avec une fiscalité attrayante, un coût de l’énergie qui n’est pas des plus élevés, nombre d’entreprises posent leurs valises dans l’Etat baltique et y lancent leurs ICO. 

Avec des résultats qui se sont fait rapidement sentir. Alors que la croissance moyenne européenne est fixée autour de 2,3%, la croissance lituanienne devrait atteindre, en 2018, les 3,1% !

En 2017, ce sont 500 millions d’euros qui ont été levés en Lituanie par les entreprises liées aux cryptomonnaies et à la blockchain. 

Les banques centrales européennes tirent la sonnette d’alarme

Si la Lituanie a mis à niveau ses systèmes pour soutenir au mieux le développement des cryptomonnaies, tout en adaptant sa fiscalité, les banques centrales européennes voient d’un très mauvais oeil cette nouvelle « terre d’accueil ». Et de façon originale, c’est à nouveau l’aspect intraçable des cryptomonnaies qui inquiète.

Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre appelait à une répression des cryptomonnaies, affirmant qu’elles pourraient être utilisées pour des activités illégales et pourraient perturber le système financier traditionnel.

Une préoccupation qui touche aussi les membres du conseil d’administration de la banque de Lituanie qui déclaraient ne pas « vouloir que le capital russe s’infiltre dans l’économie locale » par le biais des cryptomonnaie. En effet, il existerait, d’après les spécialistes, un risque selon lequel la pègre russe pourrait utiliser ce nouvel axe financier. 

Nous rappelons constamment à tout le monde les risques. Je ne veux pas que 70 pour cent de vos investisseurs dans votre ICO viennent de Russie. Un afflux de capitaux non transparents en provenance de Russie n’est pas conforme à nos intérêts nationaux.

Marius Jurgilas, membre du conseil d’administration de la Banque de Lituanie

En Espagne, Luis Maria Linde, gouverneur de la banque centrale d’Espagne, affirmait que « l’utilisation actuelle (des cryptomonnaies) présente plus de risques que d’avantages : ils sont peu acceptés comme moyen de paiement, souffrent d’une volatilité extrême, présentent de multiples vulnérabilités opérationnelles et ont été liés à des activités frauduleuses ou illicites dans de nombreux cas. »

Au même moment, la banque centrale suédoise déclarait que le Bitcoin ne serait jamais une monnaie. Enfin, la Pologne, décidément toujours au fait des nouvelles technologies, a payé un Youtubeur pour qu’il publie une vidéo intitulée « J’ai perdu tout mon argent« . 

Pour autant, la situation géo-politico-économique ambiante n’a pas dissuadé la Lituanie de continuer dans son idée de devenir une place forte de la cryptomonnaie en Europe. L’eurodéputé Antenna Guoga a d’ailleurs déclaré que « sur le plan économique, nous sommes encore loin derrière l’Europe occidentale, mais nous n’avons pas grand-chose à perdre. »

1 commentaire sur Cryptomonnaie : la Lituanie fait trembler les banques centrales européennes

  1. « Et de façon originale, c’est à nouveau l’aspect intraçable des cryptomonnaies qui inquiète. » => et vous remarquerez que dans un même laps de temps, les gouvernements et les banques font la chasse aux paiements en numéraire en diminuant progressivement les montants légaux maxima des transactions.

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