Cryptomonnaie : la police britannique saisit le portefeuille d’un hacker

C’est une première historique. Scotland Yard a mis la main sur un cryptohacker responsable de plus de 100 attaques. Elle a aussi saisi son portefeuille virtuel qui contenait plus de 700 000$ en Bitcoin. 

L’une des premières choses qui frappent dans l’arrestation de Gran West, c’est l’importance que revêt son ordinateur. A tel point que ce dernier est immédiatement confisqué et mis en lieux sûr par la police britannique. Et pour cause : Gran West était aussi connu sous le pseudonyme « Courvoisier ». 

Plus d’une centaine d’attaque contre des entreprises

Âgé de 25 ans, Gran West n’est pas un délinquant ordinaire. Il compte à son actif plus d’une centaine de cyber-attaques contre de grandes entreprises comme Uber, Asda et Sainsbury (des compagnies de distribution alimentaires), ou encore contre des bookmaker.

Ainsi, il utilisait la technique du phishing (littéralement la technique de l’hameçonnage) en remplissant en façonnant des emails frauduleux aux couleurs des entreprises concernées puis il incitait les usagers à donner leurs identifiants, leurs données personnelles mais aussi leurs numéros de carte de crédit.

Mais là où son entreprise devient intéressante, c’est qu’après avoir revendu ces données sur le Dark Web, il convertissait son butin en cryptomonnaie, et plus particulièrement en Bitcoin. Ce sont plus de 700 000$ qui ont ainsi été saisis.

En fuite depuis décembre 2017 où, sous son pseudonyme « Courvoisier », il avait reconnu les attaques, Gran West sera jugé le 25 mai prochain. Sa compagne reconnue coupable de complicité, a été condamnée à deux ans de travaux d’intérêt général.

La saisie d’un portefeuille de cryptos, pas une première

Les sphères politiques adorent le rappeler : les cryptomonnaies sont intraçables… Alors comment la police britannique a-t-elle pu saisir le portefeuille du cyberhacker ? Et bien tout simplement parce qu’il y était connecté au moment de son arrestation. 

En saisissant son ordinateur, la police a aussi découvert que ses identifiants étaient sauvegardés dans un fichier crypté. Même si la somme reste relativement modeste, il s’agit d’un gros coup de filet pour Scotland Yard qui n’en est pas à son coup d’essai.

En 2016, c’était plus d’un million de dollars en Bitcoin qui était saisi dans le sud de l’Angleterre après la fouille de la maison d’un suspect reconnu coupable de trafic de drogue et de blanchiment d’argent. Là, ces identifiants avaient été retrouvés inscrits sur un morceau de papier.

Fraudes : plutôt cryptomonnaies ou cash ?

Outre le sensationnalisme de cette affaire, elle vient relancer le débat sur l’utilisation frauduleuse des cryptomonnaies. Ainsi, pour les grandes institutions étatiques, il y a urgence en ce qui concerne leur régulation.

Lorsqu’il s’agit de transactions sur le Web sombre, (les gens) utilisent presque universellement la cryptomonnaie. L’utilisation de monnaie virtuelle à des fins illicites a été un énorme succès.

Alex Lakatos, avocat à Washington D.C.

Henri Arslanian, spécialiste en cryptomonnaie basé à Hong Kong, a un avis beaucoup plus nuancé sur la question. S’il est d’accord pour affirmer que les transactions sont « décentralisées, anonymes et instantanées« , ouvrant tout un champ de possibilités aux cybercriminels, il explique que « l’argent liquide a encore beaucoup d’avantages par rapport au Bitcoin« .

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