Les cryptomonnaies se heurtent à la méfiance des religions

Alors que les valeurs des cryptomonnaies semblent se stabiliser voire accuser un léger sursaut à l’heure où nous écrivons cet article, le nombre d’investisseurs ne cesse d’augmenter. Au point que les gouvernements ne sont plus les seuls à se positionner sur le sujet. Plusieurs acteurs religieux passent au scanner ces technologies.

Tolérer ou non de telles monnaies ? La question ne cesse d’agiter les sphères médiatico-politiques. Mais avec un nombre croissant d’investisseurs, les religions traditionnelles sont aussi amenées à faire état de leurs positions sur le sujet. Certaines les condamne, d’autres les encouragent. Reste qu’une position claire n’a pas encore été adoptée.

Les chrétiens divisés sur le sujet

Hilarion Alfeyev, évêque orthodoxe russe, a rendu le 3 janvier dernier, un avis défavorable quant à l’utilisation des cryptomonnaies. Il accuse ces dernières de n’être qu’une « nouvelle bulle financière, un nouveau système de Ponzi, derrière lequel il n’y a rien. »

Cette innovation est représentative de l’ensemble du système bancaire, où les actifs réels sont convertis en actifs virtuels. Cela ouvre la voie à l’usure, contre laquelle l’Église s’est toujours prononcée, mais elle n’y peut rien. En fin de compte, nous devons tous garder notre argent dans les banques.

On peut nuancer ses propos car ils ne semblent pas tenir compte des études des marchés financiers qui définissent assez bien leur fonctionnement.

Du côté des évangélique, la donne semble être différente. L’église ICF de Zurich a commencé à accepter les dons en Bitcoin, Ether, Ripple et Stellar.

Enfin, les chrétiens a aussi vu apparaître sa propre monnaie : le Christ Coin. Cette cryptomonnaie peut-être minée non pas grâce aux ressources des ordinateurs mais en échange d’actes de foi comme des prières et des dons. 

Halal ou Haram ? L’Islam compose

L’islam définit comme monnaie « tout ce qui possède une valeur intrinsèque et dont les parties contractuelles sont satisfaites. » En l’état, cette définition est largement sujette à interprétation. 

Pour le grand mufti égyptien Shawki Allam, faire du commerce avec la cryptomonnaie Bitcoin est illicite au regard du Coran. « Le Bitcoin peut nuire à la sécurité économique et sociale du pays. Cette monnaie virtuelle présente le risque de faire tomber le système monétaire et financier qui régit actuellement les sociétés. »

La cryptomonnaie ne répond à aucune règle, n’est définie par aucune institution. Elle n’est, par conséquent, pas reconnue par l’islam. Voilà pourquoi elle est prohibée. 

Pour autant, le monde islamique a aussi vu apparaître une monnaie qui serait en accord avec les valeurs religieuses. OneGram est une cryptomonnaie indexée sur l’or. D’après la communication officielle, malgré les mouvements du marché, un maximum de 10% de perte peut être constaté. 

Les cryptomonnaies peuvent être casher

Du côté de la communauté juive, les cryptomonnaies semblent faire consensus. A tel point qu’une monnaie casher, le BitCoen a fait son apparition. Créée par Vyacheslav Semenchuk, un entrepreneur russe, cette cryptomonnaie doit « combiner tous les avantages du monde numérique avec les valeurs et les coutumes de la loi juive« . 

Les transactions sont contrôlées par un comité de six membres de la communauté juive. 10% de tous les Bitcoens générés sont automatiquement reversés à des oeuvres de charités, comme le veut la Halakha. 

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