Le déficit structurel, ce cancer français que le docteur Macron ne guérira pas

Le déficit structurel est un mal français: il consiste à dépenser plus d'argent public que les recettes habituelles ne peuvent en fournir. Depuis 1975, année où le mal s'est déclaré, les métastases progressent et la potion de ce bon docteur Macron ne suffira pas, on le sait aujourd'hui, à inverser le phénomène. 

Emmanuel Macron s'est un temps présenté comme le candidat du relèvement. Les semaines avancent et la conviction se forge: les remèdes qu'ils proposent ne sont pas dimensionnés pour s'attaquer aux déficits structurels qui plombent l'indépendance du pays. 

Face au déficit structurel de la sécurité sociale...

Depuis hier, en tout cas, le gouvernement ne peut ignorer la réalité. Ce salutaire corps constitué qu'est la Cour des Comptes lui a officiellement fait savoir que la sécurité sociale (34% du PIB) était en déficit structurel, malgré les nombreuses hausses de cotisations pratiquées depuis quinze ans. 

Sans réformes de structure à court terme donc, la sécurité sociale restera déficitaire. Et c'est précisément ce que propose Emmanuel Macron. Dans le meilleur des cas, la réforme des retraites (dont il n'est pas prouvé qu'elle amènera des économies à court terme) sera lancée en 2022. D'ici là, Emmanuel Macron n'a aucune proposition nouvelle. 

Parallèlement la stratégie nationale de santé à laquelle travaille Agnès Buzyn devrait confirmer le mouvement du hamster dans sa roue: on va continuer à étatiser toujours plus, au nom de la lutte contre les inégalités. On n'est donc pas près de briser les chaînes du déficit structurel.

... et des administrations

Il suffit de lire la situation budgétaire mensuelle de l'État pour comprendre le désastre en préparation, singulièrement décalé des postures officielles. Au 31 juillet 2017, l'État a battu un nouveau record historique, avec près de 237 milliards€ de dépenses en sept mois, soit 7,5 milliards de plus que son précédent record, qui datait de 2015. Pour un peu, on en viendrait à regretter la gestion de Valls. 

Pour juguler ce méchant dérapage, on voit mal quel remède le gouvernement entend utiliser, en dehors des cautères habituels. On va geler par-ci, tailler par-là. Mais on ne voit toujours pas venir la grande pensée qui réformera l'État et en réduira la voilure sans nuire à notre qualité de vie quotidienne. 

Par exemple, le gouvernement s'obstine à ne pas vouloir mesurer le temps de travail des fonctionnaires. Il s'obstine à ne pas se poser la question de la productivité de ses fonctionnaires.

Pourtant, on sait par exemple qu'il faut deux policiers pour faire rouler pendant moins de deux heures par jour une voiture radar, alors qu'une entreprise a besoin d'une seule personne pour sept heures quotidiennes. 

Ce genre de constat dramatique n'incite manifestement pas Emmanuel Macron à taper dans la fourmilière. On le regrette, parce qu'il y a quand même matière à réagir.

La France sous le contrôle de Bruxelles

Ce que les européistes ne veulent pas reconnaître, c'est que ce dilettantisme dans la réforme de structure nourrit l'euroscepticisme. Comme la France s'abrite derrière la garantie allemande pour vivre au-dessus de ses moyens en empruntant à peu de frais, elle accepte aussi sa subordination à son puissant voisin. Et vas-y que je retombe dans le cercle vicieux du diktat allemand qui nourrit le rejet de l'Europe.

Une seule chose est sûre aujourd'hui: le retour à la souveraineté nationale passe par de vraies et efficaces réformes de structure, comme la suppression du statut de la fonction publique dans les hôpitaux, qui permettra de supprimer d'un coup un million de fonctionnaires. Sans quoi, le rejet de l'Europe ira grandissant. 

Au passage, on vient d'apprendre que la Commission maintenait la France dans son viseur... Notamment parce que le déficit devrait repasser au-dessus de 3% en 2019.

Nous aurons deux priorités : l’investissement public et privé, pour préparer l’avenir, et le sérieux budgétaire, pour ne pas léguer une dette insoutenable à nos enfants.

Contrairement à ceux qui tiennent l’État pour la cause de toutes nos difficultés, nous faisons de la qualité des services publics un des piliers de la nouvelle croissance. Mais contrairement aux avocats de la dépense publique sans limite, nous considérons aussi qu’un excès de de dette et de prélèvements obligatoires fait obstacle au développement économique. Relever les défis de la nouvelle croissance suppose de réformer la sphère publique pour plus d’efficacité et plus d’investissements.

Programme En Marche

4 commentaires sur Le déficit structurel, ce cancer français que le docteur Macron ne guérira pas

  1. Je pense que la lutte contre l’immigration, clandestine ou légale, est la mère de toutes les batailles.

    Mais, peu importe pour le sujet qui est celui de votre billet, puisqu’il n’y a pas de contradiction. L’étatisme et l’immigrationnisme se nourrissent l’un l’autre.

    L’Etat trouve dans les populations immigrées, avec les problèmes de tous ordres qu’elles posent, une justification de ses interventions tous azimuths. Et l’immigration trouve une justification dans la nécessité de nourrir le moloch (« Qui paiera nos retraites ? » ).

    Cette symbiose n’est pas comprise par tous (osons le mot) les imbéciles (et ils sont vraiment nombreux) qui se disent à la fois étatistes et anti-immigration. Ils fantasment sur un Etat qui serait strictement national, voire nationaliste. Mais rien, dans le concept d’Etat, ne lui fixe de limites naturelles. Au contraire, les Etats, nous le voyons tous les jours, sont des machines tentées de s’étendre indéfiniment sans souci de frontières ni de loyauté vis-à-vis d’un peuple particulier.

    C’est pourquoi, dans un pays qui fonctionne, l’Etat n’est pas le maître mais un instrument au service du souverain et c’est le souverain qui limite l’emprise néfaste, potentiellement apatride, de l’Etat.

    Quand Henri IV dit « Rien n’est pire que la perte de l’Etat », il sous-entend, car c’est pour lui naturel, l’Etat au service du souverain. Il envisage la dissolution de l’Etat, mais il n’envisage pas l’Etat qui prend son autonomie, sans plus obéir au souverain légitime.

    Or, c’est bien ce qui nous arrive aujourd’hui. Le premier but de l’Etat français en 2017, c’est d’abord la perpétuation de lui-même. Il n’est plus subordonné, il vit sa vie propre, en parasite de la société française. Au point, pour assurer le coup, d’avoir porté à sa tête son champion. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

    Et l’on retombe sur votre histoire de déficit structurel : pour que l’Etat français puisse vivre sa petite vie pépère sans rendre de compte, il faut qu’il arrose largement. D’où déficit maousse costaud.

    A partir du moment où vous fixez à l’Etat des objectifs et que vous le jugez en terme d’efficacité, vous posez que sa raison d’être est en dehors de lui, qu’il n’est pas sa propre justification. Bref, vous lui redonnez une position subordonnée. Bon courage !

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