Directive sur les droits d’auteur… Les lobbys ont-ils gagné ?

Les eurodéputés, très divisés, ont rejeté jeudi 5 juillet par 318 voix contre 278, la directive proposée par la commission des affaires juridiques de Strasbourg, une loi qui aurait pu bouleverser Internet. Ont-ils cédé sous la pression des lobbys ?

Rappelons ce que proposait cette réforme qui a déchaîné la toile ces dernières semaines.

D’un côté, les artistes, leurs représentants et les éditeurs de presse s’accordaient sur un texte obligeant les grandes plates-formes numériques à rémunérer et/ou filtrer les contenus soumis au droit d’auteur postés sur les plates-formes numériques, celles-ci profitant de contenus parfois soumis au droit d’auteur et postés sans autorisation par leurs utilisateurs.

De l’autre, les GAFA (acronyme de Google, Amazon, Facebook et Apple) de la Silicon Valley, défenseurs des libertés numériques, qui craignent que la directive n’instaure un système de filtrage généralisé des contenus, y voyant : 

« un outil de surveillance et de contrôle automatisé de ses utilisateurs »

Ils soupçonnaient aussi que la directive, qui prévoit une rémunération pour les éditeurs de presse lorsque leurs contenus sont analysés et référencés par les grandes plates-formes, ne mette à mal la fluidité qui fait la force du fonctionnement du Web.

Même Wikipédia a fait grève

Dans certains pays européens, les internautes étaient redirigés vers une page protestant contre le projet de loi. Dans d’autres, une bannière incitait les utilisateurs à s’opposer à la directive. Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia expliquait :

« Les filtres obligatoires ne feront que renforcer le pouvoir de Google et Facebook,qui ont déjà les capacités techniques pour les mettre en place. Toutes les autres petites plateformes que les gens utilisent seront bloquées ».

Le coup de force des lobbys !

« La campagne de désinformation orchestrée par les porte-voix des GAFA constitue un problème démocratique » 

déclarait David El-Sayegh, le secrétaire général de la Sacem. 

« Google, Apple, Facebook, Microsoft et Amazon font du lobbying via des ONG bidons. Il est impossible d’avoir un débat à ciel ouvert avec l’un des responsables des GAFA, ils n’apparaissent jamais directement. »

L’eurodéputé français Marc Joulaud (PPE, centre droit) n’a pas mâché ses mots jeudi après le vote, n’hésitant pas à qualifier : 

« une campagne de lobbying d’une violence sans précédent orchestrée par les GAFA. On a manipulé les citoyens en jouant sur leurs peurs, on a assimilé les députés à des censeurs, on les a insultés et menacés de mort, des méthodes abjectes et profondément cyniques ».

L’Edima, un groupe de pression qui rassemble, entre autres, les « GAFA » a vu dans ce vote lui :

« une victoire pour la démocratie ».

« Une chance de lever les inquiétudes sur ce texte et créer des règles sur les droits d’auteur adaptées à notre société numérique »

pour une euro députée.

Si l’on soupçonne partout le péril de la main gantée de fer des GAFA, c’est que leur incroyable capacité de lobbying est réelle.

Mais on peut s’interroger… Les internautes et ceux qui représentent les citoyens n’ont-ils pas eu une attitude passive et attentiste sur la question ?

Pourquoi les GAFA se gêneraient-ils quand on voit les atteintes à la vie privée que subissent chaque jour les utilisateurs du Net et le peu d’impacts correctifs qu’ils font de leurs usages, comme le rapporte « les Echos ».

 

De là à imaginer que les histoires de droits d’auteurs passionnent les internautes…

 

Hé, c’est les vacances non ?!

1 commentaire sur Directive sur les droits d’auteur… Les lobbys ont-ils gagné ?

  1. « une campagne de lobbying d’une violence sans précédent orchestrée par les GAFA. » – Si l’on soupçonne partout le péril de la main gantée de fer des GAFA, c’est que leur incroyable capacité de lobbying est réelle. »

    Les pov’tites choses…
    C’est que ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est vachement fragile un dépité neuro-P4-péun – une ouverture de canette qui fait un courant d’air, et hop, c’est la broncho-pneumonie direct !

    Ils devraient sortir le dimanche, et peut-être même pousser jusqu’à Capitol Hill, histoire de voir ce que c’est qu’une vraie campagne de lobbying bien sanglante comme on les aime aux USA.
    Et il vaudrait même mieux qu’une chose terrible comme ça ne leur arrive jamais, parce qu’ils seraient bien capables de nous faire un collapsus, voire de nous péter un joint de culasse.

    Et après, tous ces aimables esthètes se demanderont bien pourquoi de plus en plus de gens ont la furieuse envie de les accueillir à coups de fourche ou plus si affinités – quelle pitié, c’est vraiment la misère intellectuelle de l’âme de la pensée unique tous ces parasites.

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