Droits des femmes: Benoît Hamon en pointe à gauche

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À l’approche de la primaire de la gauche, nous complétons notre analyse sur les marqueurs clivants par un approfondissement des positions des candidats sur la question de l’égalité hommes-femmes.

Zéro pointé pour Montebourg, Pinel et Bennahmias

Premier point assez surprenant: trois candidats sur sept ne font aucune propositions sur la question de l’égalité homme-femme. Ils occultent même le sujet, à l’exception de Jean-Luc Bennahmias qui l’évoque très rapidement à propos de l’Islam.

Ce silence complet paraît assez singulier, notamment dans le programme de Montebourg qui doit bien se douter qu’un certain nombre d’électeurs (et surtout d’électrices) ne sont pas prêts à ne pas lui en tenir rigueur. Cette absence est d’autant plus notable que la question de l’égalité salariale hommes-femmes revient pourtant régulièrement.

Les axes d’analyse des autres programmes

Quant aux autres candidats, leur programme est ici analysé sous un quintuple prisme.

Premier point: quelle place la question de l’égalité hommes-femmes occupe-t-elle dans le programme? Nous avons ici distingué les propositions dans le domaine politique, dans le domaine du travail, dans celui de la fonction publique et dans les questions sociétales. Nous avons relevé la “consistance globale” de propositions. Ainsi, nous avons noté 0 les candidats qui ne proposent pas de mesures spécifiques pour la fonction publique.

Deuxième point: les propositions politiques. Celles-ci regroupent les idées liées à l’amélioration de la parité dans le domaine politique, y compris la reconnaissance de droits constitutionnels nouveaux (même s’ils sont formels) comme le propose Vincent Peillon.

Troisième point: les propositions “sociales” ou liées au monde du travail. Cette catégorie regroupe toutes les propositions liées à l’amélioration de l’égalité hommes-femmes dans la sphère des entreprises privées. Elle intègre la proposition (ou non) d’amélioration de l’accès des femmes aux grandes écoles, ou la transférabilité d’une part des droits de congé maternité au père. Cette catégorie intègre également la question de la place des femmes dans la gouvernance des entreprises.

Quatrième point: la question de la fonction publique. Cet item évalue le poids des propositions de chacun sur le sujet de l’égalité hommes-femmes dans la fonction publique.

Cinquième et dernier point: les propositions sociétales. Cet item regroupe les propositions comme la légalisation de la procréation médicalement assistée, le développement de l’accueil des enfants ou la reconnaissance de droits renforcés sur le corps féminin.

Le radar hommes-femmes

Cette analyse donne les résultats suivants:

Ces résultats confirment une tendance déjà apparue sur le radar global.

Schématiquement, on s’aperçoit que la surface la plus faible, la moins interventionniste en quelque sorte (exception faite des trois candidats qui ne proposent rien sur ce sujet), est celle de François de Rugy. Celui-ci est, en revanche, avec Manuel Valls, le candidat qui se montre le plus ambitieux dans la réforme de l’Etat.

Pour le reste, ce sont Manuel Valls et Benoît Hamon qui développent l’aire idéologique la plus importante par rapport à celle de leurs concurrents.

Valls, ouvert sur le travail, fermé pour le reste

Comme sur le radar global, Manuel Valls est le candidat qui a ancré son programme dans la tradition socialiste la plus orthodoxe. D’une part, il accorde une importance significative à la question et spécialement aux protections des travailleurs salariés, en proposant un renforcement des dispositions contraignantes pour les entreprises. D’autre part, il se montre beaucoup plus frileux sur les autres sujets, sur les questions de société et sur la place “politique” des femmes, Manuel Valls se montre assez peu allant.

Hamon en pointe sur le droit des femmes

Comme sur les autres sujets, Benoît Hamon est le candidat qui semble apporter les idées les plus complètes sur ce dossier. En particulier, il prend des positions affirmées sur les questions de société qui pourraient se révéler payantes vis-à-vis de son électorat. Il se montre très volontaire sur la PMA (absente du programme de Manuel Valls, sauf pour “ouvrir le débat”), sur le développement du planning familial ou sur l’allongement des délais de prescription pour le viol.

Il faudra voir dimanche si cette stratégie des deux candidats leur permettra de passer le cap du premier tour.

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