Egalité professionnelle chez Orange : duel entre la CFDT et la direction

L'égalité professionnelle ne serait donc qu'une vaste fumisterie ? C'est ce que semble affirmer la CFDT dans un communiqué paru en ce début octobre. Le syndicat accuse le groupe Orange de ne pas avoir mis en oeuvre tous les moyens dont ils disposent pour atteindre les objectifs du dernier accord triennal 2014/2017.

Les prochaines négociations entre le groupe Orange et la CFDT seront l'objet de toutes les attentions. Dans un communique que l'on peut saluer par sa clarté, le syndicat accuse clairement la société de télécommunication de ne pas avoir respecté les engagements de l'accord triennal 2014/2017. Des propos forts que l'on peut cependant nuancer. Alors, qui a raison ? Qui a tort ?

La CFDT a raison : l'égalité femmes-hommes n'est pas respectée

Ce n'est qu'une demie-surprise : les femmes sont moins nombreuses que les hommes, même dans le groupe Orange. Alors, même si l'on peut remettre en question les chiffres totaux des effectifs qu'avance la CFDT (86 952 personnes en 2016 ; 105 697 d'après les données du gouvernement), la part des femmes reste faible et en dessous des objectifs fixés par l'accord triennal. A fin 2016, les femmes devaient représenter entre 37% et 37,5% des effectifs. Pour la CFDT, il est question de 36,16%, pour Orange c'est plutôt 36,04%. De même, on constate aussi une certaine précarisation des contrats des femmes. Moins enclines à être embauchées en CDI, elles représentent exactement la moitié des contrats en CDD et près de la moitié des contrats en alternance.

Il y a exactement 1/3 de femmes dans la direction du groupe Orange: Fabienne Dulac, Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, Christine Albanel et Béatrice Mandine. 

Source : organigramme 

Orange a raison : un processus de féminisation est en marche

Alors oui, le taux de femmes recrutées est largement inférieur au taux de féminisation de l'entreprise. Cependant, on voit aussi qu'elles sont plus nombreuses à accéder aux hautes sphères de la société. Elles sont 33% a être présentes dans le comité exécutif et 30,65% dans les divers comités de direction. De la même manière, on observe que même si elles sont en moyenne moins bien payées que les hommes à poste équivalant, leurs salaires ont subi des augmentations plus fortes ! De 2014 à 2016, la moyenne du salaire féminin est passée de 3521€ à 3771€ soit une augmentation de 6,6%. Chez les hommes, l'augmentation est plus modérée, de 3853€ à 4093€ soit 5,9%. 

Aujourd'hui, la CFDT affirme que "les engagements proposés par l'entreprise sont très insuffisants" et elle souhaite que Orange fasse preuve d'autant d'envie que "pour l'accord sur la transformation numérique". Cependant, on ne peut que constater les efforts qui sont déjà fournis. Il suffit pour cela de noter que l'écart moyen de salaire est sous la barre des 10% alors que la moyenne nationale est de 26%

Les demandes de la CFDT pour ce nouvel accord, sont les suivantes :
_ Le maintien des mesures phares de l’accord 2014-2017 les mesures NAO
avec le rattrapage salarial
_ Le budget promotion en fonction de la représentativité des femmes dans les
unités
_ Un objectif de taux de féminisation des effectifs actifs.
_ Un objectif de taux de féminisation par bande.
_ Un indicateur avec les promotions F/H ACO et F/H AFO.
_ Un pilote national de l’accord et des moyens RH.
_ Des primes de vente : une annexe claire intégrée dans l’accord sur la prise
en compte de la PVC et PVM.
_ Une mise à jour et une diffusion du guide de la parentalité.
_ La sur cotisation de l’entreprise en cas de congé parental en temps partiel
au-delà de 6 mois.

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