Emeutes à Paris : une répression qui coûte cher

Pour évoquer les scènes de violences qui ont émaillés le mouvement des Gilets Jaunes à Paris le 1er décembre, on parle volontiers du coût des dégradations. Mais il est intéressant d’évoquer ce coût au regard de celui induit par les actions des forces de l’ordre.

Nous avons évidemment tous en tête ces images terribles des émeutes à Paris mais aussi partout en France. Des affrontements entre casseurs, gilets jaunes ou non, et les forces de l’ordre, police nationale, CRS, agents de la BAC…

Et si l’on connait presque exactement le coût des dégâts occasionnés par ces violences, il ne faudra pas non plus oublier de rajouter le coût des moyens utilisés par les forces de l’ordre pour tenter de remédier à la situation.

Plus cher que les dégradations

Parmi les moyens utilisés, on retrouve tout un éventail de grenades lacrymogènes, de désencerclement et de défense. D’après les premiers chiffres, plus de 10 000 grenades auraient été utilisées durant la seule journée de samedi 1er décembre. Et ce seulement à Paris. Les chiffres concernant les autres villes de France touchées ne sont pas encore sortis.

D’après nos confrères du Parisien, « les CRS ont utilisé 7 940 grenades lacrymogènes (MP7), 800 grenades dites de « désencerclement », ainsi que de 339 grenades GLI-F4. Mais bien évidemment, tout cet équipement a un coût.« 

En août dernier, le ministère de l’Intérieur passait commande pour 1,7 millions d’euros hors taxe de grenades et de lanceurs. Nous estimions alors le prix d’une grenade à 43€ pièce. En somme, en une seule journée de mobilisation parisienne, ce sont 430 000€ de grenades qui sont partis en fumée.

Mais ce n’est évidemment pas tout. Un peu partout, plusieurs camions lanceurs d’eau ont été aperçus. Il s’agit de Renault Kerax qui ont été modifiés suivant les besoins des forces de l’ordre : entièrement blindés, avec un canons à eau et une cuve de 4 200 litres.

Difficile de faire une estimation du prix d’achat du véhicule mais aussi de celui des modifications affairentes. A titre de comparaison, en Allemagne, la valeur du véhicule en dotation atteint les 900 000€ pièce. Pour information, Paris possède trois véhicules de ce type, qui étaient tous déployés ce samedi. Avec une consommation de près de 70L de gazole pour 100 km (données constructeur pour un modèle de base), le bilan carbone n’est pas des plus terribles.

Contacté, la police nationale est actuellement en train de traiter nos demandes.

A cela, il faudrait encore rajouter le prix du nombre de projectiles pour flash-ball utilisés. De même qu’il faudrait prendre en compte les salaire des forces de l’ordre qui ont été mobilisées pour avoir une estimation globale un peu plus fidèle à la réalité. Et ce, sans compter les frais liés au futur entretien et remise en état des équipements déployés.

Au total, pour une seule journée de mobilisation, on atteindrait probablement,  un coût supérieur au million d’euros. Et pour ce prix, les fonctionnaires avaient en prime des véhicules qui présentaient de graves dysfonctionnements. Rappelons aussi que pour ce prix, les dégâts n’ont pu être évités. Anne Hidalgo, maire de Paris, estime qu’ils atteindraient un million d’euros, soit deux de moins que l’argent engagé par les forces de l’ordre.

Efficacité vous dîtes ?

2 commentaires sur Emeutes à Paris : une répression qui coûte cher

  1. Excellente mise en perspective…. est ce à dire que s’il n’y avait pas eu de forces de police stupidement déployées et positionnées dans un rôle debile par un ministre de l’interieur novice et incompétent plus connaisseur des moutons et de la lavande des Alpes du sud, et pourtant cornaqué d’un ministre adjoint pro de la police, mais à l’ancienne qui ne sait que cogner, on n’aurait pas eu ce bazar ???
    Il faut vraiment être très con pour avoir interdit les Champs au motif de les protéger et ignorer que tout ceci repoussait des manifestants excédés dans les petites rués autour en toute liberté de casser….
    Avec un tél budget il valait mieux payer aux commerçants des grilles de protections mobiles à toutes les devantures de haut en bas des champs sur les deux côtés

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