Emmanuel Macron est-il en train de tuer le journalisme ?

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Parallèlement à la polémique des gendarmes-journalistes, qui donnaient des images épurées aux médias présents lors de l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes, le Sénat étudie le texte de loi sur la protection du secret des affaires qui pourrait mettre à mal la profession. 

D’après le classement 2017 de Reporters Sans Frontières, la France se situe plutôt bien en ce qui concerne la liberté de la presse. Classée 39e, elle se situe devant le Royaumex-Uni, les Etats-Unis ou encore l’Italie. Pour autant, elle est très loin de la Norvège qui occupe la tête du classement.

Seulement, le quinquennat Macron risque de faire dégringoler l’indice de liberté accordé à la France. Entre les services de presse des institutions publiques qui multiplient les rétentions d’informations, les journalistes expulsés des grands événements, ou encore les lois liberticides, la profession est plus que mise à mal. 

La gendarmerie fournit aux médias ses propres images de Notre-Dames-des-Landes

Vous les avez vues dans tous les journaux télévisés. Ces images des forces de l’ordre qui vont au conflit avec les zadistes, la ferme détruite à coups de tractopelles ou encore ces superbes images aériennes de la zone de tension. Seul bémol malgré leur réalisation presque parfaite : elles ne proviennent pas de journalistes mais des forces policières.

Plusieurs témoignages rapportent que des CRS, une doute existant sur le nombre précis, portaient au choix : un dossard presse ou un brassard presse. Mais dans les deux cas, ils avaient des caméras, des appareils photos et des drones pour filmer de la meilleure façon possible les événements. 

Les journalistes présents le jour J expliquent aussi la difficulté qu’ils ont eue à accéder à la ZAD, certaines routes leur étant purement et simplement barrées, les contrôles d’identité et les menaces se multipliant sur les autres itinéraires. Pour décourager les journalistes présents, les forces de l’ordre n’hésitent pas à marteler le caractère « dangereux » de la zone. 

Comble de la mesquinerie, Gérard Collomb annonçait que « 200 caméras seraient amenées sur site pour donner un jugement objectif aux spectateurs« . En clair, le jugement objectif vient du gouvernement par des images très épurées.

La liberté de la presse, très peu pour la Macronnie.

Censurer les investigations des journalistes, plus qu’un projet…

Parallèlement à ces événements, le gouvernement s’apprête à donner un coup de couteau final à la liberté de la presse par l’intermédiaire du Sénat qui doit, ce mercredi, se pencher sur la loi sur le secret des affaires. Cette dernière restreindra considérablement le champ d’application de dispositions sur le secret des affaires.

Cette transposition du droit européen va concrètement permettre à une personne mise en cause de faire condamner un journaliste qui aurait révéler une affaire sensible au motif du secret des affaires. Officiellement, la directive vise à protéger les entreprises contre le vol de leurs secrets industriels ou leur divulgation à des concurrents ou au grand public. Seulement, elle peut être, dans de nombreux cas, contraire à l’intérêt général. 

Avec une telle directive, les différents « leaks » (Wikileaks, Footballleaks, Luxleaks…) n’auraient jamais été publiés.

Les journalistes, ces chiens de garde dont ne veut pas Emmanuel Macron

Sale temps pour le journalisme qui voit se multiplier les entraves au bon déroulement des investigations et reportages. En janvier dernier, nous informions déjà nos lecteurs que les journalistes avaient été invités à déguerpir lors de la venue de Jupiter dans l’usine Toyota de Valenciennes. Et pour cause, ces derniers auraient pu filmer des manifestants. 

Plus tôt, Patrick Jankielewicz, rédacteur en chef à la Voix du Nord, annonçait supprimer les interviews des politiques suites à de trop nombreuses relectures de ces dernières, qui ressemblaient plus à des sabrages en règles qu’à l’apport de précisions. Une pratique inconcevable à l’étranger.

Dans ces conditions, il est bien difficile d’exercer sa profession et encore plus sa fonction de « chien de garde de la démocratie« . Pour rappel, cette fonction qui caractérise les journalistes, censés exercer un contre-pouvoir motivé par l’intérêt général, est expressément notifiée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme comme un droit fondamental. De même que le public puisse avoir accès à une pluralité d’informations.

Mais ça, Emmanuel Macron n’en veut pas. Rajoutons à l’ardoise la nomination d’un proche d’Emmanuel Macron à la tête de LCP, de Sibyle Veil (née Petitjean) à la tête de Radio France alors qu’elle est une ancienne camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, et on obtiendrait presque un état totalitariste qui souhaite contrôler les médias et les informations qui y transitent. 

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