Emmanuel Macron peut-il vraiment remettre sur pieds l’apprentissage ?

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Emmanuel Macron en a fait son cheval de bataille, Edouard Philippe l’a annoncé et Muriel Pénicaud se charge personnellement du dossier : la transformation de l’apprentissage est « En Marche ». Cependant, il se pourrait que la marge de manoeuvre du gouvernement soit plus limitée que prévue à cause d’un boulet venu du précédant quinquennat. 

Alors que Muriel Pénicaud a annoncé ce vendredi le début de la concertation pour la transformation de l’apprentissage, la DARES vient de publier son rapport sur les dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail. Dans un premier temps, on observe logiquement une hausse en ce qui concerne les dépenses ciblées pour les politiques de marché du travail, qui atteignent près de 3,5% du PIB en 2015, quand elles n’étaient que de 3,1% l’année précédente. 

L’apprentissage a-t-il été sacrifié sous Hollande ?

Lorsque l’on se penche plus en détails sur les chiffres que met en lumière le rapport de la DARES, on observe que les dépenses liées à la formation professionnelle ont augmenté de 2% en € constant de 2014 à 2015. Bon signe me direz-vous. Pas vraiment. Très clairement, cette augmentation est due au retrait progressif de l’Etat dans le financement des formations. A titre d’exemple, les stages de formations organisés par les régions ont vu leurs dépenses augmenter de 17,9% en un an, quand par la même occasion celles des stages financés par l’Etat en faveur des publics fragiles ont diminué de 36,9% !

Autres secteurs qui ont subi les plus gros coups de rabot : ceux de l’alternance et de l’apprentissage. Pour ce qui est du premier, la donne est très simple. De 84M€ en 2010, la dépense est passée à 0€ en 2014 et n’a pas augmenté en 2015. Les dépenses liées au soutien spécial à l’apprentissage ont aussi souffert sous le quinquennat Hollande, passant de 1 380 milliards d’euros en 2014 à 1 231 milliards d’euros l’année suivant. 

Quelle est la marge de manoeuvre d’Emmanuel Macron ?

D’un point de vue strictement comptable, le nouveau président de la République souhaite toujours atteindre la barre des 500 000 apprentis, si ce n’est la dépasser. Seulement, l’heure est aussi aux coupes budgétaires dans l’apprentissage. En 2014, ce sont 20% de budget à l’apprentissage qui ont été supprimés grâce à la disparition des primes d’embauches et des crédits d’impôts. La question est donc de savoir comment faire plus avec moins ? Est-il possible d’allouer une nouvelle enveloppe alors qu’elle était récemment nulle ?

Une refonte structurelle du système de formation pourrait être intéressante. Par exemple en rendant plus claire la distinction entre professionnalisation et apprentissage. Et pour continuer à prendre en exemple cette si belle Allemagne où tout réussit, rappelons que cette dernière a réglé le problème des horaires trop contraignantes depuis plusieurs années. Pour contrer le fait que les horaires de transport des apprentis devaient être déduites de leur quota journalier, le gouvernement allemand a pris la résolution d’abaisser l’âge du permis de conduire à 16 ans. Autant d’idées qui ne coûteraient presque rien mais qui pourraient contribuer à endiguer le chômage chez les jeunes. 

Les dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail s’élèvent à
122 milliards d’euros (Md€) en 2015, soit 5,6 points de PIB. 

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