Les enseignants cumulent plus d’absences que leurs élèves

Les professeurs seraient ceux qui usent le moins les bancs de l'école. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, un rapport de la Cour des comptes montre que les enseignants cumulent plus de jours d'absence que leurs élèves. 

Lors de la rentrée 2014, l'Education Nationale comptait un peu plus de 12 millions d'écoliers, collégiens et lycéens en France métropolitaine et dans les DOM-TOM. Et cela aussi bien dans le secteur privé que public, ce qui équivaut à l'arrivée de 37 800 élèves en trois ans. Par la même occasion, on dénombrait près de 840 000 enseignants dans les écoles et les établissements du second degré, soit près de 2 000 postes en plus par rapport à l'année précédente. Pour autant, la Cour des comptes a constaté des taux records d'absentéisme chez les professeurs. 

13,5 millions de journées d'absence

Ce nombre parait tout bonnement incroyable, même lorsqu'il nous apparaît sous les yeux à la page 70 du rapport. Il convient tout de même de le nuancer puisqu'en 2014, la France comptait 861 000 enseignants. Ce qui donne une moyenne de près de 16 jours d'absence par an par enseignant. Pour la Cour des comptes, " l’ampleur comparée de cet absentéisme au sein de la fonction publique est délicate à apprécier en raison des conditions d’exercice du métier. Il est regrettable que le ministère n’ait pas mis en place un dispositif adapté pour son suivi (en heures d’enseignement plutôt qu’en jours dans le second degré) ".

A titre de comparaison donc, sur la même année, le taux d'absentéisme chez les élèves n'atteignait que 4,4%, soit environ 4 demies-journées par mois. 

Les rois des congés maladie

Parmi les raisons avancées pour expliquer ce nombre important d'absences, la Cour des comptes pointe en premier la complexité du métier. " L’absence d’un
enseignant pendant un jour ou deux peut n’avoir aucune répercussion en termes d’heures de cours perdues ; inversement, un enseignant présent peut ne pas assurer son enseignement en classe s’il participe à des conseils de classe, à un jury, à une sortie scolaire. Enfin, l’impact d’événements qui privent certains élèves de leurs enseignants sans que ces derniers soient déclarés absents, comme la fermeture d’un lycée où se déroulent les épreuves du baccalauréat, n’est pas précisément connu. "

Le rapport met aussi en lumière une part de plus en plus importante des enseignants qui prennent des jours de congés maladie. Si la moyenne du secteur est plus basse que la moyenne nationale (11,4 jours par an par professeur contre 13,5 jours en moyenne), elle est beaucoup plus concentrée car le nombre annuel de jours de travail est réduit. Ainsi, ce sont 26,5% des enseignants qui ont pris des congés maladie contre 13,3% dans les autres administrations. 

Quelles conclusions tirer de cette enquête ? La première serait que ces absences parfois aussi courtes qu'imprévisibles, contribuent à désorganiser le système scolaire public. La tentation est donc de se rapprocher du système privé. Ainsi, la FCPE (la fédération des Conseils de Parents d'élèves) montrait que le taux de remplacement des congés maladies et maternité dans l'enseignement privé sous contrat frisait les 98% en 2014, alors qu'il n'était que de 85% dans le public. Les mauvaises langues pourront aussi arguer en faveur d'une prévention accrue chez le corps professoral, qui passerait par une vaccination obligatoire par exemple. La deuxième conclusion serait de dire qu'il faut encore plus faire converger le secteur public et privé en établissant les trois jours de carence, ce qui inciterait les professeurs à assurer leurs cours malgré des états de santé incertains. Sinon, on peut aussi se prononcer en faveur d'une grande concertation pour mieux appréhender les raisons qui mène à ces chiffres ahurissants. Malheureusement, elle ne semble pas encore être à l'ordre du jour au gouvernement. 

1 commentaire sur Les enseignants cumulent plus d’absences que leurs élèves

  1. Conclusion:

    Les profs sont des paresseux qui ne veulent pas travailler et il faut les punir ou ils ont un métier éreintant qui les pousse à se faire arrêter ?

    Pas de feu sans fumée ou pas de fumée sans feu…

    Les Français veulent savoir!

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