Equipement de l’armée : même associé à deux autres groupes, le français Verney-Carron a peu de chances de sauver le made in France

Alors que la date de candidature concernant l’appel d’offre aux entreprises pour remplacer le fusil de précision FRF2 actuellement en dotation vient toujours de prendre fin, on apprend que le français Verney-Carron qui ne satisfaisait pas les contraintes financières, a dû finalement s’allier à des groupes étrangers pour candidater. Une mesure qui pourrait finalement être vaine.

via GIPHY

Le contenu et la forme de l’annonce avaient fait polémique. En août dernier, nous informions nos lecteurs sur le fait que la Direction Générale de l’Armement avait publié un appel d’offre pour procéder au renouvellement des fusils de précision actuellement en dotation dans l’armée de terre.

Seulement, cet appel d’offre semblait exclure d’office les candidatures des armuriers français. Et pour cause, ces derniers ne disposaient pas des garanties financières nécessaires. En somme, l’appel d’offre établissait un chiffre d’affaires minimum de 50 millions d’euros sur les trois dernières années. 

Verney-Carron n’a pas abdiqué

Du côté de Verney-Carron, l’un des plus importants armuriers français, la pilule avait du mal à passer. D’abord parce qu’il lui était impossible de postuler, son CA n’excédant pas 13 millions d’euros. Mais aussi parce que la PME installée dans la Loire expliquait que le gouvernement avait cédé face aux lobbys. 

A l’heure actuelle, plusieurs candidats se sont officiellement déclarés. On retrouve logiquement l’allemand Heckler & Koch qui fournit déjà les fusils d’assaut en dotation dans l’armée, et qui apparait comme étant le grand favoris. On retrouve aussi le belge FN Herstal et l’italien Beretta par l’intermédiaire de sa filiale française Humbert CTTS. Des candidats uniques qui a eux-seuls font plus de 50 millions d’euros de CA.

Mais on apprend qu’il restait encore quelques cartouches au français Verney-Carron. Pour postuler, ce dernier devait néanmoins conclure une alliance avec un ou deux groupes afin de satisfaire aux exigences de l’appel d’offre. Chose faîte puisque l’on apprend que Verney-Carron s’est associé avec le norvégeo-finlandais Nammo qui travaillera sur la production des munitions, et l’allemand Hensoldt, ex-filiale d’électronique défense d’Airbus qui s’occupera des optiques.

Pour le PDG de Verney-Carron, il ne s’agit pas d’un baroud d’honneur mais bel et bien d’un véritable projet. 

Mon projet est de faire en sorte qu’il y ait un peu de Made in France entre les mains de nos soldats. Le VCD10 a été testé par les forces et corps de l’armée française, et a présenté des résultats satisfaisants.

Guillaume Verney-Carron pour BFM TV

Seulement, dans la pratique, le groupement part avec un sérieux retard face à ses concurrents et en particulier face à l’allemand Heckler & Koch. D’abord parce que, comme nous le disions plus haut, ce dernier a déjà remporté l’appel d’offre pour le remplacement du fusil Famas.

Mais aussi parce que la DGA ne fait que peu confiance aux groupements français. Le Service de l’achat des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure avait déjà lancé un appel d’offre pour la production de plus de 300 000 gilets pare-balles destinés aux forces de l’ordre. Avec des contraintes similaires, la PME française Protecop s’était alliée avec une dizaine de sous-traitant afin de convenir aux exigences.

Mais le projet n’a finalement pas été retenu et c’est l’Irlandais Cooneen qui a remporté le contrat. Encore plus décevant lorsque l’on sait que ses usines sont installées…en Asie. Littéralement, les forces de l’ordre françaises sont équipées avec du « Made in China ».

On saura donc prochainement si le fusil français VCD10 équipera les tireurs d’élite français. Mais il faudra batailler dur.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire les articles précédents :
Délai de carence entre deux CDD : la Cour de cassation rappelle la règle

Les employeurs ne le savent peut-être pas mais un délai de carence doit être respecté entre deux CDD sur un...

Fermer