Etiquetage de la viande: les demandes de la filière

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Dans le dossier de l’étiquetage de la viande, la filière défend un certain nombre de positions face aux pouvoirs publics. En voici les grands points:

– concernant l’entrée en vigueur, le décret qui s’appliquera au 1er janvier 2017 prévoit un écoulement des produits, antérieurement fabriqués avant le 1er janvier, jusqu’au 31 mars2017. Répondant à la demande de plusieurs organisations dont Culture Viande, le Ministère de l’Agriculture et la DGCCRF ont annoncé que tous les stocks de produits fabriqués avant l’entrée en vigueur et dont l’étiquetage n’est pas conforme aux dispositions du décret pourront être utilisés jusqu’à épuisement : Pour les stocks d’étiquettes et de conditionnements non conformes, la date limite d’utilisation est le 1er avril 2017 ; Une instruction sera donnée en ce sens aux services de contrôles.

– sur la définition des produits concernés, le Ministère prévoit un périmètre d’application du décret la plus large possible. La définition de la viande concernée est donnée par le règlement INCO (annexe 7), mais inclut aussi les préparations de viandes et les viandes séparées mécaniquement. Les produits transformés utilisés comme ingrédients : exemple les lardons dans les salades ou le jambon cuit dans les pizzas font également partie du champ d’application. Sont en revanche exclus les abats, le sang et le gras ajouté, conformément à la définition de la viande donnée à l’annexe 7 de l’INCO.

– concernant le pourcentage minimum d’incorporation des viandes dans les denrées alimentaires, les pouvoirs publics souhaitent définir un taux unique pour l’ingrédient viande (en addition des différentes espèces). Les associations de consommateurs et Culture Viande proposent un taux de 10 % permettant de couvrir les plats préparés. Les pouvoirs publics arbitreront dans les prochains jours.

Enfin, les filières viandes et notamment Culture Viande avaient demandé que l’étiquetage obligatoire de l’origine puisse intégrer l’équivalence avec les démarches « indications d’origine » mises en place dans le cadre des dispositifs interprofessionnels comme « viande de France » ; la DGCCRF a confirmé son accord, et plus encore, l’a étendu à toutes les démarches privées dans la mesure où les professionnels seront en mesure d’apporter la preuve de l’équivalence des démarches.

A noter que les denrées alimentaires préemballées à destination des collectivités – restauration publique ou commerciale- devront indiquer l’origine des viandes conformément aux termes du décret (application du règlement INCO). Cette information pourra figurer sur l’étiquetage des produits livrés ou sur les documents commerciaux accompagnant les préparations – la restauration collective demeurant, elle, en dehors du champ d’application du décret sauf démarche volontaire.

Culture Viande s’est félicité des clarifications et avancées proposées au cours de cette réunion, ainsi que de la volonté affirmée des pouvoirs publics de couvrir par cette nouvelle règlementation un très large spectre de produits carnés. Toutefois, si l’objectif premier de ce texte étant de fournir aux consommateurs une information claire, lisible et transparente sur l’origine des viandes, il est regrettable que les derniers aménagements du décret laissent la possibilité aux entreprises de l’agroalimentaire d’indiquer « origine UE » dans le cas où l’ingrédient viande provient d’animaux nés, élevés et abattus dans le même pays membre de l’Union Européenne. Il est également dommage que le décret prévoit de faire figurer la mention sur l’origine des viandes dans la liste des ingrédients, ou en note, en bas de cette liste. Culture Viande regrette que le législateur, même s’il s’agit d’une première expérimentation, ne se soit pas attaché à imposer à la fois plus de transparence sur le ou les pays d’origine ainsi qu’une vraie lisibilité de l’information. Culture Viande s’attachera, en concertation avec les pouvoirs publics, à suivre la mise en place de cette réglementation et d’en tirer les bilans.

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