Financement syndical: le président de la CPME répond

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Notre article sur le financement syndical par les employeurs a suscité de nombreuses réactions. Le président de la CPME a souhaité nous préciser que les fonds recueillis par sa confédération (ex-CGPME) étaient très inférieurs aux montants que nous avions annoncé. Nous en avons profité pour lui demander s’il trouvait légitime qu’une cotisation obligatoire sur les salaires serve à financer le syndicalisme. Voici sa réponse:

Le financement syndical au coeur du débat

Nous reviendrons en septembre sur la question du financement syndical en France. Toutefois, un élément doit être rappelé clairement. Le financement syndical pose problème aujourd’hui pour deux raisons. Le premier est que ni les salariés ni les employeurs ne peuvent choisir le syndicat qu’ils financent. Le second est que, s’agissant du monde patronal, la représentativité des organisations syndicales qui bénéficient du financement ne s’appuie sur aucune mesure des adhésions.

Voilà une belle entrave, donc, à la liberté syndicale.

Financement syndical et paritarisme

L’autre sujet qui se pose est celui du paritarisme de gestion. Ce qui justifie le financement obligatoire des syndicats, c’est le paritarisme. Il faut bien former et “administrer” le demi-million de mandataires envoyés dans des milliers de structures obscures qui participent, paraît-il, du dialogue social. Les bénéfices de cette méthode sont d’ailleurs une nouvelle fois apparus à l’occasion des innombrables manifestations contre la loi Travail: plus on dialogue, plus il y a de grèves!

Et nous touchons ici au serpent qui se mord la queue: on crée des organismes paritaires qui sont autant de médailles en chocolat généreusement distribuées à des centaines de milliers d’anonymes. Puis on explique qu’il faut une taxe pour financer cette usine à gaz. Et un jour on s’aperçoit que l’addiction à la médaille en chocolat devient une raison de vivre, et que la seule justification du paritarisme, est de s’auto-entretenir sans apporter le moindre bienfait, bien au contraire, aux salariés au nom de qui le système s’est mis en place.

L’enterrement de première classe réservé à la loi Travail l’a prouvé, une fois de plus…

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3 commentaires sur Financement syndical: le président de la CPME répond

  1. Ce procédé est scandaleux.Les institutions “paritaires” qui gèrent les régimes arrco et agirc sont des puits de frais de gestion servant à alimenter les syndicats.Aucune transparence,aucun vote des salariés et des retraités pour choisir les “gestionnaires”Une seule caisse nationale pour l’agirc et une pour l’arrco devrait permettre une meilleure gestion à un coût moindre.Mais le système reste le système,il coûte cher et on en crève!

  2. Depuis Perruchot, et l’inculpation de DGS, ainsi que la découverte des millions de fonds de réserve des uns et des autres, il y a, comment dire… du mou dans la corde à noeuds. La Loi de réforme de 2008 sous couvert de moraliser la maison “paritarisme” a en fait contribué à affaiblir les centrales salariés, en les réglementant jusqu’à un absurde devenu fausse monnaie courante avec Rebsamen et Combrexelle, puis aujourd’hui, la Loi Bagne. A quand l’obligation de 5% d’handicapés, et 3,5% de diabétiques dans les listes électorales à produire ? A quand la multiplication des syndicats salariés, à l’échelle de leurs homologues patronaux ? A quand un conditionnement de l’évolution salariale des syndicalistes à une bonne productivité dans les négociations ? Si l’on conserve le sacro-saint principe de subordination, le financement des syndicats salariés pourrait bien provenir principalement des entreprises avec par exemple adhésion obligatoire de tout salarié lors de la signature de son contrat à tout syndicat rattaché aux fédérations officielles, la cotisation étant comme toute charge sociale partagée entre parts patronale et salariale. Mais pour les organisations patronales, qui va payer ? BPI France, qui bottera en touche par du crowdfunding pour ménager les dividendes de ses ex agents publics ? Le fonds Qatari ou la fondation Soros ? Je ne doute pas qu’on réussisse…

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