Fracture intergénérationnelle : les médecins jugent très sévèrement leurs confrères qui sortent de l’école

Le système de santé français apparaît comme étant à un tournant important. Les questions de la liberté d’installation des médecins, des déserts médicaux mais aussi de la refonte du système des hôpitaux publics reviennent régulièrement dans l’actualité. Mais la dernière étude d’Appel Médical Search montre aussi de vives tensions internes à la profession, les professionnels expérimentés jugeant très durement leurs jeunes confrères. 

Malgré des temps difficiles, les praticiens gardent un regard plutôt positif sur leur profession. D’après l’étude Appel Medical Search faite avec le groupe Randstad, les mots « passionnants » et « intéressant » sont respectivement les premier (39%) et troisième (21%) adjectifs évoqués par les médecins quand on leur demande de définir leur métier.

A l’inverse, on constate aussi que le mot « épuisant » arrive sur la deuxième (25%) marche du podium. Surtout, ils se montrent beaucoup plus pessimistes quant à leur avenir dans la profession mais aussi face à l’avenir de cette dernière. 

Un regard acéré sur les futures générations de médecins

61% des médecins interrogés ont une opinion défavorable sur la nouvelle génération de médecins. Cependant, il faut tout de même noter qu’ils sont 56% à avoir un avis mitigé et 5% un avis négatif. En contrepartie, ils ne sont que 4% à avoir un avis positif face à la nouvelle génération. 

Globalement, c’est une vision autocentrée que reproche les praticiens à leurs jeunes confrères. Ces derniers seraient, d’après les praticiens expérimentés interrogés, de moins en moins disponibles (85%), moins engagés (69%) et au moins autant efficaces (51%) si ce n’est moins (37%).

En contrepartie, ils affirment que ces derniers sont mieux informés et plus conscients des difficultés du métier (65%). Les jeunes seraient tout aussi bien formés (42%) si ce n’est mieux (35%).

Les médecins interrogés ont aussi été amenés à s’exprimer sur les préoccupations des jeunes générations. Et une fois n’est pas coutume, les plus expérimentés n’y sont pas allé de main morte. Pour 72% d’entre-deux, c’est avant tout une « rémunération attractive » qui motive les nouveaux médecins mais aussi la possibilité « d’équilibrer vie professionnelle et vie privée » (67%). 

Mais ils ne sont plus que 11% à penser que les plus jeunes pensent à « sauver des vies« , 7% affirment qu’ils valoriseront « la relation avec le patient » et 2% pensent que la nouvelle génération « développera une relation riche avec leur patient« . 

Une vision sombre sur l’avenir de la profession

Là encore, les praticiens interrogés sont assez pessimistes ou inquiets sur leur futur (60%). Pour près de la moitié d’entre-deux, les principales craintes viennent du possible « durcissement des politiques de financement de la santé, l’émergence de la télémédecine et le regroupement des structures hospitalières. 

Et si ces derniers se montraient assez critiques envers la jeune génération concernant leurs pratiques autocentrées, les médecins sont 42% à faire part de leur volonté de réduire le temps qu’ils consacrent à leur travail. Un point de convergence avec les jeunes.

1 commentaire sur Fracture intergénérationnelle : les médecins jugent très sévèrement leurs confrères qui sortent de l’école

  1. Donc depuis 40 ans on apprend aux gens à ne penser qu’à leur gueule, que la société n’existe pas, que l’homme est un loup pour l’homme, que seul son intérêt privé compte… Et quand les jeunes commencent à se comporter comme des asociaux on s’étonne…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Si le risque n’existe plus, l’assurer devient inutile, par Simone Wapler

Cet article provient du site la Chronique Agora. L’épargne est devenue inutile, le système financier n’en a plus besoin pour...

Fermer