La fragmentation du monde par Donald Trump

Temps de lecture : 3 minutes

Cet article a été lu 1374 fois

Article paru sur la Gazette de l’Assurance.

Au grand étonnement des médias traditionnels, D. Trump fait ce qu’il a promis, et ce, sans attendre. Sous réserve d’approbations par le Sénat, son équipe, comme lui-même*, détonent. Il pourrait en résulter une fragmentation mondiale.

Une équipe atypique, de « genre » :

–          blanc (sauf Ben Carson et Elaine Chao), D. Trump est accusé d’être raciste,

–          mâle (sauf Nikki Haley, Elaine Chao, Betsy DeVos et la « first lady » dont on ne sait pas si c’est sa 3ème femme Melania ou sa fille Ivanka, mariée à Jared Kushner, conseiller du président), le président est accusé d’être misogyne,

–          âgée (sur 23 nommés, 14 ont plus de 60 ans, avant leur entrée en fonction), D. Trump a lui-même 70 ans,

–          businessmen en général milliardaires (Steven Mnuchin, ex Goldman Sachs, au Trésor ; Rex Tillerson, ex PDG d’Exxon Mobil, Secrétaire d’Etat ; Wilbur Ross, « king of Banruptcy » au Commerce ; Andy Puzder, CKE restaurants, au Travail ; Betsy DeVos, milliardaire, à l’Education), le président se présentant comme milliardaire, même lors de la ruine de son groupe.

Libéralisme en interne et protectionnisme au-delà

Les positions de dogme sont marquées: moins de « sécurité sociale » (dénonciation de l’Obama Care), baisse des taxes, relance budgétaire (le keynésianisme peut fonctionner sur un pays de cet échelle, mais pas en France où cela relancerait surtout les importations), ordonnance anti-immigration, moins de régulation bancaire.

Plus précisément, D. Trump a signé 2 ordonnances allégeant la régulation bancaire, les lois financières « Dodd-Frank » (renforcement des exigences de fonds propres et Bureau de protection financière des consommateurs, CFPB) et demandant à la Fed de ne plus participer aux discussions sur les renforcements prudentiels (Comité de Bâle). Cette nouvelle a plu à l’Association bancaire américaine et à la bourse, les valeurs bancaires ayant gagné 3 à 5% vendredi 3 février.

Cet assouplissement est à comparer aux durcissements des directives européennes imposant beaucoup plus de contraintes, y compris de fonds propres, aux banques (paquet CRD IV en application de Bâle 3), et aux assureurs (Solvabilité 2). La finance de l’UE va ainsi être pénalisée par rapport à la finance des USA, et du Royaume-Uni avec le Brexit.

La déglobalisation

Trump pourrait revoir à la baisse les participations financières des USA aux institutions internationales (22% de l’OMS et de l’ONU) et aux opérations militaires (au Proche-Orient, installations de l’OTAN en Europe).

Est entérinée la décision de construire le mur qui serait financé par une taxe de 20% sur les importations mexicaines. Les maquiladoras (les usines sur la frontière évitant les droits de douane) n’auront qu’à s’adapter.

Outre cette remise en cause de fait de l’ALENA (traité de libre-échange de l’Amérique du Nord), il signe la sortie de l’accord Trans Pacific Partnership, et renonce au projet Tafta (TransAtlantic Free Trade Agreement, ou TTIP) entre l’Europe et les USA.

La globalisation sera fragmentée en :

– Un monde anglophone (USA/Canada, UK, Australie, même si le premier contact téléphonique a tourné court). Favorable au Brexit, D. Trump a fait mentir B. Obama en mettant le RU en tête de ses visites. Les USA seront eux-mêmes fractionnés entre les Etats protectionnistes et ceux tournés vers l’extérieur (comme la Californie et sa haute technologie, ou ceux aux juges fédéraux réticents).

– L’Union Européenne (hors UK), « instrument au service de l’Allemagne » selon Trump, avec une France qui ne serait « que l’ombre d’elle-même » (sic).

– Un monde asiatique à recomposer. L’inclusion de la Chine dans le TPP renforcerait ce pays comme central dans l’économie globale.

* Le prénom Donald est lui-même un mystère : « puissant gouverneur » ou « bon noël » en gaélique ? De donatus en latin ? Hommage au personnage de W. Disney ?

Trump est la transcription de Drumpf, le nom de son grand père allemand. En alémanique, ce nom fait penser au mot « atout » ou à un bruit de trompette (pour rester poli, car « trump » caractérise un bruit plus de fondement chez les petits américains).

print

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire les articles précédents :
Bizarre: François Hollande fête le Nouvel An Lunaire…

Temps de lecture : 1 minuteMais quelle mouche a piqué François Hollande? Sur son agenda, on trouve cette trace de...

Fermer