France : Le salafisme… Bientôt considéré comme une secte ? 3° partie…

Pour lutter contre le salafisme, M. Bernard CAZEAU, présentait lundi 9 juillet, le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique. Voici la 3° partie de notre synthèse. Lisez aussi : 1ère partie et 2° partie.

Si l’organisation a bien subi des revers militaires, perdant ainsi son assise sur la quasi-totalité des territoires conquis depuis 2014 en Syrie et en Irak, elle n’en avait pas moins réussi à mobiliser plus de 40.000 djihadistes, dont 5.000 ressortissants européens, parmi lesquels 1.309 Français.

 

Si cette victoire de la coalition est cruciale dans la lutte anti-djihadiste en rendant beaucoup plus délicate la projection d’attaques terroristes vers le continent européen, comme ce fut le cas pour les attentats du 13 novembre 2015, la défaite de l’État islamique n’est pas totale !

 

Il conserverait quelques « poches » en Syrie et plusieurs milliers de combattants. Son influence perdure au sein de nombreuses tribus sunnites et il a adopté un mode d’action fondé désormais sur la guérilla et la clandestinité.

 

Daesh n’est pas morte !

Croire que l’idéologie a disparu en même temps que l’occupation des territoires serait la pire des erreurs ! Daech reste une organisation terroriste fonctionnelle : elle continue de diffuser sa propagande en appelant à commettre des attentats et aucun des éléments qui avaient favorisé l’émergence de mouvements djihadistes n’a disparu. Mais surtout… Elle dispose d’importantes ressources financières !

Notre pays qui a déjà payé un lourd tribut au terrorisme, avec 246 victimes, et des milliers de personnes blessées ou traumatisées, est toujours sous la menace !

 

Le danger que constituent les « returnees » est bien réel. Dispose-t-on d’outils permettant de contrôler systématiquement leur dangerosité, s’interroge la commission d’enquête sénatoriale sur l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’Etat Islamique.

 

Une propagande faîte pour durer !

 

La principale menace tient aujourd’hui dans l’enracinement de la radicalisation et du salafisme dans notre pays, illustré par la prégnance de principes religieux sur les modes de vie dans certains quartiers aux dépens des lois républicaines. Or, le salafisme constitue le terreau idéologique du djihadisme dans un contexte propice au terrorisme « inspiré ».

 

La persistance de la menace a conduit les pouvoirs publics à adapter et renforcer les moyens de l’État. La lutte antiterroriste mobilise nos services de renseignement, de police, la gendarmerie et la justice, l’administration pénitentiaire, désormais mieux armés, renforcés, mieux coordonnés et mieux dotés. Les individus susceptibles de passer à l’acte et de commettre un attentat sont mieux suivis.

 

La lutte contre le terrorisme a également fait l’objet d’une dizaine de lois depuis 2012, touchant de nombreux domaines, dont le droit des étrangers et la fermeture de lieux de culte. Le financement du terrorisme a aussi été visé. Par ailleurs, face à la massification du contentieux terroriste, tous les acteurs de la chaîne pénale ont été mobilisés afin d’adapter la réponse. Les returnees sont désormais systématiquement judiciarisés.

 

Phénomène transfrontières par nature, le terrorisme ne pourrait être combattu efficacement dans un cadre exclusivement national. Là aussi, le niveau de la coopération européenne et internationale a été sensiblement rehaussé. Même si la sécurité demeure une compétence nationale, l’Union européenne, en particulier, est devenue un acteur majeur de la lutte antiterroriste et de nombreuses initiatives souvent impulsées par la France ont été prises, y compris en matière de lutte contre la radicalisation et la propagande djihadiste en ligne. De plus, les agences européennes, à commencer par Europol, sont montées en puissance.

 

Enfin, une culture de la sécurité et du risque est diffusée au sein des administrations et dans la société civile. Parallèlement, la prévention de la radicalisation fait l’objet d’un ensemble de mesures spécifiques.

 

Le danger est-il écarté ?

 

Pour autant, peut-on considérer que le risque terroriste est durablement écarté grâce à ces différentes mesures ?

 

La commission d’enquête sénatoriale répond NON !

 

Non seulement plusieurs de ces mesures sont incomplètes ou méritent d’être mieux appliquées, mais surtout de fortes inquiétudes demeurent pour l’avenir. En premier lieu, le traitement de la menace terroriste souffre de réelles insuffisances. La volonté politique manque pour affronter courageusement le danger que représentent le salafisme et l’intégrisme musulman, qui alimentent la menace intérieure.

 

Il est important de réaffirmer les valeurs universelles de la République !

 

La commission d’enquête a également des doutes sur l’efficience du renseignement, les individus radicalisés – près de 20 000 à suivre dans en France – ne sont pas toujours empêchés de passer à l’acte…

 

Ensuite, les pouvoirs publics, et d’abord l’institution judiciaire, ont indéniablement « tâtonné » dans la prise en charge des détenus radicalisés.

 

La radicalisation islamiste en prison reste très difficile à évaluer et la politique carcérale a suivi de nombreux méandres. Pour l’administration pénitentiaire, le principal défi de ces prochaines années réside toutefois dans le suivi des terroristes sortant de détention. 

 

Quant aux mineurs, il est indispensable de mieux les prendre en charge pour éviter d’en faire des « bombes à retardement ». Par ailleurs, et alors que Daech et l’islamisme radical continuent de séduire, le « djihadisme 2.0 » prospère : la lutte contre la propagande islamiste sur Internet et les réseaux sociaux n’est pas à la hauteur des enjeux. Le constat est le même pour les plans gouvernementaux de prévention de la radicalisation, les « contre-discours » à l’intégrisme et au djihadisme étant inaudibles et lents à produire leurs effets.

Au terme de ses investigations, la commission d’enquête formule un certain nombre de propositions visant à lutter contre l’intégrisme islamiste et la menace terroriste qui continuent de viser notre pays et ses valeurs.

A suivre…

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