François de Rugy, le vert solitaire

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François de Rugy est l’un des candidats les moins connus de la primaire. Une petite présentation rapide n’est donc inutile pour cet écologiste dont le programme assez confus peine à sortir des sentiers battus.

La primaire vous confie la responsabilité de créer une surprise, pour éviter le duel annoncé entre le candidat de la droite et la candidate de l’extrême droite au second tour de la présidentielle.

Alors que nous sommes face au risque de grandes régressions et de replis nationalistes, il nous faut incarner de nouveaux progrès, assumer des choix d’ouverture, .

Le cap que je porte c’est naturellement celui de l’écologie : une écologie pragmatique et concrète, celle pour laquelle je me suis engagé en politique il y a de cela 15 ans.

La force première de l’écologie est de nous pousser à regarder au-delà de nous-mêmes, au-delà de nos frontières comme de notre génération. Engager ou accélérer les transitions écologiques permet de vivre mieux, ici, dès maintenant.

Ce qui rassemble les Français, ce sont des valeurs, des idées : celles de la République. Mais pas seulement : c’est aussi l’air qu’on respire, l’environnement dans lequel on évolue, nos paysages, notre qualité de vie.

La France n’est ni une ethnie, ni une religion, ni une couleur de peau.

La France, c’est une part singulière de la planète, présente dans les deux hémisphères, sur toutes les mers et océans du globe.

Nous avons la chance de disposer d’un ensemble de richesses naturelles majeures. Cet environnement exceptionnel fait la force de la France. Nous en tirons de quoi nous nourrir, des ressources en énergie, notre attractivité touristique, notre santé.

Et la France est devenue une grande puissance environnementale et reconnue comme telle.

Négliger l’écologie, en faire une dimension accessoire du débat politique, ce serait se priver d’une source formidable de mobilisations collectives, ce serait affaiblir la France.

Je veux faire de cette question de notre environnement, de notre qualité de vie une question centrale du choix présidentiel, et un déterminant majeur de nos politiques de transport, de santé, d’alimentation, d’éducation, de reconquête industrielle…

Mon écologie, c’est une écologie qui rassemble, parce que la conscience de ce patrimoine commun c’est le premier pas vers la citoyenneté.

Je suis donc, dans cette élection présidentielle, le candidat d’une écologie qui ne cherche pas à s’adresser aux seuls écologistes. Ne comptez pas sur moi pour délivrer un message préfabriqué qui ne s’adresserait qu’aux convaincus.

Le projet que je vous propose de porter ensemble tient en une phrase : faisons tout pour que les enfants qui sont nés au moment de la COP21 trouvent, lorsqu’ils seront adultes, une France à la fois fidèle à ce qui a toujours fait sa force et en même temps métamorphosée, car elle aura su faire de la réponse au défi climatique une opportunité saisie et non une contrainte subie.

Une France fidèle à elle-même, c’est une France qui préserve son modèle social, c’est une France qui assure la sécurité de ses habitants, c’est une France qui cultive la laïcité qui fonde son unité, et développe les libertés individuelles, c’est une France qui fait de l’accès à la connaissance et à la culture un fondement de la citoyenneté. Une France fidèle à elle-même, c’est enfin une France qui assume pleinement son engagement européen.

Sur ces questions, je porte un projet nourri par une expérience d’élu local à Nantes puis une expérience de parlementaire de près de 10 ans, instruit de nos réussites mais aussi de nos erreurs, et confronté en permanence à la réalité quotidienne que je perçois, dans ma circonscription et dans les rencontres de terrain.

Une France fidèle à elle-même, c’est aussi une France capable de se réinventer, de se métamorphoser pour répondre aux défis de l’écologie.

Projetons-nous dans la France de demain : dans une France métamorphosée, une France de l’emploi pour chacun, parce qu’elle aura redéfini son modèle énergétique, entamé la reconquête de la nature et de son patrimoine végétal, réussi sa réindustrialisation et su tirer parti des nouvelles formes d’activités et de la révolution numérique. C’est une France qui aura profondément redéfini son modèle démocratique, c’est une France déterminée à être pleinement une grande puissance environnementale dans le concert des Nations.

Le projet que je vous propose est audacieux, et pragmatique : il s’appuie sur une volonté, sur 66 propositions claires et précises, mais aussi sur un nouveau mode d’exercice du pouvoir.

Lionel Jospin disait qu’il fallait « présider autrement » : je suis de ceux qui pensent que la gauche gagnerait à renouer avec cette ambition.

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