Au G20, Trump donne une leçon de diplomatie à l’Occident

En Europe comme aux États-Unis, la presse subventionnée répète à l'envi que Trump est une catastrophe ambulante. Sauf qu'il vient d'infliger une superbe leçon de diplomatie aux membres du G20. 

Une fois de plus, la presse subventionnée explique à l'envi que Donald Trump est isolé sur la scène internationale et qu'il ne comprend rien à la diplomatie. À y regarder de plus près, c'est quand même un peu l'inverse qui se produit, et le bonhomme Trump peut se targuer d'engranger, quoi qu'on en dise, de belles victoires diplomatiques. 

Au G20, Trump fait ses courses

Les sujets de crispation au G20 étaient connus d'avance. Trump applique sa politique et veut voir évoluer le rapport de force international sur deux points mentionnés dans son programme électoral: le retour aux énergies fossiles et l'introduction de tarifs douaniers sur des produits couverts par les accords de l'OMC (notamment l'acier, qu'il voudrait protéger). 

Ces deux sujets constituent de véritables ruptures dans la politique américaine et dans le multilatéralisme induit par le libre échange. Et... Trump peut se targuer d'avoir obtenu une vraie prise en compte rapide de ce revirement. 

L'Accord de Paris a du plomb dans l'aile

Bien sûr, tout le monde a répété le gimmick d'Emmanuel Macron selon lequel l'Accord de Paris sur le climat est irréversible. Mais... Trump a obtenu de sérieuses avancées sur ses positions et a commencé à fissurer un accord dont il veut la peau. 

Ainsi, officiellement:

The United States of America states it will endeavour to work closely with other countries to help them access and use fossil fuels more cleanly and efficiently and help deploy renewable and other clean energy sources, given the importance of energy access and security in their nationallydetermined contributions.

[Les USA affirment qu'ils s'efforceront de collaborer étroitement avec les autres pays pour les aider à accéder et à utiliser des énergies fossiles plus proprement et efficacement et qu'ils les aideront à déployer des énergies renouvelables ou d'autres sources d'énergie propre, étant donnée l'importance de l'accès et de la sécurité de l'énergie dans les contributions spécifiques.]

On le voit, Donald Trump est parvenu à inscrire ses préoccupations dans la déclaration finale et a obtenu une sorte de blanc-seing pour reprendre les affaires comme avant. On est assez loin des déclarations triomphalistes françaises.

D'ailleurs, le Turc Erdogan s'est empressé d'expliquer qu'il n'était plus tout à fait sûr de ratifier l'accord. 

On notera donc que ça commence à ne pas sentir bon pour l'accord de Paris. 

La protection avant le protectionnisme

Du côté du protectionnisme, Donald Trump a obtenu une phrase alambiquée qui ouvre des portes sur des évolutions notables dans le commerce international. 

We will keep markets open noting the importance of reciprocal and mutually advantageous trade and investment frameworks and the principle of non-discrimination

[Nous conserverons des marchés ouverts tout en notant l'importance d'un commerce réciproque et mutuellement avantageux et d'un cadre d'investissement et du principe de non-discrimination]

Progressivement, l'idée fait son chemin de mesures de rétorsion contre la Chine. Certes, l'OMC et le libre-échange continuent à être la norme, mais on sent bien que les lignes vont bouger. S'installe le principe d'une réciprocité effective qui risque de faire très mal. 

Trump va remodeler la doctrine internationale

Autrement dit, Donald Trump est d'ores et déjà parvenu à modifier en profondeur la conception dominante des relations internationales, et l'on n'est pas au bout du changement. Ce petit rappel n'est pas inutile pour tous ceux qui croiraient que l'ordre international pourra durablement enjamber les souhaits américains au nom d'un unanimisme écologiste. 

En réalité, Trump est bien décidé à relancer l'industrie américaine et il fait ce qu'il faut pour y arriver. La naïveté serait de croire que les plus faibles pourront aisément imposer une règle au plus fort. 

D'ailleurs, Trump a passé ses deux jours en Allemagne à mener des discussions de couloir pour se ménager des alliances. Pas si bête...

 

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