Georges Fenech, l’anti-Fillon bling-bling

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Georges Fenech fait campagne pour un retrait de François Fillon au nom de l’éthique. Connu comme ancien président de la MIVILUDES, ce député rhodanien n’a jamais caché ses pulsions bling-bling. Voici le texte d’une interview qu’il avait donnée en 2003 à un media lyonnais. Tout à fait éloquent!

 

Georges Fenech, bonsoir. Magistrat, député, animateur… Vous êtes au Ministère public ce que Gilbert Collard est à la Défense : vous adorez bronzer sous les projecteurs des télés… Cependant les Lyonnais sont curieux de savoir qui vous êtes vraiment. C’est dans cet esprit que vous êtes convoqué à l’interrogatoire à KGB.  Veuillez décliner votre identité SVP ?

Nom et prénom ? 2ème prénom, c’est souvent celui qui tue !

Fenech Georges ; Vincent et Antoine.

Classique !

Classique…

Avez-vous un surnom ?

Georgio ! (Rires) Georgio , le fils maudit (rires). C’est pour les intimes.

Age et lieu de naissance ?

49 ans, Sousse en Tunisie, en lisière du désert.

Comment allez-vous fêter votre 50ème anniversaire ?
Attend je viens de passer mes 49 ans… C’était le 26 octobre, le jour de la naissance de Mitterrand, il faut quand même le préciser. Il y a des dates prédestinées comme ça.

Votre taille et votre poids ?

Ma taille et mon poids ! 1m73 pour en moyenne … (rires) 73 kg. 75 aujourd’hui mais bon disons 73…

Signe zodiacal et ascendant ?

Scorpion, lion.

Profession des parents ?

Au moment de notre rapatriement en France en 1963, mes parents étaient commerçants à Givors et tenaient un bar restaurant qui s’appelait « le café de la paix ».

Et auparavant en Tunisie ?

Avant mon père était oléiculteur. C’était une propriété agricole familiale avec mon grand père et ses deux fils, Edouard mon oncle et Fortuné mon père. Ils géraient une exploitation de plus de 300 hectares d’oliviers. De retour en France, mon père et ma mère ont pris un petit établissement, le café de la paix qui est devenu le café de la jeunesse avec eux. On a eu le premier juke-box, le premier baby foot et c’est devenu le café de la jeunesse. Tous les jeunes Givordiens quand il sortaient de la salle de cinéma venaient écouter les Beetles, Richard Anthony, Franck Adamo et c’était une révolution à l’époque. Moi j’avais sept, huit ans, j’ai baigné un petit peu là dedans. Aujourd’hui quand je reviens sur Givors, je retrouve ces jeunes de l’époque qui avaient 17,18, 20 ans et qui ont aujourd’hui 55 ans, ils se souviennent de moi et on reparle de cette époque un peu extraordinaire, unique…

Connaissez-vous l’origine de votre nom ? S’appeler Fenech et naître en lisière du désert, ce n’est pas commun !

Alors là vous avez tout faux ! (rires) Vous avez vraiment tout faux. Le fenech dont je porte le nom n’a rien à voir avec le renard des sables. C’est d’origine maltaise. Le nom vient en fait de Bretagne et il a fait souche pendant les croisades sur l’île de Malte. Fenech en Maltais, ça veut dire lapin. C’est même la cuisine nationale, le civet de lapin ; d’ailleurs l’actuel premier ministre président du conseil de l’île de Malte s’appelle Fenech. C’est un homonyme. Je l’ai rencontré à Tunis avec Alain Juppé, et on s’est présenté…

Avez-vous des frères et sœurs ?
Oui, j’ai deux sœurs et une demi sœur. L’aîné est psychologue scolaire à Valence, la deuxième est professeur de droit dans un lycée à Marcy l’étoile et la troisième vient de se marier et d’avoir un enfant, elle est l’épouse d’un joueur de l’O.L. qui vient de partir à Libourne.

Avez-vous des signes particuliers sur votre carte d’identité ?

Signe particulier : yeux bleus.

Avez-vous fait votre service militaire ?

Non. A l’époque j’ai fait partie de ces générations où l’on exemptait à tour de bras. J’ai donc été exempté pour des raisons sociales. J’étais étudiant salarié et donc je subvenais à mes besoins…

Qu’avez-vous fait comme études secondaires et supérieures ?

Donc j’ai un BAC philo, maîtrise en droit, le concours de l’Ecole Nationale de la Magistrature et voilà.

Quelle est votre situation matrimoniale actuelle et combien d’enfants avez-vous ?

Je suis marié, j’ai quatre garçons.

Vous avez été marié deux fois ?

Oui, j’ai été marié deux fois.

Quel est le nom de jeune fille de votre première épouse ?

Beck Blandine, la mère de mes trois premiers garçons. Elle est lyonnaise et je l’ai rencontrée à Lyon, elle habitait rue des Martyrs ! Pour une Blandine c’est quand même pas banal. Tout ce qu’il y a de plus Lyonnais et infirmière.

Pourquoi vous êtes-vous séparés ?

On s’est marié très jeunes…

Elle ne supportait plus sa belle-mère pied noir ?

Rien à voir. Ma mère n’est vraiment pas pied noir. Elle est réservée, raffinée, peu  expansive, c’est pas Marthe Villa Longa. Elle était petite fille de consul général, elle a eu une éducation stricte, c’était une Italienne de Tunis… Elle a été chanteuse. Elle a chanté à Lyon pendant très longtemps où elle a rempli des salles entières.

Votre seconde épouse Christine Goguet est la directrice du Figaroscope « mondaine devant l’éternel et adoratrice de Raymond Barre » selon nos confrères de Lyon Capitale. Dans quelles circonstances l’avez-vous rencontrée ?

Elle est venue me voir dans mon cabinet quand j’étais juge d’instruction. Elle dirigeait à l’époque le Figaro Rhône-Alpes. Elle cherchait à faire le portrait d’un magistrat. Je l’ai rencontrée en 1992 ou 93, mais ce n’est pas pour ça que ça été le coup de foudre, ça n’a pas été instantané… c’est venu après.

C’est vous qui l’avez rappelée ?

Non, c’est elle qui m’a rappelée. (Rires)  Et à l’époque, j’avais été nommé procureur adjoint à Bourg en Bresse. Elle m’a appelé très compatissante en me demandant ce qui s’était passé pour que je sois nommé à Bourg en Bresse, que j’avais du être sanctionné. Et je lui est expliqué que non, que j’avais eu une promotion et que j’étais procureur adjoint. Elle m’a proposé de déjeuner, je lui est proposé de dîner… et voilà comment ça c’est fait. Nous avons dégusté un menu d’automne au mois de novembre, chez Léon, chez Lacombe… Et d’ailleurs on y retourne régulièrement, un petit peu en pèlerinage.(Rires)

Quand vous êtes à Paris, vous ne devez pas souvent sortir votre porte-monnaie pour aller au spectacle ou au restaurant…

Jamais, je suis toujours l’invité de ma femme.

A combien se montaient vos revenus mensuels quand vous étiez juge ? Et aujourd’hui ?

J’ai une carrière de magistrat classique, j’ai commencé au bas de l’échelle et je suis arrivé à un grade de cour d’appel donc tout cumulé, avec mes indemnités de fonction… disons que je gagnais dans les 32 000 F par mois.

Et aujourd’hui ?

En tant que député, j’ai une indemnité parlementaire, qui permet de vivre, d’environ 32 000 F par mois. Je n’ai pas perdu au change mais j’ai aussi une indemnité aussi pour faire fonctionner ma permanence parlementaire.

Aujourd’hui vous gagnez moins que votre épouse ?

Ah ça c’est sûr, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. (Rires)

Il faut quand même tenir le train de vie que vous avez ! Lyon Mag rapporte les propos d’un magistrat qui affirme que vous avez « toujours été attiré par ce qui brille : journalistes, politiques, stars du business ». Christine aime bien les montres Cartier, Georges ?

Vous avez de très mauvaises références, vraiment très mauvaises. J’aime ce qui brille… j’aime les belles choses, j’aime les choses esthétiques, les choses de goût, les gens de goût ; la montre Cartier c’est une montre qui a été offerte à Christine pour son anniversaire par à peu près une centaine de convives qui étaient là et qui se sont cotisés pour lui offrir un cadeau et il lui on offert une montre Cartier. Il y avait Patrick Poivre d’Arvor, Olivier Dassault… C’était il y a 5 ans à peu près, pour nos 35 et 45 ans. Et j’en suis très heureux pour elle.

Est-ce que vous êtes un flambeur ?

Ca m’énerve…

Maîtrisez-vous vos dépenses ?

Non, je ne sais pas maîtriser mes dépenses, je n’ai pratiquement jamais lu un relevé de compte bancaire, j’ai toujours été à découvert. C’est Christine qui gère toujours les comptes, je n’ai aucune notion de l’argent et je n’ai jamais eu de rapport avec l’argent.

D’accord mais vous savez tout de même si vous êtes assujetti à l’ISF ? Quel est l’état de votre patrimoine ?

J’aurai aimé être assujetti à l’ISF, mais je n’y suis pas assujetti.

Quel est l’état de votre patrimoine immobilier, par exemple ?

Je n’ai rien. (Rires) Je n’ai aucun patrimoine immobilier. J’ai acheté à crédit ma permanence électorale de Givors qui se rembourse sur mon indemnité parlementaire de fonctionnement. Mais je n’ai aucun bien immobilier, aucun. Je ne m’en flatte pas…

Et la belle villa que vous avez dans la région parisienne ?

Ce n’est pas vrai, je n’en n’ai pas.

Elle appartient à Christine ?

Non, on avait une maison à Pantin, dans la région parisienne, c’est pas à Neuilly mais à Pantin : la Seine St Denis, c’est le 9.3. On l’a vendue il y a deux ans pour nous rapprocher de Paris parce que c’était plus pratique. Nous avions donc effectivement cette maison que nous avions achetée à crédit. L’argent que je gagne, c’est-à-dire ma prime parlementaire et quelques droits d’auteur, ça va quasiment tout à l’entretien de mes enfants.

La publication de vos ouvrages a-elle mis du beurre dans les épinards ?

Pas beaucoup ! (rires)

Quel a été le nombre d’exemplaires vendus et vos recettes pour les ouvrages suivant ?

–  « Main Basse sur la Ville » (1997) chez JC Latttes ?

C’était « Main Basse sur la justice ! » (Rires) J’ai vendu à peu près 8 000 exemplaires ça m’a apporté net, dans ma poche, en droits d’auteur à peu près 60 000 F.

–  « Face aux sectes » (1999) aux PUF ?

Ou là, j’ai du vendre 2 000 exemplaires et ça m’a rapporté à peu près 12 000 F.

 « Tolérance zéro » qui a quand même été votre best seller en 2001 chez Grasset ?

Il s’est inscrit dans les meilleures ventes, c’est monté en quatorzième position dans les ventes pendant quelques semaines, j’ai vendu à peu près 20 000 exemplaires, ça m’a rapporté environ 150 000 F.

Lattes, PUF, Grasset…  On ne peut pas dire que vous soyez d’une grande fidélité vis à vis de vos éditeurs ! En est-il de même dans votre vie conjugale ?

Je vous rappelle que j’ai été marié deux fois…

Et vous n’avez jamais bougé jamais d’une oreille ?

Jamais, jamais ni d’une oreille, ni d’autre chose. (Rires) J’ai énormément de relations avec les femmes, j’adore les femmes, elles sont extraordinaires. J’ai beaucoup de femmes dans mon entourage. Dans ma circonscription, j’ai beaucoup de collaboratrices, j’ai une assistante parlementaire à Paris, une assistante parlementaire à Givors et ça se passe très bien.

Vous avez démarré votre carrière comme substitut du procureur à Vienne en 1980. Quelle est l’affaire qui vous a le plus marquée pendant ces 20 ans ?

J’ai été pendant dix ans au parquet, j’ai été dix ans juge d’instruction, donc il s’agit de fonctions bien différentes. Je crois pouvoir dire que l’affaire qui m’a le plus marquée émotionnellement et professionnellement ça a été l’instruction de l’assassinat du juge Renaud. C’était l’affaire dans laquelle je me suis le plus investi. Je l’ai instruite pendant près de dix ans de 1984 à 1994.

Vous allez bientôt sortir un nouvel ouvrage intitulé « La justice spectacle ». Vous êtes en effet bien placé pour en parler ! On vous connaît plus dans la rubrique « faits divers » que dans la rubrique « justice » ! L’Association Professionnelle des Magistrats que vous avez présidée a été au centre d’une belle polémique en 1998… Quelles sont vos relations aujourd’hui avec Albert Lévy ? Il a été muté à Lyon. Vous êtes-vous rencontré depuis ?

L’affaire qui concerne Albert Lévy n’est pas mon affaire, c’est l’affaire d’un auteur d’un écrit qui s’en prenait à Albert Lévy, il se trouve que j’étais directeur de publication mais ce n’est pas mon affaire. J’étais directeur de publication d’une revue qui s’appelle « Enjeu justice », la revue syndicale du syndicat APM. Il y a eu un billet d’humeur qui a été écrit dans cette revue et qui avait été directement adressé à l’imprimeur sans bon à tirer. L’article est paru sans que je l’ai jamais vu. Je me suis donc retrouvé, parce que c’était une bonne occasion pour la gauche au pouvoir, poursuivi en tant que directeur de publication devant le tribunal correctionnel de Paris qui a considéré que je n’étais pour rien dans cette affaire, qui a  retenu ma responsabilité formelle juridique de directeur de publication mais qui m’a totalement dispensé de peine en relevant que je n’étais pas au courant de cette affaire. Quant à Albert Lévy, je le connais bien, cette affaire malheureuse nous a mis en présence et nous sommes devenus des amis.

Vous avez également défrayé la chronique en vous rendant en Afrique comme observateur des élections gabonaises en 1998. Tous vos frais ayant été pris en charge par la présidence gabonaise, on a pu douter de votre impartialité et quand vous êtes revenu en France ça été une tollé général…

J’ai présidé les élections présidentielles au Gabon et au Congo, j’ai présidé le référendum de La Nouvelle Calédonie, je suis secrétaire de la francophonie, je préside encore des élections présidentielles en Afrique et ce n’est pas le journal Le Monde ni Libération, qui racontent n’importe quoi, qui m’empêcheront de manifester mon intérêt pour la démo-cratie dans le monde.

S’il y a diffamation, vous avez porté plainte contre les journaux en question ?

Bien sûr, on a fait condamner Le Monde et Libération.

Vous traînez toujours aux basques l’affaire Falcone, du nom de ce marchand d’armes poursuivi pour trafic avec l’Angola et qui avait souscrit pour 100 000 F d’abonnement à la revue de votre syndicat. Où en êtes-vous ?

Je ne connais pas Pierre Falcone, moi je suis président d’un syndicat, j’ai une revue syndicale qui fonctionne avec des dons, de la publicité et des abonnements et nous avions toute une série d’abonnés principaux, de soutien. Donc personne ne pouvait imaginer ou savoir qu’il y avait une vente d’armes, ou une activité de marchands d’armes, et qui d’ailleurs ne me choque absolument pas. Je connais très bien le groupe Lagardère, je connais EADS… Et personne ne savait qu’il y avait un trafic d’armes ! Encore faudrait-il qu’un jour ce trafic d’armes soit démontré. Pour l’instant ça ne l’est pas, mais ça ne me concerne pas.

Mais il vous a quand même offert un cadeau de Noël plutôt sympathique d’après nos confrères de Lyon Mag’ ?

Je suis très triste et affligé par Philippe Brunet-Lecomte que je connaissais très bien, qui était l’un de mes amis intimes quand il travaillait à Lyon Figaro. J’ai assisté à tous ses mariages et à tous ses divorces et à toutes ses faillites ! C’est un garçon qui a pété les plombs, qui a disjoncté au moment où il a été viré du Figaro. Christine travaille au Figaro et moi il m’a toujours poursuivi depuis cette époque. Je considère que Brunet-Lecomte veut être un moralisateur, une espèce de donneur de leçon, mais c’est un garçon qui fait pitié, plus qu’autre chose. C’est un presse poubelle et je ne m’abaisse même pas à porter plainte contre lui parce qu’il n’en vaut pas la peine. J’ai fait condamner Le Monde et Libération mais pas Lyon Mag parce que ça ne m’intéresse pas. Philippe Brunet-Lecomte est un garçon qui avait des qualités extraordinaires, je l’ai connu, je l’ai apprécié, nous étions amis, on a voulu écrire un livre ensemble, j’ai refusé quand j’ai vu de ce dont il était capable et je ne me suis pas trompé. C’est un garçon qui a complètement disjoncté. Le jour ou il a été viré du Figaro, il a pété les plombs.

Toutes ces affaires vous ont quand même empêché de décrocher le poste de premier juge d’instruction à Paris. Des regrets ?

Pas du tout, j’ai été victime d’une attaque politique, d’Elisabeth Guigou, à l’époque, contre laquelle j’ai une dent particulière. Je n’ai jamais été condamné, je n’ai jamais été soumis à la moindre procédure disciplinaire, donc Guigou m’avait retiré du poste en avancement du premier juge d’instruction, c’était une affaire politico syndicale.

En revanche, ces mêmes affaires ne vous ont pas empêché d’obtenir l’investiture de l’UMP pour les législatives de 2002.

Je n’ai pas d’affaires, je n’ai aucune affaire, c’est tout duBrunet-Lecomte, du lynchage médiatique.

Ca a tout de même fait enrager vos adversaires sur la circonscription. Luc Thomas, votre malheureux rival a déclaré que « lorsqu’on se fait l’apôtre de la tolérance zéro, on se l’applique d’abord à soi-même.»

Oui, sauf que je suis invité à dîner chez Luc Thomas. (Rires) Le 12 décembre pour être précis. C’est pour vous dire que tout ce qui relève de la guerre politique pendant la campagne repose sur un espèce de jeu qui est malsain.

Vous devez reconnaître que personne ne voulait de vous sur cette circonscription !

Sauf les électeurs.

Personne ne voulait de vous comme candidat mais Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac himself vous ont imposé ! « En récompense des services rendus ! » murmurent vos détracteurs… Quelles sont vos relations avec le Président de la République et de quels services s’agit-il ?

Je n’ai jamais rendu aucun service à la présidence, j’ai toujours mené mon combat presque en solitaire pour une certaine idée de la justice, une certaine idée du respect des individus, respect des libertés de la protection et de la sécurité. Je vais même vous dire mieux, je suis peut-être le seul député en France qui ne connaît pas le président de la République.

Vous ne lui avez jamais serré la main ?

Je ne l’ai jamais rencontré. Ni avant, ni pendant, ni après mon élection. Donc tout ça c’est vraiment de l’imagination la plus totale.

En revanche, ils ne vous ont pas facilité la tâche en vous parachutant à Givors ! Comment se passent les mondanités « banlieue morose » pour les escarpins Gucci de votre épouse ?

(Rires) C’est intéressant, Christine est une femme de goût, je sais pas si elle a pas des escarpins Gucci mais elle s’est complètement adaptée à Givors, elle est extraordinaire. Nous nous sommes fait des tas d’amis, je pense à Djamel, à Afid, à Serge… (Rires) Et nous sommes chez nous à Givors, Gucci ou pas Gucci. Nous sommes totalement bien, on a notre maison en centre ville… De plus, Christine n’a pas d’escarpin Gucci, ça c’est sûr et certain. Christine à une manie des chaussures, elle adore les chaussures Dior, elle a beaucoup de chaussures mais pas de Gucci.

Selon le maire de Givors, Martial Passi, vous êtes « un coureur de mandats ». On vous annonce aux cantonales de 2004, aux municipales de 2007…

Ce qui me fait courir c’est précisément cette ville de Givors qui m’a tout donné avec ma famille lorsqu’on a été rapatrié de Tunisie, et j’ai une grande ambition pour Givors. Et je comprends parfaitement que Martial Passi soit inquiet, parce que cette ville est dans mon objectif et dans ma ligne de mire. Je veux redonner à Givors ce que Givors m’a donné.

Il affirme également que vous ne connaissez rien au fonctionnement d’une collectivité locale. On va faire un petit test à ce sujet : que signifient les initiales DSU et DGF ?

Je n’en sais strictement rien, je ne veux pas me livrer à ce jeu là.

C’est quand même important puisque vous allez être candidat…

Je sais tout ça, mais je vous rappelle que j’ai quand même participé et voté la décentralisation, que je m’intéresse à tout ce qui concerne la vie des collectivités locales, mais je n’ai pas l’expérience et la pratique des collectivité locales, ça s’acquiert sur le tas, sur le terrain. Quant à ce pauvre Martial Passy, il a vraiment peu d’arguments : il peut vraiment s’inquiéter pour ce qui va lui arriver dans les prochaines années.

Martial Passi estime que vous êtes « un pyromane ». Il cite cette affaire de bistrot dans un quartier difficile de Givors. Depuis dix ans, aucun limonadier ne veut s’installer et vous seriez arrivé tel le messie en annonçant que vous alliez incessamment régler le problème…

Mais je suis le messie ! Quand je suis arrivé à Givors, les gens m’ont dit : « Vous êtes le messie ». Ce que je veux, c’est être le sauveur d’une ville qui est entrain de mourir, de se désindustrialiser. Des commerçants ont fermé, le centre ville n’existe plus, c’est une ville morte. Donc je m’impose ici comme un recours, comme une alternative à un régime qui a totalement échoué.

Givors est l’un des derniers bastions communistes en France. Le faire tomber, c’est ce qui vous fait bander…

Oui c’est ce qui me motive, je le dois à mes électeurs, c’est un engagement que j’ai pris auprès d’eux. Et puis je ne peux pas croire qu’une ville située comme elle l’est, avec les potentialités qui sont les siennes puisse rester indéfiniment une espèce de ville hors du temps, une ville qui s’est figée en 1953 et qui a cette mauvaise image. Elle mérite autre chose.

Que pensez-vous de la candidature de Dominique Perben au prochaines municipales lyonnaises?

Honnêtement je pense que Dominique Perben, qui est Lyonnais, est venu combler un vide, il manquait une personnalité à Lyon, une personnalité consensuelle, rassurante, et d’expérience qui puisse autour de son nom rassembler toute les forces lyonnaises de droite, de centre et moi je me réjouis de cette arrivé. Je pense que Gérard Collomb a du souci à se faire.

Vous vous êtes fait connaître puis élire sur vos propositions en matière de sécurité, ce qui vous a valu de vous faire allumer de tous les côtés : « Georges Fenech a une belle tête d’imprécateur qui fait merveille sur les plateaux de télévision. » selon le Nouvel Observateur.

C’est mon ami Robert Marmoz qui a écrit ça. Imprécateur, oui ; Télévision, oui ! Je pense que c’est important de pouvoir s’exprimer à la télévision aujourd’hui. Ce n’est pas donné à n’importe qui et je me réjouis d’avoir cette possibilité d’exprimer des idées à travers ces grands médias.

Vous avez fait votre première T.V. avec Gilbert Collard ?

Oui, chez Christophe Dechavanne, c’était l’émission « Ciel, mon mardi » en 1987. Ca été hard. Depuis les choses se sont tassées, on se connaît, on se fréquente, on se parle.

Vous avez été élu sur la vague UMP à forte connotation sécuritaire. Vous préconisiez la réforme de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs, la mise sous tutelle des prestations sociales des parents défaillants responsables des méfaits de leurs enfants et l’incarcération des mineurs de 13 à 16 ans qu’Albin Chalandon, alors garde des Sceaux, avait eu la mauvaise idée de supprimer. Vous êtes aujourd’hui député de la majorité présidentielle, où en êtes-vous de ces projets ?

Très honnêtement, je ne me considère pas comme quelqu’un de sécuritaire. Je considère que la sécurité est la première des libertés, qu’on a beaucoup trop négligée. Je considère que l’on a eu toute une période de laxisme, surtout chez les très jeunes mineurs qui nous ont amené à une situation aujourd’hui insupportable et qu’il fallait rappeler l’autorité de l’Etat, du policier, du juge, donc tous les représentants de l’autorité de l’Etat. Donc je me suis battu pour ça, j’ai écris des livres pour ça.

Où en sont toutes vos propositions ?

Depuis un an et demi qu’on est au pouvoir je considère que le gouvernement a fait une marche en avant importante, que Dominique Perben a fait voter des textes, a créé des centres fermé pour les mineurs les plus durs. Il a simplifié les procédures, réformé la loi de présomption d’innocence de Guigou. Il a réaffirmé l’autorité des gardes des sceaux, nous avons encore voté ce matin son projet de loi sur la grande criminalité. Nous avons eu à coté de ça un ministre de l’intérieur qui a fait voter des textes d’application immédiate comme la lutte contre la prostitution, génératrice de délinquance, la lutte contre les squattes générateurs de détérioration dans les cités, un certain nombre de textes qui ont, on le voit aujourd’hui entraîné une prise de conscience, une confiance dans les services de police, ce qui fait que la délinquance est entrain de reculer. Le combat n’est pas gagné mais nous sommes entrain de gagner une bataille.

On va finir avec des questions plus personnelles. A l’instar du maire de Lyon, avez-vous touché à des substances illicites ?

Jamais, j’ai même arrêté de fumer il y a un an. Je n’y ai jamais touché et Dieu seul sait si des pétards j’en ai eu sur mon bureau ! (Rires) Pendant dix ans, j’ai instruit des affaires de stupéfiants, j’étais le spécialiste à Lyon. J’ai scellé plein de drogues : du chichon, de cocaïne… mais je n’ai jamais touché la moindre cigarette de haschich.

Plutôt journal de 20h ou journal du hard ?
(Rires). Journal de 20h je dirais comme tout le monde, pour mon ami PPDA que j’aime bien, je regarde le 20h par nécessité et le journal du Hard par insomnie ! 

Cuir ou porte jarretelle ?

Plutôt cuir…

C’est votre côté sado-maso ?

Non, c’est le côté noble, sensuel et élégant du cuir…

Quelle est votre position préférée ?

Je dirais celle de mon département. (Rires)

Dans un lit ou un ascenseur ?

Dans un lit évidemment !

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