Le GHT, l’explosif ultime laissé derrière elle par Marisol Touraine

GHT? L'acronyme signifie Groupement Hospitalier de Territoire. Cette invention de la loi Santé de 2016 fait monter les personnels de santé et hospitaliers en température, à tel point qu'on se demande si le séisme ne va pas être plus violent que prévu. 

Le GHT, groupement hospitalier de territoire, est sorti du chapeau de Marisol Touraine en 2016. Il vise à regrouper les hôpitaux disséminés sur le territoire en quelques ensembles, au nom de l'angoisse que cause, aux fonctionnaires de la Santé, l'existence d'une concurrence émiettée entre petits établissements. 

Officiellement, bien entendu, cette aversion se dissimule sous la fameuse théorie des économies d'échelle: il paraît qu'on achète moins cher quand on se regroupe pour acheter. En contrepartie, personne ne prend soin de mesurer les surcoûts colossaux liés à la complexité grandissante des structures. 

Dans la pratique, le GHT doit aller plus loin puisqu'il est supposé organiser la cohérence de l'offre de soins dans les zones reculées. On notera que cette cohérence concerne aussi l'hospitalisation privée. Il s'agit donc d'une mesure d'étatisation larvée des hôpitaux privés. 

Les réticences traditionnelles face aux économies des GHT

De toutes parts, donc, la mise en place des GHT (dès le 1er juillet 2016) commence à faire grincer des dents. Ainsi, dans le Gers, les personnels ont déclenché une première grève contre le projet:

A Auch, vingt lits de soins et de réadaptation sont ainsi menacés à l’hôpital public, et la polyclinique de Gascogne, un établissement privé d’une centaine de salariés, est menacée de fermeture. Le secteur psychiatrique n’est pas épargné, avec un projet de fermeture de vingt lits au centre hospitalier spécialisé de Lannemezan.

On comprend bien la logique tourainienne qui se met en place: les agences régionales de santé mettent en place des regroupements qui privent, à terme, les acteurs locaux de toute marge de manoeuvre et de décision. 

Les directeurs d'hôpitaux votent avec leurs pieds

Face à la manie des regroupements qui constitue l'alpha et l'oméga de la pensée technocratique (la fameuse doctrine du "jardin à la française"), les directeurs d'hôpitaux font preuve d'un empressement mesuré. Il faut dire qu'ils entrent dans des zones à risque: "restructurer" une offre de soins sur un territoire par des décisions verticales est tout sauf confortable.

Dès le mois de janvier 2017, Marisol Touraine s'est déplacée pour leur expliquer qu'ils devaient accélérer le mouvement. En vain!

La semaine dernière, la nouvelle directrice générale de l'offre de soins (DGOS), Cécile Courrèges, s'est déplacée pour leur expliquer que l'échéance du 1er juillet 2017, fixée pour achever la réforme, n'était pas de rigueur. On peut prendre les paris que les regroupements hospitaliers de territoire seront la première cause de turbulence dans l'hôpital public pour les cinq années à venir. Avec un bénéfice final qui reste à prouver.  

Article L6132-1

I.-Chaque établissement public de santé, sauf dérogation tenant à sa spécificité dans l'offre de soins territoriale, est partie à une convention de groupement hospitalier de territoire. Le groupement hospitalier de territoire n'est pas doté de la personnalité morale. II.-Le groupement hospitalier de territoire a pour objet de permettre aux établissements de mettre en œuvre une stratégie de prise en charge commune et graduée du patient, dans le but d'assurer une égalité d'accès à des soins sécurisés et de qualité. Il assure la rationalisation des modes de gestion par une mise en commun de fonctions ou par des transferts d'activités entre établissements. Dans chaque groupement, les établissements parties élaborent un projet médical partagé garantissant une offre de proximité ainsi que l'accès à une offre de référence et de recours. III.-Tous les groupements hospitaliers de territoire s'associent à un centre hospitalier universitaire au titre des activités hospitalo-universitaires prévues au IV de l'article L. 6132-3. Cette association est traduite dans le projet médical partagé du groupement hospitalier de territoire ainsi que dans une convention d'association entre l'établissement support du groupement hospitalier de territoire et le centre hospitalier universitaire.

2 commentaires sur Le GHT, l’explosif ultime laissé derrière elle par Marisol Touraine

  1. Personnellement, je pense au contraire que c’est le seule mesure valable de la loi de modernisation Touraine. Le but est d’avoir un cadre pour restructurer les établissements de soin à l’échelle d’ordre départemental et donc d’orienter l’activité des petits hôpitaux vers des soins peu techniques (soins de suite, EPHAD) pour rentabiliser de gros plateaux techniques. Les victimes collatérales sont représentées par le personnel hospitalier.

  2. à cause de Marisol Touraine,de nombreux petits hôpitaux et maternités ferment: Comment vont se soigner les patients qui résident loin des grandes villes?

    Des patients atteints de maladies graves vont mourir sur le bord de la route faute d’avoir eu le temps d’arriver dans un hôpital d’un centre ville et des femmes enceintes accoucheront sur dans leur voiture, dans l’ambulance ou sur le bord de la route.

    Le GHT de Marisol Touraine met la vie de nombreux patients en danger.

    Patients en colère

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