Gilets Jaunes : deux syndicats de police évoquent la possibilité d’ouvrir le feu sur les manifestants

Exténués, au bout du rouleau, la peur au ventre : les forces de l’ordre auraient particulièrement souffert des récents événements à Paris. Et un quatrième tour pourrait avoir des conséquences dramatiques. Deux syndicats de police ont assuré que « des morts sont à craindre ».

Il y aura un acte 4 ce samedi 8 décembre, c’est une quasi-certitude. Et c’est bien ce que redoutent les forces de l’ordre qui déplorent ne pas voir arriver de nouveaux moyens, aussi bien matériels qu’humains pour mener à bien leur mission de sécurisation. Surtout, les agents craignent une escalade de la violence.

Face à cela, le syndicat de police Vigi-ministère a déposé un préavis de grève illimitée à partir de ce samedi, jour de manifestation. Dans son tweet, le syndicat estime que le combat des policiers pour le pouvoir d’achat est « le même que les #GiletsJaunes pour le #PouvoirDachat ». Il espère enfin être entendu par Christophe Castaner et Emmanuel Macron.

Parallèlement, deux autres syndicats de police indiquent qu’ils seront bien de la partie lors de ce quatrième épisode. Seulement, étant certains que la violence atteindra un nouveau stade, ils évoquent la possibilité pour les forces de l’ordre d’ouvrir le feu sur les manifestants avec des armes létales.

« Policiers ou gendarmes voudront sauver leur peau »

Dimanche soir, France 2 organisait un débat en prime-time avec des représentants des Gilets Jaunes, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal et Grégory Joron, secrétaire national unité SGP Police-FO.

Et lorsqu’on lui demande dans quel état psychique se trouvent les forces de l’ordre qui ont été convoquées la veille pour des opérations de maintien de l’ordre, le représentant syndical ne mâche pas ses mots. Pour lui, la police a « peur d’un acte IV tout simplement, parce que les forces de police ne sont pas inépuisables, tout simplement parce qu’elles sont épuisées. »

Avec une conséquence simple : le prochain samedi, nous risquons de compter les morts, d’un côté comme de l’autre. Il estime que les forces de l’ordre ont bénéficié d’une « bonne étoile et qu’on ne déplore pas de mort. Mais le facteur chance, au bout d’un moment, il faut l’évacuer. »

A demi-mots, il demande au minimum de nouveaux moyens pour atteindre les objectifs. Aussi bien matériels qu’humains. Mais quelques heures plus tard, Yves Lefebvre, secrétaire général de l’unité SGP Police-FO, interviewé par BFMTV, craint d’atteindre un point de non-retour où les forces de l’ordre userait de leur arme sur les manifestants.Dans son propos, il explique que « les hommes et les femmes des compagnies d’intervention seront, in fine, à 20 jours de travail consécutifs sans repos (samedi 8, NDLR) avec la peur au ventre. »

Je crains des morts samedi prochain. A un moment donné, on sera dans un état de légitime défense. A un moment donné mes collègues vont vouloir sauver leur peau.

Yves Lefebvre, secrétaire général de l’unité SGP Police-FO

Plus récemment, Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France-Police, s’est aussi exprimé dans les médias. Dans une interview donnée à Sputnik, il évoque « un niveau de violence qui dépasse celui de Mai 68. Il y a une très grande fatigue. Les effectifs de police ne sont pas extensibles. Nous sommes plus ou moins obligés d’avoir recours aux mêmes personnes. »

Prenant l’exemple de l’agent mis au sol puis lynché sous l’Arc-de-Triomphe, Michel Thooris estime que ce dernier était en « état de légitime défense ». Avec des conséquences qui auraient pu être dramatiques. Et si la problématique se répétait, la donne pourrait être différente.

Je peux vous assurer que dans d’autres pays, nos homologues auraient fait le choix de sortir leurs armes et d’ouvrir le feu. […] Il faut comprendre que cette situation répétée semaine après semaine va conduire à des morts. Est-ce que le gouvernement va aller au bout de sa logique? Ira-t-il jusqu’à faire ouvrir le feu de manière déguisée? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Il n’y aura pas d’ordre direct de tirer sur les manifestants, mais on va se retrouver dans des situations insurrectionnelles où des collègues devront fait usage de leurs armes pour sauver leur vie.

Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police

Pour le moment, le gouvernement n’a pas fait état de sa position quant à l’utilisation de la force létales des forces de l’ordre à l’encontre de manifestants. Pour autant, preuve que la question agite en hauts-lieux, il est actuellement discuté la possibilité de donner l’occasion aux gendarmes de recourir à des véhicules blindés dans les rues de Paris.

D’après nos confrères du Parisien, « seul le Premier ministre peut solliciter l’intervention de ces engins, appelés dans le jargon, VBRG, pour « véhicules blindés à roues de la gendarmerie ». Celle-ci dispose d’environ 80 exemplaires destinés à dégager les barricades.« 

De quoi ce samedi 8 décembre sera-t-il fait ? Dieu seul sait.

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