Gilets Jaunes : trop à droite pour lui, Philippe Martinez (CGT) se rallie au mouvement

Ouvertement hostile à toute converge il y a encore trois mois, Philippe Martinez, sécrétaire général de la CGT, affirme avoir changé de point de vue. Mieux, il explique rallier le mouvement. Un défilé conjoint est prévu ce mardi 5 février.

Invité sur le plateau de RTL ce lundi 4 février, Philippe Martinez semble avoir changé son fusil d’épaule quant à sa considération du mouvement des Gilets Jaunes. Au micro d’Elizabeth Martichoux, le président de la CGT expliquait ne pas être fermé à se joindre au mouvement après que ce dernier ait « évolué ». 

« Nous avons évolué. […] Et le mouvement a évolué. » 

Philippe Martinez, secrétaire générale de la CGT 

Une convergence inévitable

Au début de l’interview, Philippe Martinez annonce que le mouvement a « démarré sur la suppression de la taxe sur les produits pétroliers. » Une suppression qui aurait été fortement soutenue par le patronat et qui ne séduisait pas, à l’époque, la CGT. 

« Ce mouvement a démarré sur quelque chose qui ne nous intéressait pas : la suppression des charges sociales, comme disent les patrons. Et nous avons toujours dit : nous ne nous mélangerons pas avec n’importe qui. » 

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT 

Seulement, pour le secrétaire général de la CGT, le discours porté par les Gilets Jaunes aurait largement évolué vers le social avec les questions qui portent sur la hausse du SMIC, la justice fiscale ou encore plus de services publics. 

En novembre 2018, Philippe Martinez ne cachait pas son inimitié pour le mouvement Gilets Jaunes qu’il accusait d’être récupéré par le patronat et par les mouvements d’extrême droite. Au Télégramme, il affirmait « comprendre et soutenir la colère des Gilets Jaunes » tout en refusant de s’associer au mouvement, officiellement pour refuser toute récupération politique. 

Mardi 5 février, la CGT, entre autres, devrait défiler conjointement avec des Gilets Jaunes. Une convergence finalement voulue par certains leaders du mouvement comme Eric Drouet ou encore Maxime « FlyRider » Nicolle. Philippe Martinez revient finalement sur ce retard à l’allumage en expliquant que si les Gilets Jaunes ne sont pas immédiatement venus solliciter la CGT, cela relevait surtout d’une méconnaissance de la part des Gilets Jaunes qui ne connaissaient pas les syndicats, dont la CGT. 

Il estime qu’il faudra se poser des questions sur les événements menés par son syndicat afin de ne plus connaître pareil sentiment. Est-ce la fin du sacro-saint barbecue-merguez et revendications ? 

Dernièrement, la CGT s’était déjà largement ralliée au mouvement Gilets Jaunes. Le syndicat s’était associé à la Ligue des Droits de l’Homme pour formuler une saisie du Conseil d’Etat quant à l’interdiction du Lanceur de Balles de Défense (LBD). Le Conseil d’Etat a rendu un avis défavorable quant à l’interdiction de l’utilisation du LBD par les forces de l’ordre. 

Rappelons juste qu’actuellement, le renouvellement à la tête de la CGT est hanté par de nombreuses légèretés. Et que Philippe Martinez, seul candidat à sa succession, voit sa légitimé être plus que critiquée. De là à dire que ce dernier essaie de se refaire une image, il n’y a qu’un pas que nous ne ferons pas, évidemment… 

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